Denoël

  • «Les vices privés font la fortune publique» : cette formule aujourd'hui banale scandalisa l'Europe des Lumières lorsqu'elle fut énoncée pour la première fois en 1704 par Bernard de Mandeville. Pourtant, ce médecin, précurseur trop méconnu du libéralisme, ne faisait qu'énoncer la morale perverse qui, au-delà de l'Occident, régit aujourd'hui la planète. Ette est au coeur d'une nouvelle religion qui semble désormais régner sans partage, celle du marché : si les faiblesses individuelles contribuent aux richesses collectives, ne doit-on pas privilégier les intérêts égoïstes de chacun?
    En philosophe, Dany-Robert Dufour poursuit dans cet ouvrage ses interrogations sur les évolutions radicales de notre société. En présentant, en autant de chapitres, les «dix commandements» inquiétants qui résultent de la morale néolibérale aujourd'hui dominante, il analyse les ébranlements qu'elle provoque dans tous les domaines : le rapport de chacun à soi et à l'autre, à l'école, au politique, à l'économie et à l'entreprise, au savoir, à la langue, à la Loi, à l'art, à l'inconscient, etc. Et il démontre ainsi qu'une véritable révolution culturelle est en cours. Qui nous mènera jusqu'où?

  • Après l'enfer du nazisme et la terreur du communisme, il est possible qu'une nouvelle catastrophe se profile à l'horizon. Cette fois, c'est le néo-libéralisme qui veut fabriquer à son tour un «homme nouveau». Tous les changements en cours, aussi bien dans l'économie marchande que dans l'économie politique, l'économie symbolique ou l'économie psychique, en témoignent.
    Le sujet critique de Kant et le sujet névrotique de Freud nous avaient fourni à eux deux la matrice du sujet de la modernité. La mort de ce sujet est déjà programmée par la grande mutation du capitalisme contemporain. Déchu de sa faculté de jugement, poussé à jouir sans entrave, cessant de se référer à toute valeur absolue ou transcendantale, le nouvel «homme nouveau» est en train d'apparaître au fur et à mesure que l'on entre dans l'ère du «capitalisme total» sur la planète.
    C'est cette véritable mutation anthropologique, et les conséquences pour le moins problématiques sur la vie des hommes qu'elle implique, autrement dit ce que l'auteur appelle «l'art de réduire les têtes», qu'analyse cet ouvrage.

  • On a sacrifié les femmes au nom d'à peu près tout : morale, religion, politique, amour, maternité... Aujourd'hui encore, malgré les discours d'émancipation, persistent viols, harcèlements, sévices conjugaux, interdits et humiliations.
    Le destin de la féminité en Occident serait-il sacrificiel?
    En témoignent ces grandes héroïnes qui foisonnent dans nos mythes, nos légendes d'amour, nos religions, les textes fondateurs de notre culture, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Elles ont pour nom Iphigénie, Hélène, Penthésilée, Médé, Iseut ou Jeanne d'Arc mais elles sont aussi des soeurs, des voisines, des exilées, des femmes croisées tous les jours dans la rue, prises à leur insu dans des vies manquées, blanches...
    De quel sacrifice ignoré la vie de ces femmes se soutient-elle?
    De quelle façon ces figures mythiques circulent-elles dans notre inconscient?
    Dans un essai de mythologie quotidienne, Anne Dufourmantelle interroge et retourne les destins spectaculaires de ces héroïnes en les confrontant à ceux, anonymes, parfois tragiques, de ces proches inconnues. D'une écriture subtile, elle approche la secrète texture de nos névroses et déploie la dramaturgie, aussi énigmatique que salvatrice, d'une véritable érotique du sacrifice au féminin.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Paola, sept ans, a transformé la maison en champ de bataille après la naissance de ses soeurs jumelles.
    Gilles, six ans, enfant d'une famille recomposée, dit qu'il ne sait plus «qui était dans le ventre de qui».
    Maeva, treize ans, devient de plus en plus violente à mesure que sa mère lui concède la liberté qu'elle revendique...
    Comment être parents de nos jours ?
    Faut-il être laxiste ou sévère ? Doit-on tout dire aux enfants ? Doit-on leur parler comme à des adultes ?
    Tandis que la fonction paternelle s'affaiblit, que la différence des sexes s'estompe, qu'une exigence de transparence s'impose vis-à-vis des enfants, les parents d'aujourd'hui s'affolent et perdent pied. Face à ces petits adultes miniature, ils sont souvent désemparés, culpabilisés, voire infantilisés.
    Trop de parents attendent de la psychanalyse des recettes simples, rapides et valables pour tous, qu'il suffirait d'appliquer.
    Au-delà des réponses toutes faites, et à travers des dizaines de cas pratiques tirés de l'expérience et de la clinique, l'ouvrage de Catherine Mathelin ouvre aux parents une autre voie d'accès à la psychanalyse.

  • Aujourd'hui encore, près de soixante-dix ans plus tard, il est impossible pour un Russe d'évoquer « 1937 » sans un douloureux malaise. Par sa férocité, son ampleur et son arbitraire, la Grande Terreur stalinienne constitue indéniablement l'une des pages les plus sanglantes du XXe siècle, et aussi l'une des plus obscures. Quotas, arrestations, faux procès, tortures... Désormais, on en sait beaucoup sur cette tragédie collective et ses grands protagonistes, bourreaux et victimes.
    Mais à pareille échelle, on perd forcément de vue l'émotion et la souffrance, dans ce qu'elles ont d'intime et d'irréductible. C'est en effet à vue d'homme, à travers un destin individuel, que l'engrenage stalinien révèle pleinement sa violence aveugle.
    Ce livre raconte ainsi une tragédie personnelle : comment, inexorablement, le NKVD, la police politique de Staline, a fait de l'ingénieur chimiste Israël Saveliévitch Vizelsky un coupable.
    À partir de sources totalement inédites non destinées aux chercheurs et des bases de données élaborées par l'Association Memorial, une telle Micro-histoire de la Grande Terreur a enfin pu être écrite.
    Combien de temps et à quelle fréquence sont menés les interrogatoires ? À quoi renvoient les dépositions « conditionnelles », « mortes » et « vivantes » ? Qui sont les « jurisconsultes de cellule » ? Quelles peuvent être les circonstances et les motifs des dénonciations spontanées ? Autant d'interrogations élucidées au fil de cette étude novatrice, aussi dépassionnée qu'émouvante, qui reconstitue pas à pas le destin tragique d'un Soviétique parmi tant d'autres.

  • Pornographie, contraception, procréation artificielle, individualisme sexuel... autant de singularités de la sexualité contemporaine qui semblent en conflit avec la doctrine officielle de l'Église. D'où viennent-elles cependant, sinon de la tradition chrétienne elle-même, et cela malgré notre apparente déchristianisation?
    Une fois sortie de la simplicité biblique, des concepts chrétiens tels que la trinité, la virginité de Marie, l'immaculée conception ou la sexualité édénique deviennent le lieu d'un travail théologique permanent. De plus en plus éloignés des structures familiales anciennes, penseurs et artistes chrétiens inventent le plus étrange tableau de famille qu'on puisse imaginer, où le père est aussi mère, où le fils est également père, où le Christ est doté des deux sexes, où l'accouplement, la jouissance et la procréation deviennent dissociables... Et d'où procède un ferment de déstabilisation : cet excédent sexuel du christianisme, dont Pierre-Emmanuel Dauzat suit la formation et les transformations, depuis les origines chrétiennes jusqu'à la modernité de Sade et de l'utérus artificiel.

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