Calmann-Lévy

  • Comment l'humanité, qui était au sommet du progrès technique,  a-t-elle pu se laisser happer par la barbarie totalitaire et finir par y  sombrer ? Telle est la question de Condition de l'homme moderne.  Cette faillite est la conséquence de l'oubli par l'homme moderne  d'un monde de valeurs partagées et discutées en commun avecautrui, dès lors qu'il n'a plus envisagé les choses qu'au travers du  prisme de leur utilité pour son bonheur privé. Indifférent aux autres,  l'homme moderne ne forme plus avec eux qu'une foule d'individus  sans lien véritable et sans défense contre la voracité des dictateurs  et des leaders providentiels. Seule une « revalorisation de l'action »,nous dit Arendt, cette intervention consciente avec et en direction  d'autrui, permettra à l'homme moderne d'échapper aux dangers  qui pèsent toujours sur sa condition.
      Paru une première fois en français en 1961, Condition de l'homme  moderne est le premier texte de Hannah Arendt publié en France.  Cette réédition est accompagnée de l'importante préface originale  de Paul Ricoeur qui reste à ce jour une des meilleures introductions  à la pensée d'Arendt. Dans son avant-propos inédit, Laure Adler  montre comment le texte d'Arendt fut et reste visionnaire dans l'éclairage  qu'il jette sur les urgences d'aujourd'hui.

  • Peu d'idées sont autant galvaudées aujourd'hui que celle de « réalité ». Hommes politiques, chefs d'entreprise, mais aussi économistes et romanciers s'en réclament : seul le réalisme semble recevable, et il suffit à tout justifier. La réalité constitue désormais, dans notre mentalité collective, la valeur étalon. Elle est le nouveau dieu que nous vénérons ; le dernier qui reste en magasin, peut-être.
    Mona Chollet, épingle l'usage pernicieux de cette notion dans tous les types de discours et démontre pourquoi l'injonction réaliste relève de l'imposture. À une époque où les relations essentielles à notre équilibre - la relation à l'environnement, la relation à l'autre - se vivent sur un mode chaotique, il est temps de se poser quelques questions...
     
    Un texte mordant et salutaire, qui non seulement déconstruit l'idéologie implicite de certains "réalistes", mais ouvre aussi joyeusement un chemin de traverse : il rappelle les bienfaits de l'imagination et du rêve, non pas pour "fuir la réalité", mais au contraire pour se donner une chance de l'habiter pleinement.

  • élan vital : antidote philosophique au vague à l'âme contemporain Nouv.

    Jamais la préservation de la vie ne nous a autant préoccupés. Pourtant, nous avons rarement eu le sentiment d'être à ce point dévitalisés. Comme si l'élan vital s'était subitement absenté de notre quotidien. Cet ouvrage se lance à la poursuite de cet appétit d'existence qui seul fait se sentir vraiment vivant. A quoi reconnaît-on l'élan vital ? Quels types d'impulsions et de mouvements suscite-t-il ? Quels en sont les ingrédients, les manifestations, les métaphores ? Surtout, comment le réveiller, le nourrir, le partager, en identifiant nos « biophores », c'est-à-dire nos activateurs de vitalité ? Comment, en miroir, nous prémunir de ce qui l'attaque, l'amenuise, l'éteint, en luttant contre les « biocides » en tous genres, ces expériences destructrices de vitalité ? Cerner ce qu'est l'élan vital pour le faire renaître en nous, tel est l'objectif de ce livre qui se présente comme un antidote philosophique au vague à l'âme contemporain, un manifeste pour l'envie retrouvée.

  • Ils sont 1  032 hommes et 6 femmes à avoir été reconnus par le général de Gaulle comme ses Compagnons «  pour la Libération de la France dans l'honneur et par la victoire  ».
    Aux lendemains de la guerre, ils n'étaient déjà plus que 702, 65 ayant été tués durant les combats et 271 décorés à titre posthume. Le dernier Compagnon, l'ancien ministre Hubert Germain, a donné son accord pour aller occuper à sa mort, selon la volonté du général de Gaulle, le seul caveau laissé vide dans la crypte du Mont Valérien. Se refermera alors une épopée probablement unique dans l'histoire de France.
    Ils étaient soldats, civils, étudiants, enseignants, agriculteurs, pêcheurs, mariés ou célibataires, croyants ou athées, français ou étrangers. Ils se sont battus partout dans le monde et dans chaque recoin de France. En apparence, leurs points communs étaient rares. Peut-être même n'y en eut-il qu'un seul, mais il est primordial  : chacun de ces 1  038 Compagnons eut à se confronter, souvent en quelques minutes, à la question essentielle du sens de sa vie face au sort infligé à son pays.
    Jean-Christophe Notin invite à s'interroger sur ce dilemme en proposant pour chaque jour de l'année le portrait dépouillé d'un Compagnon avec sa photo captivante. Se dégagent ainsi de ces centaines de trajectoires les principes universels de la liberté, de l'espoir, de la volonté, du dévouement.

  • Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu'elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l'unit à son enfant dans cet espace matriciel à laquelle elle-même, petite, fut livrée. Ce serment se perpétue ainsi, secrètement, de mères en filles et en fils, jusqu'à l'étouffement et parfois même le meurtre, si de la différence ne vient pas en ouvrir le cercle, et briser l'enchantement. C'est ce serment, que doit rompre l'enfant pour devenir lui-même, accéder à sa vérité, son désir. Le risque qu'il affronte, pour pouvoir aimer, c'est d'abandonner la mère à la mélancolie et de traverser la peur d'être lui-même abandonné.
    Comment des individus exposés avec une violence particulière à cette sauvagerie s'en sortent-ils ?
    Pourquoi la parole et l'écoute psychanalytique peuvent elles ouvrir un nouvel espace de vie chez ces êtres menacés d'ensevelissement ?

  • Blind date... se dit d'un rendez-vous à l'aveugle entre deux êtres susceptibles de s'aimer, organisé par un autre qui les connaît tous deux et ne sera pas là.
    La philosophie...
    commence avec l'étonnement (Aristote), se déclare science de l'être, s'espère soin de l'âme, s'étymologise amour de la sagesse, se voudrait éducation spirituelle, se rectifie en logique des propositions, s'attarde dans les manuels scolaires, s'écrit dans toutes les langues mais ne penserait qu'en une seule,
    s'éteint doucement.
    Le sexe...
    finit quand il faut s'expliquer, ne se commente qu'en disparaissant, bouleverse toute scénographie qui voudrait en isoler les effets,
    est là partout, tout le temps,
    manque partout, tout le temps.
    Le rendez-vous fut pris, dit-on, il y a trois mille ans. Officiellement du moins. Fut sans cesse reporté depuis.

  •   Le 17 septembre 1944, le général Kurt Student, créateur des forces  aéroportées allemandes, entend le rugissement crescendo d'un grand nombre  de moteurs d'avions. Il sort sur la terrasse de la villa qu'il occupe et qui domine  le plat pays du sud des Pays-Bas pour regarder passer l'armada de Dakota et  de planeurs qui convoient les 1re division parachutiste britannique et les 82e  et 101e divisions aéroportées américaines. Ce n'est pas sans une pointe de  jalousie qu'il contemple cette démonstration de force aéroportée.
        Market Garden, le plan du maréchal Montgomery consistant à donner le  coup de grâce à l'Allemagne nazie en capturant les ponts hollandais donnant  accès à la Ruhr était audacieux. Mais avait-il la moindre chance de réussir ?  Le prix à payer quand il s'avéra un échec fut effroyable, en particulier pour les  Néerlandais qui avaient tout fait pour aider leurs libérateurs éphémères. Les  représailles allemandes furent cruelles et sans pitié, et ce jusqu'à la fin de la  guerre.
        Quant à Arnhem et Nimègue, villes cartes-postales au coeur de l'Europe  civilisée, elles se retrouvèrent, à l'arrêt des combats, dévastées et jonchées des  cadavres d'innombrables jeunes soldats qui avaient payé de leur vie l'hubris  de leur haut commandement.
        En puisant dans une documentation prodigieuse et parfaitement maîtrisée  composée pour beaucoup d'archives inexploitées hollandaises, britanniques,  allemandes, américaines et polonaises, Antony Beevor nous fait vivre la  terrible réalité d'une bataille dont le général Student lui-même prédit avec  lucidité qu'elle donnerait à l'Allemagne sa « dernière victoire ».
        Son récit implacable, qui alterne les gros plans et les vues d'ensemble,  nous plonge au coeur même de la guerre, et rend hommage à des milliers de  héros anonymes que l'Histoire a oubliés.

  • Des démocrates athéniens à Montesquieu, d'Aristote à Rousseau, personne ne songeait à faire de l'élection l'instrument démocratique par excellence ; démocratie n'équivalait pas à gouvernement représentatif, c'est le tirage au sort qui paraissait le mieux apte à respecter l'égalité stricte des candidats.Que s'est-il passé au tournant du XVIIIe siècle, en Europe et aux Etats-Unis, pour que se renverse cette conception multiséculaire et pour qu'advienne l'idée qu'une démocratie est, par essence, un gouvernement représentatif ? Le changement tient-il à la réalité des choses ou au regard que nous portons sur elles ?Ce livre présente une théorie du gouvernement représentatif, en s'attachant aussi bien à la tradition européenne qu'aux débats américains. Bernard Manin montre que le système représentatif n'a pas pour seule fonction de permettre au peuple de se gouverner lui-même. Le gouvernement représentatif mêle en fait des traits démocratiques et aristocratiques. L'élu n'est jamais le double ni le porte-parole de l'électeur, mais il gouverne en anticipant le jour où le public rendra son jugement.

  •    Qui ne se souvient du retentissement qu'obtint le précédent livre de Jules Isaac, Jésus et Israël, livre bouleversant dont on a pu dire qu'il marquait une date dans l'histoire confrontée du judaïsme et du christianisme.
       Ce livre appelait une suite. La voici, sous un titre qui indique qu'il s'agit avant tout d'une enquête historique, mais dont la probité scrupuleuse s'allie à une émotion contenue, en même temps qu'à un combat sans merci contre tous ceux qui s'accommodent trop facilement soit des déformations de la vérité historique, soit de certaines thèses traditionnelles génératrices de haine et de meurtres.La première partie du livre fait justice du thème de l'"éternel antisémitisme", thème trop facilement accepté et propagé par les théologiens. Elle donne la mesure et fixe les limites de ce qu'a été l'antisémitisme dans l'Antiquité païenne.La deuxième partie, qui va de l'Empire chrétien jusqu'aux abords de l'an mil, montre la nocivité infiniment plus grande de l'antisémitisme chrétien. Elle met en pleine lumière ses deux traits essentiels et complémentaires : l'enseignement du mépris et le système d'avilissement. Ainsi se trouve dévoilée la source majeure des sentiments, des préjugés dont la mentalité chrétienne s'est progressivement imprégnée de siècle en siècle jusqu'à nos jours, et dont elle n'a pas fini de se libérer.Cette histoire passionnante et pathétique se lit comme un roman. Elle a beau nous reporter aux temps anciens du monde grec et romain, du haut moyen âge : elle est d'une étrange actualité.

  • L'Historie est, hélas, féconde en exemples de massacres collectifs. Jamais, toutefois, une tentative d'extermination d'un peuple ne fut aussi systématique que l'élimination des Juifs entreprise par Hitler et le IIIe Reich. Bien des voix, depuis, se sont élevées pour dire l'indicible, pour faire en sorte que l'horreur ne soit jamais atténuée par les années, peut-être même banalisée. Mais, très tôt, un homme réussissait, avec une douloureuse objectivité, à démonter le terrible mécanisme de l'holocauste : Léon Poliakov.
    Son Bréviaire de la haine, préfacé par François Mauriac, se devait d'être réédité, car, au-delà des passions, c'est l'oeuvre authentique d'un historien. Après cinq ans d'étude des archives allemandes, d'interrogatoires des témoins et des victimes, il a pu mettre à jour les rouages implacables de la technique qui a permis, au XXe siècle, de tuer six millions d'hommes pour des raisons purement raciales. De la promulgation des premières lois anti-juives à la "solution finale", un processus a été mis au point par Hitler qui, débutant sur des bases légales, a peu à peu pris la forme d'une idéologie raciste de plus en plus perfectionnée : mesures limitant les activités économiques des Juifs, sacralisation de l'Aryen, incitation aux progromes, utilisation des plus bas instincts. Dans l'Europe enitère, ce fut alors un embrasement dément et démoniaque, un piège de la haine où ont été pris, avec les Juifs, les Allemands eux-mêmes et les racistes de pays occupés.
    Ce processus implacable, il est nécessaire d'en connaitre la nature. aucun peuple, en effet, ne peut être certain qu'il n'en sera plus l'auteur, ou la victime.

  • L'histoire de Jérusalem est l'histoire du mondeJérusalem est la ville universelle, la capitale de deux peuples, le lieu saint de trois religions. Du roi David à Ben Gourion, de la naissance du judaïsme, du christianisme et de l'islam au conflit israélo-palestinien, voici l'histoire de Jérusalem, la cité universelle : trois mille ans de foi et de fanatisme, de conquête et d'occupation, de guerre et de coexistence entre diverses croyances. Simon Sebag Montefiore raconte les batailles, mais aussi les histoires d'amour et de haine des hommes et des femmes qui ont fait Jérusalem - soldats et prophètes, poètes et rois, courtisans et musiciens. Cette biographie unique en son genre fait revivre tous ceux qui ont édifié et détruit la ville et qui en ont fait le récit : citoyens ordinaires comme grandes figures historiques, de Salomon et Cléopâtre à Soliman le Magnifique ; d'Abraham à Jésus et Mahomet ; du monde ancien aux temps modernes de Flaubert, Chateaubriand, Raspoutine et Lawrence d'Arabie. Ce livre ambitieux et captivant, qui se fonde sur des archives inédites, regorge d'anecdotes et de détails passionnants. Il montre comment Jérusalem est devenue Jérusalem, la seule cité à la fois céleste et terrestre.

  • Un voyage inédit dans 3 000 ans d'Histoire.
    Depuis la nuit des temps, Istanbul captive les esprits et attire des populations du monde entier. Et c'est parce qu'elle a toujours été aussi convoitée que la ville recèle de tant d'anecdotes et récits incroyables. Istanbul, Le conte des trois cités est l'occasion unique de se plonger dans ses trois mille ans d'Histoire exceptionnelle.
    Au fil des siècles, Bettany Hughes nous dévoile avec son style si vivant les innombrables métamorphoses culturelles, religieuses, ethniques et architecturales de cette ville fascinante. De Byzance à Constantinople puis à Istanbul, l'auteure brosse un vaste tableau incarné par une étourdissante galerie d'hommes et de femmes ordinaires et extraordinaires.
    De l'Âge du bronze jusqu'à l'émergence de la Turquie moderne, laissezvous transporter par un voyage unique en son genre. 

  • Les démocraties ne meurent plus comme naguère, avec des coups d'État et des tanks dans la rue. Les gouvernements autoritaires s'installent désormais au pouvoir à la suite d'élections régulières.
    Commence alors un processus discret de démantèlement des institutions démocratiques qui remet en cause l'indépendance de la justice, limite la liberté de la presse, noyaute les instances arbitrales et redécoupe de manière partisane la carte électorale.
    Comment en arrive-t-on là?
    C'est la question à laquelle répondent Steven Levitsky et Daniel Ziblatt, avec La Mort des démocraties.
    Ils montrent que les institutions démocratiques ne peuvent se défendre toutes seules; elles doivent être encore accompagnées par  les bonnes moeurs démocratiques des acteurs politiques: la tolérance et la retenue. Sans quoi elles se vident de leur substance.
    Dans ce livre écrit dans une langue claire, Levitsky et Ziblatt analysent  les dictatures du XXe siècle ainsi que les expériences autoritaires plus récentes en Hongrie, au Venezuela, au Pérou, et... aux États-Unis avec Trump. Ils montrent que l'une des premières causes de la mort des démocraties est l'introduction des comportements de guerre civile à l'intérieur même de nos débats démocratiques. Une leçon plus que jamais nécessaire pour nos démocraties européennes confrontées à la tentation autoritaire.
    «Si vous voulez comprendre ce qui se passe [dans notre pays], le livre que vous devez vraiment lire est La Mort des démocraties.»
    Paul Krugman (Prix Nobel d'économie), The New York Times

  • Cyberdépendant, joueur pathologique, dépendant affectif ou hyperactif sexuel, accro à l'alcool, au tabac, au cannabis, aux médicaments, au travail, au téléphone portable, au café et même au chocolat...            
               L'addiction nous guette tous.
    Nul n'a besoin, pour vivre, de substances, d'objets, de jeu ou de la présence permanente de l'autre. Pourtant, beaucoup vont s'en rendre esclaves au point de perdre tout contrôle d'eux-mêmes malgré les dangers encourus.
    Le dépendant, hypersensible, hyper-émotif, en perpétuelle cogitation, est prêt à tout pour vivre mieux - du moins le croit-il. Rien ni personne ne semble pouvoir l'arrêter : ni la morale, ni l'entourage, ni les risques menaçant sa santé physique et psychologique, ni sa volonté.
    La dépendance est une maladie.
    Une authentique maladie du cerveau.  
    />           - Qu'est-ce qui nous fait basculer de l'usage occasionnel, festif, à l'abus puis à la dépendance ?
              -  Que recherchons-nous dans les substances ou les comportements addictifs ?
     
              -  Pourquoi sommes-nous plus vulnérables aux addictions à certaines périodes de notre vie ?
              - Comment vit-on quand un plaisir devient un enfer ?
              - Comment retrouve-t-on sa liberté ?
              - Pourquoi sommes-nous tous des dépendants potentiels ? 
     
    Dans cet ouvrage de référence, les principales dépendances de notre siècle sont analysées une à une par le Dr William Lowenstein, spécialiste des addictions.
    À travers son expérience et ses conseils, il nous en explique les mécanismes, l'engrenage qui y mène, et nous dit comment sortir de ce qu'il nomme la Maladie des émotions.

  • Mai 68 n'aura-t-il été qu'un psychodrame bavard, selon la formule  cruelle et lapidaire de Raymond Aron ?Dans La Révolution introuvable, l'observateur perspicace de l'actualité  politique montre que par-delà le brouhaha des apparences, les  risques étaient faibles que Mai 68 ne constitue un danger sérieux  pour les institutions de la Ve République. Les deux grandes forces  qui structuraient alors la vie politique française, le Parti communiste  et le mouvement gaulliste, n'y avaient aucun intérêt.Comme l'analyse Philippe Raynaud dans sa préface inédite,  Raymond Aron, en héritier de la grande tradition sociologique, fut  également attentif à la crise essentielle de nos sociétés modernes  dont Mai 68 fut un des premiers symptômes  : la tension  contradictoire entre la passion de l'égalité, la demande de  reconnaissance des individus, et l'interdépendance croissante de  chacun à l'égard de tous.

  • Le monde du travail que nous a légué le xxe siècle est en crise.
    Pendant près d'un siècle, il s'est organisé autour d'un contrat par lequel l'employeur garantissait un salaire, une relative sécurité de l'emploi et un statut social au travailleur. En échange, ce dernier consentait à une certaine forme d'aliénation. C'était le monde du labeur.
    Aujourd'hui, cependant, ce monde se désagrège  : les salaires stagnent, les parcours professionnels deviennent chaotiques et l'on s'y ennuie de plus en plus.
    Heureusement, un nouveau monde est en train d'émerger, celui de l'ouvrage. On y réinvestit les valeurs longtemps négligées de l'artisanat  : indépendance du travailleur, maîtrise de son temps et de ses tâches, attention aux besoins de l'utilisateur final... et incertitude quant à l'avenir. On y voit apparaître de nouvelles manières d'être au travail. On y réévalue les métiers naguère méprisés du quotidien, bouleversant les hiérarchies et interrogeant les assignations traditionnelles de genre.
    Laëtitia Vitaud resitue cette transition du labeur à l'ouvrage dans l'histoire, la décrit avec précision, chiffres à l'appui, et propose des pistes pour adapter le droit du travail, le management et les systèmes de protection sociale.
     
    Laëtitia Vitaud est agrégée d'anglais et diplômée d'HEC. Depuis 2015, elle développe une activité de recherche et de conseil auprès de grandes entreprises autour des thèmes du futur du travail et de la consommation. Elle est rédactrice en chef du média «  entreprises  » de la société Welcome to the Jungle. Laëtitia Vitaud vit et travaille à Londres.

  • Un jour d'octobre 1917, les habitants de la Russiese trouvent projetés dans l'utopie, et entrent, par là-même,dans le processus de création de l'Homme nouveau.C'est en effet la refonte du matériau humain,la transformation des citoyens en rouages qui conditionne le bon fonctionnement de la machine soviétique.Pour étudier ce processus,Michel Heller, remarquable spécialiste de l'Union soviétique,se place dans une perspective historique.Depuis 1917, on assiste en effetà une nationalisation du temps,à une infantilisation de l'individu au moyen de la peur,de la corruption, du travail.Il n'est pas un domaine de la vie qui ne soit un instrumentde fabrication de l'homo sovieticus aux mains de l'Etat :école, sexualité, culture, langue.Soumis à une constante rééducation, l'individu perdtout contact avec la réalité, se retrouve prisonnierd'un monde irrationnel d'un cercle magique.Si le Grand But n'est pas encore atteint,la menace est toutefois sérieuse.Concerne-t-elle uniquement l'Union soviétique ?Avec lucidité et mordant Michel Heller pose,dans cet ouvrage superbement documenté,une des questions fondamentales de notre temps :celle de l'avenir de l'homme.

  • Nous trouvons toujours des excuses aux méchants: la mauvaise  éducation, le poids des circonstances politiques, économiques ou  sociales. La tradition des Lumières a ainsi vu dans le mal l'expression  nécessaire d'un manque ou d'une faiblesse de l'homme: sa finitude (Kant), ou sa paresse (Arendt).
    Bettina Stangneth refuse d'entériner cette défaite de la raison pratique.
    Elle montre au contraire que la méchanceté est le fruit vénéneux d'une volonté positive: la pensée mauvaise.
    Les tenants de celle-ci, nazis, jihadistes et autres malfaisants, ont ceci de commun qu'ils légitiment leurs crimes en remettant en cause le principe même d'une moralité universelle: la raison.
    Après avoir décrit les formes variées que prend aujourd'hui cette haine de la raison: cynisme, divertissement, obsession du soi et de son identité singulière, confusion entre les faits et les interprétations, la vérité et la fausseté, la science et l'opinion. Elle montre surtout que les Lumières aujourd'hui, pour autant qu'elles sachent se défendre contre la pensée mauvaise, sont toujours porteuses de leur promesse d'une humanité qui s'améliore.

  • C'est un livre jubilatoire que nous propose le philosophe Yves  Roucaute. Une ode à la révolution des Temps contemporains.  Abolition du travail et robots, corps bioniques et bébés sur mesure,  clonage et cryogénisation, suppression des maladies, télétransportation  et véhicules autonomes, disparition de l'État, de la guerre,  de l'oppression des nations, économie collaborative et réseaux  sociaux, abrogation du dressage éducatif et de l'écriture, libération  du corps féminin, art contemporain, bonheur, immortalité, le meilleur  est devant nous.Fruit d'un considérable travail de recherches philosophiques,  historiques et scientifi ques, ce récit passionnant revisite toute l'histoire  de l'humanité. Adieu le  chimérique Homo sapiens, l'opposition  « matérialisme » et « idéalisme », adieu « socialisme  ", « libéralisme »,  « utilitarisme », adieu tristesse des professionnels de l'apocalypse.  « Je suis Celui qui crée », tel est le credo de l'homme contemporain,parvenu à la conscience de lui-même, celle de l'Homo creator.Dans un texte à la fois joyeux et érudit, Yves Roucaute bouscule tout,  ébranle les certitudes, sans jamais plonger le lecteur dans le néant.  L'avenir ? Le meilleur qui soit avec la poursuite de cette odyssée de  la liberté, vers la conquête des étoiles, qui donne son sens secret à  l'histoire humaine. 

  • « Je suis la seule agent femme encore en vie en France et il ne reste plus aujourd'hui que trois survivants hommes.»
    Noreen Riols
    « La personnalité de Noreen illumine son témoignage à la fois subtil et accessible de l'histoire de ceux partis en mission avec rien de moins que 50% de chance de survie. »
    Michael Tillotson, The TimesLorsque la France s'effondre en 1940, Winston Churchill aide de Gaulle à passer à Londres et fonde le SOE, ou Special Operations Executive. Buts de cette armée secrète: infl iger le maximum de pertes aux Allemands, créer des réseaux de résistance et informer Londres des mouvements de l'ennemi. Pour cela, il faut former des agents bilingues capables de sauter en parachute, de tuer par tous les moyens, d'envoyer des informations par radio, de faire sauter des ponts... Et tout cela dans le plus grand secret.
    Noreen Riols sort à peine de l'adolescence lorsqu'elle se voit contrainte de travailler dans une usine de munitions ou de rejoindre la Royal Navy. Mais puisqu'elle parle couramment français, quelqu'un l'expédie dans un bâtiment de Baker Street où règne une activité aussi folle qu'entourée de mystère. Sans le savoir, Noreen Riols vient d'atterrir au QG du SOE. Recrutée à la section F (comme France), elle va travailler deux ans durant sous les ordres du colonel Buckmaster et débriefer des agents revenus de France, servir d'appât, déchiffrer des codes, faire passer des messages...
    Soixante-dix ans plus tard, seule survivante de la section F avec Bob Maloubier, Noreen se souvient de ce que furent ces années et nous dit les êtres d'un courage exceptionnel qui aidèrent tant la France à retrouver la liberté. Tour à tour aimables, plaisants, humoristiques et terrifi ants, ces souvenirs sont l'oeuvre d'une femme aussi exceptionnelle qu'extraordinairement modeste.

  • Exploits des sportifs de haut niveau, émeutes en banlieue, lutte contre le racisme et les discriminations, mouvement associatif : depuis une dizaine d'années, les Noirs vivant en France métropolitaine sont apparus si visiblement sur la scène publique nationale qu'on peut parler aujourd'hui d'une « question noire » française. Plusieurs livres d'actualité ont relayé ces enjeux, mais jusqu'à présent, ils n'étaient pas encore étayés par des travaux de réflexion qui permettraient de les expliquer avec savoir et méthode. C'est à ce travail fondateur de black studies à la française que Pap Ndiaye s'est consacré.Comment définir les Noirs de France ? L'auteur démontre brillamment que la « condition noire » désigne une situation sociale qui n'est celle ni d'une classe, d'une caste ou d'une communauté, mais d'une minorité, c'est-à-dire d'un groupe de personnes ayant en partage l'expérience sociale d'être généralement considérées comme noires.Cet essai dense et limpide décrit et analyse l'expérience de ces hommes et de ces femmes du xviiie siècle à nos jours ; le passé et le présent d'une minorité française.En préface, une nouvelle inédite de Marie NDiaye, Les Soeurs.

  • Il est une contradiction fondamentale au coeur de la démocratie  : la décision du souverain pour le bien commun doit être une, alors même que le peuple, avec la diversité légitime de ses opinions, est multiple.
    Tel est le problème qu'entreprend de résoudre De la Souveraineté.
    Bertrand de Jouvenel construit sa réponse en faisant retour sur les questions fondamentales de la philosophie politique. Pourquoi et comment les hommes s'associent-ils  ? Quelles sont les différentes formes possibles d'association  ? Qu'est ce qui caractérise la communauté politique au regard des autres formes d'association  ? En quoi consiste l'autorité politique  ? Pourquoi obéissons-nous aux lois  ?
    Au terme de ce parcours, il montre que c'est la délibération éclairée par la raison entre les membres de la communauté démocratique, grâce notamment à leurs instances représentatives, qui permet de résoudre la contradiction.
     
    Paru en 1955, dix ans après Du Pouvoir, De la Souveraineté est longtemps resté indisponible en librairie. Liberté de l'esprit met à nouveau à la disposition du public ce classique de la pensée libérale, enrichi d'une introduction de Vincent Descombes qui fournit un éclairage clair et pédagogique à la pensée de Jouvenel.
     
     
     
     
    Bertrand de Jouvenel (1903-1987), politologue, journaliste, professeur, a fondé la revue de prospective Futuribles ainsi que le think tank libéral la Société du Mont-Pèlerin, aux côtés de Friedrich Hayek. Il est avec Raymond Aron un des représentants les plus brillants de la pensée libérale française d'après-guerre.

  • Le judaïsme libéral trouve-t-il une place légitime au sein du judaïsme ?
    La tradition juive est-elle, par essence, immuable ou est-elle évolutive ?
     
    Comment le judaïsme libéral comprend-il et interprète-t-il les textes de la tradition ?
     
    Où trouve-t-il ses racines ? Dans quelle mesure les lois ont-elles été influencées par l'Histoire ?
    Un homme, une femme peuvent-ils s'identifier et se référer à une tradition ancestrale et la vivre aujourd'hui ?
    En répondant à soixante-dix questions, Pauline Bebe présente les principes du judaïsme libéral, retrace son histoire, ses origines et ses perspectives, traite des questions de responsabilité et de commandements, de l'égalité des droits et des devoirs entre hommes et femmes, et enfin des rites et des pratiques du judaïsme libéral.

  •      En 1996, dans une petite salle de Manhattan à New York, Eve Ensler présentait une pièce intitulée Les Monologues du vagin. Elle y disait les mots recueillis auprès de femmes pour évoquer le plus intime de leur féminité, le plus mystérieux de leur sexualité, mais aussi le plus violent de leur condition. Chaque représentation parlait de plaisir et de violence, provoquait rire et larmes. Elle a depuis été vue dans cent vingt pays (sept cent mille spectateurs en France) et traduite en quarante-cinq langues. 
        Deux ans plus tard, Eve Ensler créait le mouvement V-Day. En permettant à des non-professionnels de jouer sa pièce, elle leur donnait la possibilité de réunir des fonds pour aider les femmes victimes de violences. Au cours de ses dix ans d'existence, cinquante millions de dollars ont été réunis pour dénoncer et lutter contre la violence domestique, le viol, les mutilations génitales ou les crimes d'honneur.    Moïra Sauvage a eu accès aux archives du mouvement, rencontré Eve Ensler et s'est rendue dans de nombreux pays pour interviewer celles qui s'investissent dans V-Day. Elle raconte comment cette pièce a changé la vie des femmes.

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