Essais - Livre I (traduction en français moderne) (TRADUCTION EN FRANCAIS MODERNE)

Traduit par GUY DE PERNON

À propos

Chapitre 1 : Sur ce qui est utile et ce qui est honnête
1. La façon la plus courante d'amadouer ceux qu'on a offensés, lorsque, prêts à se venger, ils nous tiennent à leur merci, c'est de susciter en eux, par notre soumission, la pitié et la commisération. Et pourtant, la bravade, la constance et la détermination, qui en sont l'inverse, ont parfois produit le même effet.
2. Édouard, le Prince de Galles, qui régna si longtemps sur notre Guyenne, personnage dont la condition et le destin ne manquent pas de grandeur, avait été gravement offensé par les Limousins. En s'emparant de leur ville, il ne se laissa pas attendrir par les cris du peuple, des femmes et des enfants abandonnés au massacre, implorant sa pitié et se jetant à ses pieds. Mais comme il avançait plus avant dans la ville, il aperçut trois gentilshommes français qui, faisant preuve d'une hardiesse incroyable, soutenaient à eux seuls l'assaut de son armée victorieuse. La considération et le respect que lui inspirèrent un courage aussi remarquable émoussèrent sa colère ; et après avoir accordé sa miséricorde à ces trois-là, il l'accorda à tous les autres habitants de la ville.


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  • Auteur(s)

    Michel de Montaigne

  • Traducteur

    GUY DE PERNON

  • Éditeur

    Numlivres.fr

  • Distributeur

    Numilog

  • Date de parution

    01/01/2011

  • EAN

    9782918067047

  • Disponibilité

    Disponible

  • Action copier/coller

    Non

  • Action imprimer

    Non

  • Partage

    Dans le cadre de la copie privée

  • Nb Partage

    6 appareils

  • Poids

    1 379 Ko

  • Diffuseur

    Numilog

  • Entrepôt

    Numilog

  • Support principal

    ebook (ePub)

  • Version ePub

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Michel de Montaigne

Né dans une famille de négociants anoblis, au château de Montaigne en Périgord, Michel Eyquem reçoit une éducation inspirée des idées de la Renaissance, apprenant le latin comme langue maternelle. Il est pensionnaire au Collège de Guyenne à Bordeaux et suit des cours de Droit à Toulouse.
En 1554, il devient conseiller à la Cour des Aides de Périgueux, puis au Parlement de Bordeaux et rencontre Etienne de la Boétie. En 1571, il se retire dans son château pour consacrer le reste de son existnce "à sa liberté, à sa tranquillité, à son loisir". Il entreprend alors un long voyage, de Paris en Italie, dont il existe un "Journal". De 1581 à 1585, il devient maire de Bordeaux et se révèle un habile diplomate. Il continue à enrichir les livres I et II des Essais et les augmentent d'une troisième partie. Il meurt sans avoir terminé la réédition de son oeuvre.
Pour Montaigne plus que tout autre, la culture humaniste fut un style de vie. En revivant les leçons des lettres antiques, il leur a ajouté l'enseignement de sa propre expérience, de son regard lucide sur un monde en train de changer. La vraie sagesse, selon lui, se reconnaît à la mesure qu'elle garde en toute chose. Montaigne l'a totalement séparée de la religion. Elle n'a pas l'ambition de rendre les hommes parfaitement raisonnales: elle se contente de modérer leurs passions.
En se prenant pour thème de son étude, Montaigne apprend à se connaître. Il ouvre la voie à l'humanisme moderne en cherchant à promouvoir un ordre des choses où seraient garanties la sécurité, la liberté et la dignité de l'homme.

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