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  • Ce livre tente de montrer que l'éthique psychanalytique ne se réduit pas à une déontologie nécessaire au praticien, mais qu'elle peut aider chacun à répondre à quelques questions vitales. Une des questions essentielles de la psychanalyse aujourd'hui concerne l'éthique. Il ne s'agit pas, bien sûr, de prétendre proposer des valeurs idéologiques au sujet contemporain dont on connaît le désarroi. L'auteur montre de quelle façon la psychanalyse, qui a démontré les déterminations inconscientes du sujet humain, le met cependant, pour finir, devant ses responsabilités. De la différenciation homme-femme à la critique du point de vue utilitariste, Roland Chemama reprend les questions cliniques ordinairement abordées par les psychanalystes à partir du choix éthique qui demeure celui du sujet. Roland Chemama est psychanalyste à Paris, membre de l'Association lacanienne internationale. Mise en vente le 23 août 2012

  • Comment les auteurs, psychanalystes, soutiennent-ils leur pratique concrète avec ces patients - enfants aussi bien qu'adultes - pour lesquels Melman avait introduit le terme de nouvelle économie psychique ? Sans doute la clinique contemporaine impose à l'analyste de « savoir y faire ». Non pas de « savoir faire », au sens où elle demanderait un savoir technique descriptible. Mais de se mettre dans la position éthique d'accepter que les réalités cliniques nouvelles puissent le déranger, d'accepter d'inventer sans trop bien savoir ce qu'il invente. À cette seule condition, il pourra « faire avec » : faire avec ce qui, quotidiennement, vient interroger son désir, et sa responsabilité. À partir de leurs assises théoriques et de leur pratique clinique, les auteurs contribuent, chacun, à élaborer l'éthique qui leur permet de se constituer un lieu d'adresse pour ces sujets en mal de parole.

  • Si les positions sexuées sont liées à la structure de la parole et du langage, leurs assises sont éminemment précaires, ce que révèle la clinique contemporaine des enfants, des adolescents et des adultes. L'auteur s'attache à analyser les enjeux des positions sexuées et de leurs intrications. En s'appuyant sur le schéma de la sexuation de Lacan, il tente de décoder les manifestations symptomatiques du monde actuel qui relèvent des difficultés à faire valoir les différences sexuées et à reconnaître l'altérité comme fondement de la subjectivité de chacun : l'altérité entre les êtres qui, quand elle est bafouée, resurgit dans des débordements racistes, et l'altérité à l'égard de soi-même quand l'enjeu de nos actes, corrélé au refoulement originaire qui fait de nous des êtres de parole, nous échappe.

  • À travers une série d'entretiens, Michèle Gastambide, psychanalyste particulièrement intéressée par la tragédie grecque, et Jean-Pierre Lebrun, qui poursuit son questionnement sur les effets des mutations de la société sur les sujets, engagent à lire L'Orestie d'Eschyle pour y trouver de quoi faire face à la clinique actuelle. Le triangle oedipien classique ne semble plus rendre compte des situations cliniques et sociales qu'on rencontre aujourd'hui : un duo mère-enfant assorti d'un père estompé, voire effacé par le maternel. Plutôt qu'OEdipe, ce serait alors Oreste qui pourrait nous orienter dans l'approche de cette clinique : ce dernier est amené à tuer sa mère pour venger son père qu'elle avait assassiné. La façon dont Eschyle fait le récit de sa trajectoire nous apporte de quoi réfléchir. À vingt-cinq siècles de distance, l'actualité de notre social n'est pas sans résonner avec ce moment d'émergence de la démocratie, où se met en place le règne de la parole en même temps que la prise en compte de sa faille.

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