Éditions Triptyque

  • « Je n'écoute soudainement plus les conversations autour de la table. Je suis absorbé par le sentiment de culpabilité qui grandit en moi, à la faute que j'ai commise, au pourboire que j'ai omis de donner au jeune garçon. Je revois son regard perdu et désemparé au moment de refermer la porte et je comprends maintenant tout le sens dont cet air était fait ; il attendait sa récompense, son dû. »

  • Voici rassemblés douze textes qui explorent et déconstruisent ensemble l'idée du « bad boy ». Ce livre-performance, où la fiction se mêle à la réalité, donne à lire des voix fortes, subversives, troublantes, mais surtout, authentiques et vraies.

  • Cruauté, fraudes, drogues, invasions de domicile, meurtre de chiots. Les braises exorcise les pulsions les plus sombres en donnant à lire des scènes décadentes, à la fois surréalistes, inquiétantes et familières. L'auteur met en scène un esprit mauvais, un personnage sans nom, décalé et déviant, qui s'adresse à un improbable double de lui-même. Cette correspondance à sens unique est un violent coup de bélier, un délire exalté contenant les souvenirs d'un homme aigri et marqué par une enfance atypique. Élevé par un père caractériel, presque inadéquat, le narrateur tire à bout portant sur tout ce qui bouge, déblatère sans relâche, pointe un long doigt tordu sur ceux qui l'entourent, n'épargnant rien ni personne. De cet homme broyé en dix mille morceaux émerge le portrait d'un redoutable monstre, un ennemi en tout point semblable à celui qui dort en chacun de nous. Porté par le lyrisme et la prégnance des images, ce récit semi-fictionnel est un lent démembrement, une exécution sauvage, et surtout un rappel qu'on ne peut échapper à soi-même éternellement, au risque de voir les fondements de son identité s'effondrer.

  • Chairs est composé de voix et de perspectives multiples. Tournant autour de
    la notion de la chair, le livre engage une réflexion sur la manière dont celle-ci agit socialement, artistiquement et politiquement aujourd'hui - au-delà (ou peut-être en dessous) de l'idée de corps. À travers des textes hybrides, les auteur·e·s réfléchissent la place de la chair dans leurs pratiques - la danse, l'écriture, le théâtre, la chorégraphie, la musique. Comment la chair interagit-elle dans les processus de création-réflexion? S'agit-il d'un temps, d'une présence, d'une mémoire? D'une absence, d'un oubli? D'un espace, d'un hors-lieu? Avons-nous à dire « chair » pour
    la faire exister?

  • Ce livre est l'histoire de douze textes survivants, rescapés, qui, faute de ressources, auraient pu ne jamais voir le jour. Traversés par le thème de la pauvreté, ces récits troublent le rapport à la famille, à l'éducation, au corps, à la mode, à la nourriture, à la mémoire, à la dette ; les voix, éloquentes et poignantes, s'y font écho autant qu'elles adressent les silences qui persistent.
    La pauvreté se montre ici de l'intérieur, sans qu'on l'antagonise, la réduise à une seule chose ou l'idéalise. Les auteur·ices expriment à la fois l'attachement et le rejet, l'amour et la souffrance ressentis envers l'expérience de la pauvreté, et parfois envers son éloignement. Par le croisement de différents vécus et de différentes esthétiques, ce collectif en déplie les complexités, les ambiguïtés, les contradictions.
    Pauvreté rassemble des textes risqués, courageux et bouleversants, qui empruntent au récit, à la poésie, à l'essai lyrique et à la correspondance. Ces textes incarnés, écrits depuis des corps transfuges qui ont connu ou qui côtoient la pauvreté, interrogent les marques qu'elle peut laisser - entre honte, culpabilité et réinvention.

  • Parenthèse suisse est un livre minuscule mais dense. À mi-chemin entre l'autobiographie et la fiction, teinté de nostalgie, de mystère, mais aussi d'humour, ce récit puissant et émouvant raconte, en douze fragments, le déracinement d'une jeune femme et sa parenthèse de vie à Fribourg, ville à proximité de Lausanne. Son parcours, alors qu'elle découvre les parois puis l'intérieur de sa nouvelle vie, se révèle par parenthèses, chacune d'elles dévoilant des personnages et des expériences transitoires. C'est une femme et un pays qui se construisent en parallèle, en miroir, dans l'écriture de Jules Clara ; c'est un exil volontaire et une identité qui se déploient, qui se définissent et se redéfinissent : où il est question des villes qu'on habite, du mal-être comme de l'amour qu'on peut y ressentir.

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