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  • S'il est si difficile de vivre, heureux, en couple, c'est que la répétition issue du passé vient entraver nos amours du présent. C'est aussi que se rejouent dans l'espace conjugal les conflits internes de chacun des deux qui ont décidé de vivre ensemble. C'est enfin que notre soif de bonheur et de satisfaction sans limite, induit des espoirs et des demandes que l'autre ne peut fatalement pas combler. Les auteurs, à partir de leur longue expérience clinique avec des couples, pensent qu'une plus juste appréhension des multiples mécanismes en jeu, dans le cadre de la cure analytique ou dans celle des entretiens de couple, rend possible, pour ceux qui le souhaitent, un vivre en amour très singulier, propre à chacun et source de moins de souffrance et de plus de satisfaction. Ils ne nient pas que la satisfaction complète ne peut être qu'un espoir chimérique mais ils tempèrent l'idéologie qui, dans certains milieux, soutient que l'amour ne peut être que narcissique, que le désir ne peut-être qu'égocentrique et que le couple ne peut qu'être une illusion et donc un échec. Patrick De Neuter, psychanalyste à Bruxelles, professeur à l'université de Louvain (Belgique), Danielle Bastien, psychanalyste (association freudienne de Belgique)

  • Le point de départ de cet ouvrage vient d'une interrogation sur la place du récit clinique chez les psychanalystes. L'auteur définit le champ de la psychanalyse entre la rhétorique, comme art de la persuasion, et le narratif, en tant que mise en représentation d'événements réels ou fictifs par le moyen du langage. La psychanalyse se trouve donc à un carrefour entre des événements cliniques et des événements conceptuels dont les récits témoignent. En effet, dans le processus de la cure, se joue une ouverture originale sur l'événementiel et l'historique. Encore faut-il pouvoir en parler. Dans l'exemple clinique se joue l'éthique du psychanalyste car il ne s'agit pas seulement de vérifier une théorie ou de se faire connaître ou reconnaître. L'éthique n'est jamais jouée une fois pour toutes, et c'est ce que les psychanalystes racontent quand ils parlent de ce qu'ils font. À partir d'un noyau d'auteurs, Freud, Melanie Klein, Winnicott, l'auteur dégage la place de la rhétorique dans l'acte narratif des analystes. Le récit dans la psychanalyse peut-il échapper à la rhétorique ? Qu'est-ce que raconter au plus juste quand on est analyste ?

  • La jouissance est un concept-frontière situé à la jonction entre le corps et le langage ou la parole. Elle s'articule avec les principaux concepts fondamentaux de la psychanalyse tels l'inconscient, la répétition, la pulsion, le désir, le sujet. Elle constitue aussi un repère essentiel pour la pratique psychanalytique en raison de ses rapports avec le symptôme et l'interprétation. Enfin, elle apparaît comme une notion centrale pour penser le rapport entre les sexes. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage un parcours chronologique, à travers l'ensemble de l'oeuvre de Lacan (les Séminaires, les Écrits, les Conférences, les entretiens et interventions diverses), des différentes étapes de la création du concept de Jouissance. Jean-Marie Jadin est psychiatre, psychanalyste, à Mulhouse. Marcel Ritter est psychanalyste à Strasbourg.

  • Certaines adolescentes n'ont pu construire des représentations internes de la féminité et de la maternité. Court-circuitant ce travail psychique resté impossible, elles ont confié à leur corps et à leur enfant à naître la mission de les rendre femmes et mères... idéales de préférence. Mission impossible pour cet enfant qui, dans la réalité, ne correspondra pas à l'enfant rêvé durant la grossesse et risque d'être inscrit dans une psychopathologie précoce puis rapidement « placé »... répétant ainsi bien souvent l'histoire de leur mère. C'est contre ce destin que le dispositif clinique finement décrit dans ce livre vient faire rempart. Pierre Kammerer est psychanalyste à Grenoble, enseignant à l'université Lyon 2.

  • Jacques Hassoun, psychanalyste décédé il y a 10 ans, était un homme d'une très grande culture. Dans tous ses écrits (plus de 20 ouvrages parus et de nombreux articles, rassemblés pour partie dans le livre Extraits d'une oeuvre, L'Harmattan), il a fait travailler ensemble la psychanalyse, l'histoire, les langues, la politique... sur fond de judaïsme, dans un souci constant de transmission, entendue non pas comme répétition mais toujours transformation et invention. Selon ce principe, 18 auteurs (psychanalystes, sociologues, journalistes) rendent compte ici de la pertinence et de l'influence de sa pensée au regard de l'actualité où la psychanalyse et, d'une manière générale, le lien social sont mis à mal. Claude Spielmann est psychanalyste (Paris), membre du Cercle freudien.

  • Richement illustré par la clinique, ce livre est ouverture du champ lacanien vers les travaux de Françoise Dolto, grâce à l'éclairage qu'apportent la phénoménologie et plus particulièrement les développements de Merleau-Ponty. La rencontre avec le monde du tout petit enfant, avec la névrose, la psychose, l'autisme, fait de l'analyste un curieux lecteur par qui, dans le transfert, l'autre vient à saisir de quelle manière son texte parle de lui-même, et en qui, par ces rencontres, résonne, dynamisé, le texte d'autres cliniciens, d'autres théoriciens. Eva-Marie Golder est psychanalyste à Colmar.

  • Préface de Roland Gori Face à la montée en puissance du naturalisme (qui veut rendre compte du mental par la méthode des sciences naturelles et de ses données matérielles, en transformant des propriétés cognitives en propriétés naturelles), les psychanalystes doivent continuer à développer un questionnement sur les conséquences d'une science sans sujet de la connaissance, sur la construction des subjectivités et sur le sujet de la psychanalyse. C'est à ce débat épistémologique sur la place du cogito dans la recherche scientifique que nous convie l'auteur en s'appuyant sur ses recherches psychanalytiques sur l'adolescence, le père, l'autorité, la violence. L'enjeu pour la psychanalyse est d'y faire entendre que le sujet cartésien est le présupposé de l'inconscient.

  • « On voudrait bien en finir avec l'inconscient, se débarrasser de ce gêneur qui trahit l'idéal de contrôle et de prévention promu par le discours scientiste, discours face auquel la psychanalyse a des allures de plus en plus has been. Mais comment se débarrasser définitivement de ce qui nous échappe ? » Voici un ouvrage de psychanalyse, pensé pour tout le monde, qui interroge la place du sujet et son désir dans la société d'aujourd'hui. Dans un style vivant, accessible, cet ouvrage met en évidence comment, à notre insu, nous pouvons être dépendants des fictions sociales, scientifiques, juridiques, etc., qui dirigent nos modes de pensée, de vivre et d'agir, et nous en croire victimes. Le complexe de castration, l'oedipe, le traumatisme, la fonction paternelle, les jouissances, tous ces concepts bien connus sont repris et réactualisés pour y faire entendre la différence entre le sujet qui parle au nom de ces fictions et le sujet confronté à la vérité de son inconscient et de son désir. Isabelle Floc'h, psychanalyste, exerce à Paris. Elle intervient en secteur psychiatrique auprès du personnel soignant. Elle est membre de l'Ecole de psychanalyse Sigmund Freud, du comité de rédaction de la revue La clinique lacanienne. Arlette Pellé, psychanalyste, exerce à Paris et à Tours. Elle est membre de la Fondation européenne pour la psychanalyse, codirectrice de l'association « SAPP » (Supervision et analyse psychanalytique des pratiques professionnelles).

  • L'ouvrage est la réédition revue et augmentée d'un livre paru en 1996 chez Dunod. Il montre que la validité de la pratique et de la théorie psychanalytiques provient de la spécificité de la situation psychanalytique conçue comme une séance particulière d'interlocution. Dans sa présentation actuelle, l'ouvrage permet de mieux comprendre les malentendus qui génèrent et alimentent « la guerre des psys ». Pour l'auteur, seule une épistémologie de la psychanalyse reconnaissant ce que sa méthode doit à la parole et à son pouvoir peut préserver la psychanalyse des dérives idéologiques et des tentatives de biologisation de la psyché. Les moyens dont la méthode psychanalytique se dote sont garantis par ceux dont elle se prive.

  • L'instant de dire (érès, 1997) est devenue une référence majeure pour tous les psys et médecins qui dans le cadre de leurs pratiques, au sein d'une médecine technoscientifique, accordent une place à la parole des patients pour élaborer avec eux le sens et la fonction psychique de leurs symptômes.

    A partir du cadre d'une consultation spécialisée de médecine, l'auteur traite des discours de souffrance et de la question des plaintes dites somatiques. Elle montre comment une brève rencontre peut être pour le patient ce moment propice pour une construction mythique individuelle qui rend possible son efficacité thérapeutique. L'instant de dire, dispositif de travail psychanalytique, crée au sein d'une médecine de plus en plus technique cette rupture et cette ouverture dans l'enchaînement des soins et des examens complémentaires.

    Praticien hospitalier à l'Hôpital Nord de Marseille et maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, Marie-José Del Volgo conduit parallèlement à son activité médicale des recherches et des pratiques cliniques dans le champ de la psychopathologie et de la psychanalyse. Après avoir soutenu une thèse de neurosciences en 1988, puis de psychopathologie en 1995 et une habilitation à diriger des recherches en 2000 à l'Université de Paris 7, elle dirige depuis 2001 des recherches et des thèses à l'interface de la médecine et de la psychanalyse.

  • Des psychanalystes formés par Dolto poursuivent, enrichissent, critiquent les voies ouvertes par cette grande dame de la psychanalyse qui ne s'est jamais reposée sur sa notoriété et qui, sans cesse dans sa pratique clinique, a poursuivi ses recherches théoriques à l'écoute de ses petits patients. Un ouvrage qui approfondit également, à travers une lecture critique, les principaux concepts de son enseignement. Claude Schauder, psychologue et psychanalyste, président de l'association Lire Dolto aujourd'hui , professeur associé à la faculté de psychologie (Strasbourg).

  • Ordinaire ou pathologique, l'ennui apparaît bien, dans les variations de ses manifestations, comme une réalité incontournable et universelle qui interroge le rapport de l'homme à son désir et à son acte. L'ennui n'est pas un concept mais une activité psychique intermédiaire plus complexe qu'il n'y paraît mais qui fait partie de la vie. Ce livre tente d'en rendre compte à partir d'une enquête auprès d'enfants et d'adolescents. Joël Clerget, psychanalyste à Lyon ; Marie-Pierre Clerget, chercheur en psychologie ; Christiane Durif-Varembont, professeur en collège ; Jean-Pierre Durif-Varembont, psychanalyste à Lyon, maître de conférences en psychologie (université Lyon 2).

  • Le sujet dont je veux spécifier ici l'approche me paraît ne se caractériser ni par sa plénitude, ni par son naturel, mais se définir comme une fonction précaire, issue de la prématurité du nourrisson humain, et comme telle, dépendante des premières transactions pulsionnelles avec la mère et des réponses de celle-ci. Cette condition du sujet sera réitérée, la vie durant, à travers diverses expériences d'interaction subjective sous la forme d'une certaine mise en passion ; et cela du fait de son surgissement entre jeu pulsionnel et jeu signifiant, avec la partialité foncière qu'il tient de cette condition même. Travailler comme psychanalyste à ce qu'un patient instaure de meilleures relations fonctionnelles entre les registres de sa psyché n'implique pas qu'on doive céder aux illusions unifiantes, globalisantes, simplificatrices, isolatrices, mais suppose qu'on ne cesse de prendre en compte cette hétérogénéité que s'efforce précisément de décrire la métapsychologie freudienne. Ainsi l'épreuve de l'altérité est-elle indispensable à l'affirmation d'une subjectivité - en direction du sexe, de la langue, des moyens qu'on n'a pas... N'est-ce pas à travers l'expérience de l'altérité vécue qu'on acquiert le maximum de chances d'intégrer les potentialités subjectives de solutions nouvelles ? La genèse de mon intérêt (ma passion) pour ce qui conditionne la subjectivité véritable, c'est-à-dire pulsionnelle, provient surtout des marges de ma pratique, celle notamment des troubles graves de la subjectivation à l'adolescence dont je rends compte ici. B. P. Bernard Penot est psychanalyste, membre titulaire de l'Institut de psychanalyse de Paris (SPP). Il est médecin directeur du CEREP Montsouris (Paris 14e).

  • L'approche psychanalytique des groupes (groupes de formation ou de psychothérapie), des familles et des institutions est une ouverture psychanalytique relativement récente, et encore peu connue tant elle semble s'opposer à l'intimité de la relation divan-fauteuil. Cet ouvrage offre un outil de compréhension des phénomènes de crises, de pathologies qui ne concernent pas seulement un individu mais aussi ses liens à son environnement (famille, groupes, institutions).

  • C'est un surprenant coup de force qu'opère la pensée de Freud en posant comme prototype du déni de réalité le refus par le petit garçon d'entériner sa perception de l'absence pénis chez la fille ! Nous en sommes toujours, un siècle plus tard, à prendre la mesure d'une telle implication du sexe dans le rapport subjectif à la réalité extérieure. La sexuation de l'être humain, avec la reconnaissance d'incomplétude qu'elle exige (le rapport au sexe qu'on n'a pas), ferait condition de l'aptitude à être sujet dans le monde. C'est sans doute en raison de l'énormité d'un tel enjeu existentiel que la conception par Freud du phénomène de déni (Verleugnung) fut exceptionnellement longue : il ne lui a pas fallu moins d'un quart de siècle pour poser fermement (en 1925) le déni de réalité dans sa différence foncière avec le refoulement, et inventorier la gamme de symptômes qu'il détermine - de l'étrangeté au délire en passant par le fétichisme. Contrairement au refoulement, en effet, le déni de réalité est suspension du jugement subjectif. Aussi sa genèse s'avère-t-elle régulièrement trans-individuelle et trans-générationnelle, débouchant dans la pratique psychanalytique sur cette donnée-clé d'une communauté de déni , telle qu'elle a pu entraver la naissance du sujet dans son milieu originaire, et telle qu'elle aura bien sûr à se transférer dans la cure - qu'il s'agisse d'une cure-type ou d'un travail à plusieurs en institution. La matière clinique qui nourrit cet ouvrage est celle des diverses maladies du rapport à la réalité : délires, pathologies de comportement, expériences limites ... Certains cas sont tirés de l'expérience du divan de l'auteur, d'autres de son travail psychanalytique à plusieurs en institution thérapeutique (hôpital de jour pour adolescents). Ancien interne des hôpitaux de Paris, membre titulaire de la Société Psychanalytique de Paris, Bernard Penot est aussi médecin-directeur du Cerep-Montsouris (Paris XIVème).

  • Freud aurait-il inventé la psychanalyse s'il n'avait pas été viennois ? Si l'on sait que Freud était plus intéressé par l'art du Quattrocento ou de l'Antiquité, sur lequel il s'est appuyé pour construire ses théories soit en le prenant comme modèle (OEdipe roi ou Hamlet) soit en l'utilisant comme support clinique (Léonard de Vinci, Signorelli), on peut pourtant être étonné qu'il ait royalement ignoré une bonne part des productions artistiques de son époque, qui pourtant traitent des mêmes impasses de la construction subjective, des mêmes expressions du désir, des mêmes questions fondamentalement humaines. L'analyse de ce paradoxe autorise une nouvelle façon de lire le rapport de la psychanalyse à l'art, le rapport du sujet à son temps, les impasses de la subjectivité face à la culture et éclaire bien des avatars de notre modernité. Alain Didier-Weill, psychiatre, psychanalyste(Paris)

  • Cet ouvrage vient poser la question de l'écriture autobiographique, de l'écriture de soi dans son rapport au narcissisme, dans ce qu'il recouvre de faille justement dans l'amour de soi. Les termes du problème sont posés au regard de la psychanalyse, mais aussi de l'histoire, de la littérature, et de la clinique, qui vient reprendre la question de l'enjeu de construction et de destruction du sujet quand il se prête à une écriture autobiographique, notamment à l'adolescence dans son journal intime.

  • Le sujet est accordé a son monde, tout comme son monde est accordé à lui. Cet accord se signifie a lui, sans qu'il en soit pleinement conscient, comme la source de ce plaisir apaisant et apaisé qu'il trouve précieux dans sa vérité d'evidence.

    L'angoisse va venir rompre ce familier. Elle va battre en brèche l'unité logique de cet univers. Une crise peut en effet surgir, les coordonnées du paysage se brouiller, la pente devenir traitresse, l'appui du pied se dérober, le ravin se révéler abîme et un invisible nous y attirer... Le phobique, angoissé d'un genre particulier, va inventer sa parade. Il va donner un contour (le vide, l'espace, les animaux...) à la peur qui le saisit, car l'angoisse est une peur sans contour.

    Cet essai étudie le parcours de la phobie, souffrance énigmatique, depuis sa découverte psychiatrique par Westphall (1872) jusqu'à sa reinterprétation par Freud et les psychanalystes d'aujourd'hui. Confrontée à la psychanalyse comme à l'art, la phobie éclaire en retour les mécanismes fondamentaux du psychisme. Faisant appel aux paroles mêmes de sujets phobiques, cet ouvrage illustre cliniquement les voies de la guérison de cette peur le la peur.

  • La clinique des psychoses pose avec acuité les limites de la validité de la cure analytique et du concept même de transfert. Le réel mis en jeu dans le délire se montre dans une langue qui est encore à constituer. L'histoire est à construire là où les mots ont manqué, là où l'absence a pris la place du souvenir. Catherine Kolko tente de préciser la nature de cette langue indéchiffrable. Par le récit de ces absents que furent Noémie, Aurore, Elise et Blanche, petit prince sans mots et sans regard, l'auteur interroge les modalités du transfert et identifie une position spécifique de l'analyste, qu'elle nomme position de témoin. Ce positionnement particulier fait ouverture d'un espace, pour inscrire une fiction, là où le sujet était resté figé dans la sidération, face à cette émergence du réel qu'est le trauma. La cure analytique aurait là pour fonction de construire un texte qui rende lisible ce qui est agi, montré dans le délire. Catherine Kolko essaie de redonner toute sa vigueur au concept de construction ébauché tardivement dans l'oeuvre de Freud. Dans le cheminement de ces questions, seront évoquées d'autres constructions, fictions littéraires et cinématographiques, qui sont une autre façon d'inscrire ces figures de l'impensé et de produire un acte de création, laissant parler le langage dans son origine. Catherine Kolko est psychanalyste, ex-membre de l'Ecole freudienne de Paris.

  • La constance d'objets culturels dans l'organisation des phobies d'animau ouvre d'emblée la problématique a la fois du côté des contes, des représentations plastiques et graphiques populaires et du côté de la ressource "animalière de l'interprétation analytique. L'auteur, à partir de sa double expérience de psychothérapeute et d'enseignante, rend compte des potentialités organisatrices des conflits que contient la figure animale dans le psychisme de l'enfant.

    Elle accorde une importance toute particulière aux relations mythe-fantasmes originaires ainsi qu'a la transmission du conte. L'ouvrage se concentre sur les modalités de l'aire maternelle et les fonctions de l'angoisse orale. S'ancrent alors de nouvelles perspectives sur les angoisses phobiques et sur le recours aux formes animales à la fois comme contenus des phobies mais aussi comme offrant une extraordinaire lisibilité imaginaire au fonctionnement de l'angoisse. Les avancées qui sont ici produites sur les défaillances narcissiques sont étayées sur la théorie psychanalytique et sur la clinique psychologique et psychothérapique.

  • La réflexion de François Marty porte sur les formes de psychosesà l'adolescence où se disent certains aspects de la problématique familiale. Partant de l'analyse du mémoire de Pierre Rivière - adolescent du siècle dernier ayant égorgé sa mère, sa soeur, et son frère -que l'auteur considère comme le témoignage d'une expérience intérieure de la psychose à l'adolescence, il met en évidence les nombreux liens qui peuvent exister entre symptômes d'enfants et problématique parentale et les impasses pubertaires où se tient un adolescent qui vit dans le champ clos de |'enfermement psychotique. Sont ainsi analysés les processus sous-jacents qui organisent le repli psychotique pubertaire et le renfermement de l'espace individuel et familial, qui peuvent pousser l'adolescent au passage à l'acte meurtrier ou suicidaire.

    L'auteur insiste sur la capacité transformationnelle propre à l'adolescence. S'appuyant sur des exemples cliniques, il montre que la rupture avec la réalité n'est vraisemblablement jamais totale, et que le thérapeute peut utiliser ces éléments positifs de la psychose à l'adolescence pour faire avec les patients psychotiques et leur famille un bout de voyage au coeur de leur nuit.

  • Dans la suite de son ouvrage L'animal d'angoisse, l'auteur propose une réflexion sur la part qu'occupent les monstres dans l'imaginaire des adolescents et préadolescents modernes. Si elle prend appui sur la clinique des cas difficiles (conflit psychotique, place de l'objet fétiche et séduction parentale), elle montre combien, dans notre société, la part de l'horreur, que met en évidence l'engouement pour les films d'horreur, ou pour les figurines de monstres (pokémon) vient protéger l'enfant d'une situation où le sentiment d'existence est fortement mis à l'épreuve.

  • Les auteurs soutiennent l'idée que la psychanalyse ne peut se réduire à une technique uniforme. Ses principes théoriques montrent leur fécondité en inspirant diverses méthodes de travail. Les observations recueillies par les différentes sciences naturelles ou humaines, mais aussi dans la clinique, posent à la psychanalyse des questions qu'il lui appartient de réélaborer. C'est ce que proposent les auteurs de cet ouvrage en s'interrogeant sur la quête de l'enfant dans les psychothérapies.

  • « Actualités d'un malaise nous parvient dans sa forme inachevée, posthume, avec tout l'empressement d'un dernier message, d'un dernier témoignage. Ce texte exprime le souci que Jacques Hassoun portait en lui déjà depuis longtemps et qui, les années passant, ne faisait que grandir. Ainsi à l'origine de son oeuvre est le souci politique, le lien entre le mal-être individuel et la Cité, la polis, c'est-à-dire la pluralité, la multitude qui cherche à déterminer une vie ensemble.

    Le parcours critique de Jacques Hassoun se termine avec cet essai sur le malaise actuel et la responsabilité du psychanalyste en tant que citoyen. Le discours psychanalytique ne saurait s'abstraire de la culture, c'est-à-dire du politique qui aujourd'hui recèle, en tant qu'élément innommable, une part du religieux. Ces pages appellent à une autre conception du rôle du psychanalyste. Tout comme Freud se désignait comme "juif infidèle", Jacques Hassoun espérait qu'au-delà des associations psychanalytiques, au-delà des conflits de chapelles institutionnels, des transferts et des croyances dans la force thaumaturge qui ferait Un, puissent naître des "psychanalystes infidèles". »
    Geog Garner

    Ainsi conçu non comme un point d'orgue qui mettrait un point final à un oeuvre mais comme une ouverture qui engage à poursuivre le travail, cet ouvrage pousse les analystes, à l'écoute d'une parole à l'articulation même de l'inconscient et du social, dans les retranchements mêmes de la cure. Entre la politique et l'éthique, l'auteur nous montre comment dans la langue même, ils sont amenés à prendre la mesure du malaise de notre société et à rester vigilants face à toute entreprise de désubjectivisation politiquement organisée.

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