Sciences humaines & sociales

  • Un formidable hiatus existe aujourd'hui entre l'abondance des ressources matérielles et culturelles et l'humeur noire qui anime les sociétés contemporaines. Les vieilles promesses de libération issues de la pop culture sont-elles dans l'impasse? Puisant à différentes sources de pensée, occidentales et orientales, Philippe Nassif propose une lecture radicalement nouvelle de cette crise. Le centre de nos sociétés n'est plus constitué que par une médiasphère dont le message récurrent est la jouissance immédiate. Les grandes promesses d'une lutte finale pour l'émancipation de tous ont été avalées par l'image et la consommation. Que faire? C'est à une lutte initiale que nous invitent les temps présents : une réforme de soi comme préalable à tout utopie politique. Philippe Nassif nous engage donc à une démarche plus intérieure mais aussi plus concrète. Dans cet essai très informé, très audacieux, qui commente aussi bien le destin de la pop culture que les fulgurances des romantiques allemands, et s'appuie avant tout sur l'expérience de la psychanalyse et du tao, il en appelle au désir plus qu'à la jouissance, au corps et au souffle plutôt qu'au pur intellect, à la voie des arts plutôt qu'à de vains slogans politiques. Et à regarder, au lieu de se lamenter éternellement, la part lumineuse de l'époque contemporaine. Là où l'ironie dépressive n'a plus cours et où des vies élevées s'expérimentent.

  • On a sacrifié les femmes au nom d'à peu près tout : morale, religion, politique, amour, maternité... Aujourd'hui encore, malgré les discours d'émancipation, persistent viols, harcèlements, sévices conjugaux, interdits et humiliations. Le destin de la féminité en Occident serait-il sacrificiel? En témoignent ces grandes héroïnes qui foisonnent dans nos mythes, nos légendes d'amour, nos religions, les textes fondateurs de notre culture, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Elles ont pour nom Iphigénie, Hélène, Penthésilée, Médé, Iseut ou Jeanne d'Arc mais elles sont aussi des soeurs, des voisines, des exilées, des femmes croisées tous les jours dans la rue, prises à leur insu dans des vies manquées, blanches... De quel sacrifice ignoré la vie de ces femmes se soutient-elle? De quelle façon ces figures mythiques circulent-elles dans notre inconscient? Dans un essai de mythologie quotidienne, Anne Dufourmantelle interroge et retourne les destins spectaculaires de ces héroïnes en les confrontant à ceux, anonymes, parfois tragiques, de ces proches inconnues. D'une écriture subtile, elle approche la secrète texture de nos névroses et déploie la dramaturgie, aussi énigmatique que salvatrice, d'une véritable érotique du sacrifice au féminin.

  • Paola, sept ans, a transformé la maison en champ de bataille après la naissance de ses soeurs jumelles.Gilles, six ans, enfant d'une famille recomposée, dit qu'il ne sait plus «qui était dans le ventre de qui».Maeva, treize ans, devient de plus en plus violente à mesure que sa mère lui concède la liberté qu'elle revendique...Comment être parents de nos jours ?Faut-il être laxiste ou sévère ? Doit-on tout dire aux enfants ? Doit-on leur parler comme à des adultes ?Tandis que la fonction paternelle s'affaiblit, que la différence des sexes s'estompe, qu'une exigence de transparence s'impose vis-à-vis des enfants, les parents d'aujourd'hui s'affolent et perdent pied. Face à ces petits adultes miniature, ils sont souvent désemparés, culpabilisés, voire infantilisés.Trop de parents attendent de la psychanalyse des recettes simples, rapides et valables pour tous, qu'il suffirait d'appliquer.Au-delà des réponses toutes faites, et à travers des dizaines de cas pratiques tirés de l'expérience et de la clinique, l'ouvrage de Catherine Mathelin ouvre aux parents une autre voie d'accès à la psychanalyse.

  • Après l'enfer du nazisme et la terreur du communisme, il est possible qu'une nouvelle catastrophe se profile à l'horizon. Cette fois, c'est le néo-libéralisme qui veut fabriquer à son tour un «homme nouveau». Tous les changements en cours, aussi bien dans l'économie marchande que dans l'économie politique, l'économie symbolique ou l'économie psychique, en témoignent.Le sujet critique de Kant et le sujet névrotique de Freud nous avaient fourni à eux deux la matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée par la grande mutation du capitalisme contemporain. Déchu de sa faculté de jugement, poussé à jouir sans entrave, cessant de se référer à toute valeur absolue ou transcendantale, le nouvel «homme nouveau» est en train d'apparaître au fur et à mesure que l'on entre dans l'ère du «capitalisme total» sur la planète.C'est cette véritable mutation anthropologique, et les conséquences pour le moins problématiques sur la vie des hommes qu'elle implique, autrement dit ce que l'auteur appelle «l'art de réduire les têtes», qu'analyse cet ouvrage.

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