Nidra Poller

  • Karimi Hotel

    Nidra Poller

    En forme de récit de voyage d'initiation, Karimi Hotel et autres nouvelles d'Africa mettent en scène Eblouie, qui veut danser au tamtam de son coeur, et l'homme qu'elle aime, méfiant, issu d'un ghetto. Elle le tire dans une recherche de l'authentique qui se heurte à de grosses déceptions, de petits trafics, de rares moments de grâce et de chocs de vérité - pour lui, dans la maison des esclaves sur l'île de Gorée, pour elle, sur la place d'un village tanzanien, un rappel inédit de son identité enfouie. SChangements de langue, de voix, d'angle d'approche, de style. Sicap Liberté V exprime la constance de l'amour comme illumination / aveuglement. L'Afrique ici est vécue de l'intérieur. La femme-passion entre dans la danse comme si elle y était née, cautionne l'irrationnel, jouit de la sensibilité comblée et aussitôt déçue. En arrière-fond, des conflits religieux naissants et de vieilles rancunes entre le pays mère et ses enfants éloignés, viennent gâcher l'idylle.

  • Huit heures et demie : Gregory se lance dans la cuisine, claquant la porte. Il est sursale. Sale des jeux joués avant le dîner. Sursale des jeux de l'après-dîner. Bien entendu, sa mère vient signaler l'heure du bain. « Je suis en train de faire mes devoirs. » Neuf heures : Gregory regarde la télévision. Bien entendu, sa mère vient sonner l'heure du bain. « Pitié, maman. C'est la seule émission que je regarde de la journée. » Neuf heures et demie : Gregory traverse le salon à pas rapides et silencieux. Il n'est qu'à mi-chemin de l'escalier quand la voix de sa mère l'attrape. « Gregory ! B-A-I-N, BAIN ! »

empty