Philosophie

  • À mi-chemin entre le conte philosophique et l'essai, Dany-Robert Dufour poursuit en philosophe son travail de critique du monde contemporain. Et pour mieux s'interroger sur ce qui menace aujourd'hui gravement son avenir, il propose de revisiter toute l'histoire de l'être humain.
    Évoquant l'axolotl, ce poisson mexicain qui nous ressemble, comme le jaguar de la brousse brésilienne ou le loup des contes enfantins, discutant avec Platon, Albert Einstein ou Michael Jackson, se prenant à l'occasion pour Sherlock Holmes, le narrateur écrit dix lettres à sa 'belle amie'. Autant de moments clefs d'un voyage à travers le temps accompli par cette étrange espèce animale qu'on appelle les hommes.
    Cette espèce se caractérise non pas par sa supériorité sur le reste de la création mais par sa forme inachevée, sa faiblesse 'naturelle'. Un 'manque de nature', donc, que seule peut conpenser la culture discours, récits, sciences et techniques qui permet à l'être humain d'agir sur le monde pour mieux l'habiter. En tourt cas qui le permettrait jusqu'ici. Car le rêve des puissants de créer une 'surhumanité' à leur service compromet aujourd'hui la survie de l'espèce.
    Que faire, si nous refusons ce risque d'en finir avec le genre humain, si nous voulons que puisse se poursuivre son aventure si belle et si désespérée? Il n'est pas trop tard pour résister.

  • Érasme l'avançait : «On ne naît pas humain, on le devient.» Mais comment peut-on le devenir? Quelles évolutions, quelles contraintes doit-on accepter, dès l'enfance puis tout au long de son existence, pour pouvoir vivre véritablement comme un homme? Et en quoi la société dans laquelle nous vivons favorise-t-elle ou empêche-t-elle ce parcours vers l'humanisation? Autant de questions que Jean-Pierre Lebrun travaille à clarifier depuis de très nombreuses années.
    Refusant à la fois la nostalgie d'un passé idéalisé et d'être aveuglé par les sirènes du «progrès», il se demande si nous sommes encore capables, voire soucieux, de désirer. Sachant que le désir, le propre de l'homme, a affaire au langage et au manque. Et qu'il se différencie de la jouissance, comblante et par là même mortifère.
    Or notre société dite néolibérale, imposant la recherche éperdue de ladite jouissance, confondant égalité et égalitarisme, affaiblissant la fonction paternelle au nom du rejet, certes légitime, du patriarcat, tend à dévaloriser tout ce qu'implique la condition humaine. Ce qui a des conséquences majeures, et très concrètes, qu'explore ici Jean-Pierre Lebrun, dans tous les domaines de la vie individuelle et collective : la politique, l'éducation, la culture, le psychisme et ses pathologies, mais aussi la vie conjugale ou les modes de consommation.
    Une réflexion profonde mais accessible, du point de vue de la psychanalyse, sur les problèmes cruciaux que doit affronter l'homme contemporain.

  • Après l'enfer du nazisme et la terreur du communisme, il est possible qu'une nouvelle catastrophe se profile à l'horizon. Cette fois, c'est le néo-libéralisme qui veut fabriquer à son tour un «homme nouveau». Tous les changements en cours, aussi bien dans l'économie marchande que dans l'économie politique, l'économie symbolique ou l'économie psychique, en témoignent.
    Le sujet critique de Kant et le sujet névrotique de Freud nous avaient fourni à eux deux la matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée par la grande mutation du capitalisme contemporain. Déchu de sa faculté de jugement, poussé à jouir sans entrave, cessant de se référer à toute valeur absolue ou transcendantale, le nouvel «homme nouveau» est en train d'apparaître au fur et à mesure que l'on entre dans l'ère du «capitalisme total» sur la planète.
    C'est cette véritable mutation anthropologique, et les conséquences pour le moins problématiques sur la vie des hommes qu'elle implique, autrement dit ce que l'auteur appelle «l'art de réduire les têtes», qu'analyse cet ouvrage.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un formidable hiatus existe aujourd'hui entre l'abondance des ressources matérielles et culturelles et l'humeur noire qui anime les sociétés contemporaines. Les vieilles promesses de libération issues de la pop culture sont-elles dans l'impasse? Puisant à différentes sources de pensée, occidentales et orientales, Philippe Nassif propose une lecture radicalement nouvelle de cette crise. Le centre de nos sociétés n'est plus constitué que par une médiasphère dont le message récurrent est la jouissance immédiate. Les grandes promesses d'une lutte finale pour l'émancipation de tous ont été avalées par l'image et la consommation. Que faire? C'est à une lutte initiale que nous invitent les temps présents : une réforme de soi comme préalable à tout utopie politique.
    Philippe Nassif nous engage donc à une démarche plus intérieure mais aussi plus concrète. Dans cet essai très informé, très audacieux, qui commente aussi bien le destin de la pop culture que les fulgurances des romantiques allemands, et s'appuie avant tout sur l'expérience de la psychanalyse et du tao, il en appelle au désir plus qu'à la jouissance, au corps et au souffle plutôt qu'au pur intellect, à la voie des arts plutôt qu'à de vains slogans politiques. Et à regarder, au lieu de se lamenter éternellement, la part lumineuse de l'époque contemporaine. Là où l'ironie dépressive n'a plus cours et où des vies élevées s'expérimentent.

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