La découverte

  • Au temps des Vikings nous plonge au sein d'une civilisation fascinante, loin des clichés virils et barbares dont on l'a longtemps affublée : on découvre ici d'habiles navigateurs que le sens du commerce a menés plus loin que tout autre. Fort des plus récentes découvertes archéologiques, l'ouvrage d'Anders Winroth se lit comme une saga, rénovée et au plaisir de lecture intact.
    Le temps des Vikings, de 800 à 1100, c'est ce moment de l'histoire du Moyen Âge où de farouches guerriers venus du Nord sèment la terreur dans de nombreuses villes européennes accessibles par mer ou voie fluviale. Ils pillent, s'emparent des trésors des églises et des monastères, enlèvent des habitants qu'ils échangent contre une rançon ou vendent comme esclaves.
    /> On ignore néanmoins souvent que ces marchands exceptionnels ont ouvert de nouvelles voies commerciales entre le Nord, le califat arabe et l'Empire byzantin. Ils se sont installés en Russie, dans les îles Britanniques, en Irlande, en Islande et au Groenland. Ils ont développé une poésie d'un raffinement inégalé, mettant en scène les prouesses des guerriers et les aventures des dieux de leur panthéon. Mais les Vikings ne constituaient pas un peuple. Contrairement à ce que des conceptions raciales ont prétendu, il n'était pas nécessaire qu'un sang scandinave coulât dans les veines du guerrier pour qu'il soit reconnu comme un Viking.
    L'auteur met à profit les plus récentes découvertes archéologiques ainsi que les récits des ambassadeurs arabes pour raconter le monde quotidien des paysans comme des seigneurs de guerre et des rois un monde où la magie et les fantômes ont toute leur place.
    Loin des barbares sanguinaires ordinairement décrits, les Vikings ont ainsi été des acteurs de premier plan au Moyen Âge, avant de disparaître avec l'évangélisation de la Scandinavie et la création des trois royaumes de Norvège, de Suède et du Danemark.

  • Après la révolution de 1917, le nouveau pouvoir soviétique s'engagea résolument dans la destruction de l'ancien monde et dans la construction du socialisme. Dans le même temps, il construisit à Moscou sa propre maison, sur le site d'un ancien marécage, près de la Moskova. Cet ensemble de 505 appartements équipés, modèle d'" organisation communiste de la vie quotidienne ", offrait aux hauts représentants du pouvoir bolchevique ainsi qu'à leur famille tous les services : une banque, une bibliothèque, un réfectoire, un théâtre, un bureau de poste, un court de tennis, etc.
    Ce livre est l'histoire de cette " maison éternelle ", et de tous ceux, hommes, femmes et enfants, qui y ont vécu. Cette grande saga familiale raconte la conversion au bolchevisme des socialistes de la première génération, elle relate l'exécution ou l'emprisonnement de 800 d'entre eux pour trahison pendant les Grandes Purges des années 1937-1938, et s'achève par la foi perdue de leurs enfants, et la fin de l'Union soviétique.
    Élaboré à partir de sources largement inédites, de lettres, journaux intimes, mémoires et de centaines de photographies,
    La Maison éternelle est une épopée qui raconte l'histoire de la révolution russe comme personne ne l'avait fait auparavant. Un texte-fleuve dans la grande tradition de L. Tolstoï, A. Soljenitsyne ou V. Grossman, mais aussi un immense livre d'histoire qui éclaire d'un jour nouveau les rapports complexes entre bolchevisme et millénarisme.

  • Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, le Caribéen CLR James (1901-1989) a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux États-Unis. C'est l'itinéraire exceptionnel de ce révolutionnaire iconoclaste que M. Renault nous donne à découvrir dans cette biographie intellectuelle, entre révolution et luttes anticoloniales-antiracistes.
    Qui, en France, connaît C. L. R. James ? Né en 1901 à Trinidad, alors colonie de la Couronne britannique, et mort à Londres en 1989, celui que leTimes dénomma à la fin de sa vie le " Platon noir de notre génération " est pourtant une figure intellectuelle et politique majeure d'un siècle qu'il aura traversé presque de part en part.
    Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, James a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps en Afrique et dans la Caraïbe et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux États-Unis.
    Fervent partisan de Trotski avant de rompre avec l'héritage de ce dernier pour défendre la thèse de l'auto-émancipation des masses ouvrières-populaires, James eut un destin étroitement imbriqué dans celui du marxisme au XXe siècle. Pour ce " marxiste noir ", révolution socialiste et luttes anticoloniales-antiracistes étaient intimement enchevêtrées : elles s'inscrivaient dans l'horizon d'une " révolution mondiale " dont la source et le centre ne pouvaient plus être la seule Europe. C'est à celle-ci que James s'est voué corps et âme pendant plus de cinq décennies, débattant et collaborant avec ses contemporains aux quatre coins du monde.
    Dans une conjoncture où la gauche radicale éprouve de grandes difficultés à renouveler ses stratégies face aux revendications des minorités non blanches et où la critique de l'eurocentrisme bat de l'aile, méditer la vie et l'oeuvre de James pourrait se révéler essentiel dans la tâche de construction d'une pensée de l'émancipation qui soit, enfin, à la mesure du monde.

  • Les ouvrières de l'après-68 n'ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni soumises. Et, de fait, grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société. Fanny Gallot a recueilli les témoignages précis des femmes engagées dans cette lente et profonde révolution. Des histoires surprenantes et émouvantes, en particulier celles des ouvrières de Chantelle et Moulinex dont les luttes ont marqué l'actualité.
    Alors que depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène avec des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de faire " sauter l'usine ", etc.), le rôle joué par les femmes a été passé sous silence. À la différence des hommes, elles ont souvent effectué leur carrière entière dans la même usine et subissent de plein fouet l'épreuve des restructurations ou de la liquidation pure et simple.
    Qui sont ces femmes décidées à " en découdre " ? Ayant commencé à travailler après 1968, elles n'ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni résignées. Grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société. Elles ont obtenu d'être reconnues comme des salariée à part entière, et non pas comme des subalternes devant se contenter d'un salaire d'appoint. Elles ont mis en cause le pouvoir des petits chefs disposant d'un quasi-droit de cuissage. Elles ont donné sa dignité au travail en usine jusqu'alors considéré comme dégradant pour une femme. Elles ont changé le fonctionnement syndical en refusant de tout déléguer aux hommes. Les syndicats ont été obligés de prendre en charge des questions comme la contraception, l'avortement ou le partage des tâches familiales.
    Fanny Gallot s'est appuyée, entre autres, sur les témoignages précis des femmes engagées dans cette lente et profonde révolution. Elle raconte leurs histoires surprenantes et émouvantes, comme celles des ouvrières de Chantelle et Moulinex dont les luttes ont marqué l'actualité.

  • Quels rapports les hommes du Moyen Âge entretenaient-ils avec la nature ? Loin du cliché d'un Moyen Âge immobile et livré aux calamités naturelles, cet ouvrage riche en apports archéologiques atteste qu'il s'agit d'un thème central des réflexions, traversant les siècles et les évolutions de la période. Couvrant le millénaire de l'ère médiévale, l'auteur s'attache particulièrement au temps des cathédrales et aux premières émergences de préoccupation environnementale.
    Pour qui s'intéresse à la société médiévale, la question écologique peut sembler secondaire au regard du rapport à Dieu, des formes de domination ou de l'organisation politique. Les sciences paléo-environnementales, l'archéologie moderne et les textes de l'époque suggèrent pourtant que leurs rapports à la nature sont bien l'une des grandes questions que se posent les hommes du Moyen Âge.
    Remettant en cause le cliché d'une période de stagnation, livrée aux calamités naturelles, l'auteur montre que ces rapports n'ont cessé d'évoluer. L'évêque mérovingien, le serf d'un domaine carolingien, l'hôte d'un village neuf du XIIe siècle, le théologien du XIIIe siècle, ou le maître de forge du XVe siècle ne partagent ni la même vision ni les mêmes attentes vis-à-vis de la nature. Après l'an mille cependant, la croissance démographique, l'amélioration des moyens techniques et la redécouverte de la science grecque ont peu à peu fait basculer l'Occident dans un nouveau paradigme. La maîtrise du monde sensible devient un but collectif légitime et réalisable. La nature est alors fortement mise à contribution. Ainsi, si l'ouvrage couvre le millénaire médiéval, le coeur de l'enquête reste le grand développement des XIe, XIIe et XIIIe siècles, moment crucial de l'" invention de la nature ", gardienne de la Création et de ses lois, et d'une prise de conscience écologique qui n'en a pas encore le nom.

  • Sur le territoire de l'ancien grand-duché de Lituanie, les Litvaks ont fortement imprégné le judaïsme dans son ensemble grâce à leurs talents et à leur humanisme, bien au-delà de ses limites " naturelles "
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)
    Au coeur du vaste yiddishland, en Litvakie - sur le territoire de l'ancien grand-duché de Lituanie -, s'est développée durant des siècles une civilisation originale, dont se réclamaient plus d'un million et demi de Juifs avant la Seconde Guerre mondiale. Baltes, Polonais et Biélorusses, ces Litvaks ou " Juifs lituaniens " affirmaient leur spécificité dans un univers à la fois ouvert sur le monde et intimement attaché aux traditions. Religieux ou laïques, très souvent engagés sur les plans culturels, linguistique et politique, ils ont compté d'éminentes personnalités, dont certaines ont acquis une stature internationale : Marc Chagall, Sergueï Eisenstein, Emmanuel Levinas, Jacques Lipschitz, Golda Meir, Chaïm Soutine, etc.
    Dans ce livre, les auteurs retracent l'histoire méconnue de cette civilisation : ils montrent comment, à Vilnius, Minsk, Bialystok ou dans les shtetleh, sous l'influence du Gaon de Vilna, les Litvaks ont fortement imprégné le judaïsme dans son ensemble grâce à leurs talents et à leur humanisme. La Litvakie a alors débordé bien au-delà de ses limites " naturelles ". Quelques dizaines de milliers de Litvaks ont survécu aux souffrances et à l'horreur de la Shoah. Mais plus d'un million d'entre eux avaient quitté le " vieux pays " pour perpétuer, sur les cinq continents, une certaine manière de vivre, une éthique exigeante qui les rendait à la fois semblables et différents des autres Juifs.
    L'originalité de cet ouvrage qui rappelle le destin des Litvaks est d'éclairer la richesse de leur civilisation et de leur héritage, bien vivant, de New York à Melbourne, de Paris au Cap via Tel Aviv.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

  • Pourquoi notre pays a-t-il plongé dans ce maelström régressif, animé par une pensée néo-réactionnaire et décliniste, suscitant la peur devant l'Étranger, l'immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l'Europe et la " mondialisation " ? Comment éclairer la montée en puissance inexorable du FN, le nationalisme, la passion de l'entre-soi et de la communauté ethnique ? Après La Fracture coloniale (2005) et Ruptures postcoloniales (2010), un nouveau point d'étape informé et offensif.
    En 2005, les auteurs de cet ouvrage publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans plus tard, l'espoir d'une évolution positive s'est effondré. D'où la nécessité de faire le bilan des crises identitaires et sociales qui traversent la France, pour sortir des impasses du présent. Pourquoi ce pays a-t-il plongé dans un maelström régressif, animé par une pensée néoréactionnaire se délectant du déclinisme, suscitant la peur devant l'étranger, l'immigré ou le réfugié, déversant ses imprécations contre l'Europe et la " mondialisation " ? Comment expliquer l'inexorable progression du Front national qui ravive sentiments nationalistes et passion de l'entre-soi ?
    Aucune leçon n'a été véritablement tirée des événements de 2005. De la faillite de notre modèle d'intégration aux atermoiements de la politique de la Ville, de l'ethnicisation des territoires aux désastres de la lutte contre les discriminations, de l'enkystement du chômage dans les quartiers et les outremers à la fragilisation des classes moyennes, des thèses délirantes sur le " grand remplacement " à la haine de l'islam, des crispations communautaires au ressac de l'antisémitisme, de notre impossibilité d'affronter le passé colonial aux expéditions aventureuses dans nos anciennes colonies, cet ouvrage, réunissant les meilleurs spécialistes sur ces questions, entend dresser le bilan des crises et crispations qui obscurcissent l'horizon. Autant d'analyses qui questionnent le repli identitaire pour lutter contre les obscurantismes de tout bord.

  • Réduction du temps de travail, décentralisation et démocratie locale, émancipation des femmes, alternatives au nucléaire militaire et civil, solidarité le Sud et l'Europe de l'Est, égalité des droits pour les immigrés, importance du lien structurel entre crises de l'environnement et du capitalisme etc. : sur tous ces thèmes, on découvrira à quel point, sur trente ans (1960-1989), le PSU a joué un rôle précurseur et visionnaire. Une source inspiration intacte et vivace pour construire l'avenir.
    Fondé en 1960 pour lutter contre la guerre d'Algérie, le Parti socialiste unifié (PSU) s'est rapidement donné les moyens politiques d'une stratégie authentiquement socialiste que ni le Parti communiste ni la SFIO ne proposaient. C'est l'histoire méconnue de cette organisation visionnaire que Bernard Ravenel - qui en fut membre jusqu'à sa dissolution en 1989 - retrace dans ce livre, avec passion et rigueur. Il y montre comment un parti, par l'action et la réflexion, a pu interpeller la société à contre-courant, sur nombre d'enjeux cruciaux toujours actuels.
    Seul parti à soutenir pleinement le mouvement de Mai 68 et ses aspirations antiautoritaires, le PSU a tenté d'en tirer les leçons pour construire un projet de société mariant socialisme et liberté. À partir des mobilisations sociales et de débats souvent intenses, il a avancé des propositions que la gauche historique a longtemps refusé de prendre en compte. Réduction massive du temps de travail, décentralisation et démocratie locale, émancipation des femmes, alternatives au nucléaire militaire et civil, solidarité avec les peuples du Sud et d'Europe de l'Est, égalité des droits pour les immigrés, préservation de l'environnement : sur tous ces thèmes, on découvrira avec surprise à quel point le PSU a joué un rôle précurseur de " lanceur d'alerte ".
    Loin d'être un accident de l'histoire, le PSU, du fait aussi de sa composition plurielle où se côtoyaient intellectuels, cadres, ouvriers, paysans et étudiants, chrétiens et athées, réformistes et révolutionnaires, a pu anticiper des problèmes qui restent irrésolus. Une lecture salutaire pour tous ceux qui entendent aujourd'hui participer à la construction de l'avenir.

  • Moins connu que le Fatah ou le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique palestinien (MJIP) est un acteur central depuis les années 1970. Grâce à leur connaissance intime de la région, les auteurs ont mené une vaste enquête de terrain et recueilli de nombreux témoignages inédits. Ils racontent ainsi une histoire souterraine du mouvement national palestinien, où les cadres habituels s'effacent au profit d'une lecture originale des relations entre gauche révolutionnaire et islam politique.
    Moins connu que le Fatah ou le Hamas, le Mouvement du Jihad islamique palestinien (MJIP) est un acteur central de la scène politique palestinienne. Retraçant l'histoire du mouvement depuis les années 1970, les auteurs montrent comment une poignée de jeunes intellectuels ont mobilisé des référents à première vue incompatibles, le nationalisme et l'islamisme, pour les mettre au service de la cause palestinienne. Ce faisant, ils racontent une histoire souterraine du mouvement national palestinien, où les cadres habituels, qui opposent trop souvent les chiites aux sunnites et les laïcs aux islamistes, s'effacent au profit d'une lecture originale des relations entre la gauche révolutionnaire et l'islam politique.
    La trajectoire de cet " islamisme paradoxal " offre de nouvelles perspectives sur le monde arabe et musulman. Car l'histoire du MJIP est aussi celle d'un réseau transnational qui relie les Territoires palestiniens, l'Égypte, la Syrie, l'Irak, le Liban, etc. Ces nouveaux éclairages nous plongent au coeur des plus récents événements qui secouent la région : les opérations militaires à Gaza et au Liban, les affrontements entre le Hamas et le Fatah, les tensions entre l'Iran et les pays du Golfe, les divisions autour de la crise en Syrie...
    Grâce à leur connaissance intime de la région, les auteurs ont mené une vaste enquête de terrain leur permettant de recueillir de nombreux témoignages inédits. Et d'offrir un autre regard sur la Palestine et le Proche-Orient.

  • Issu d'une enquête de terrain menée pendant deux ans en Seine-Saint-Denis, cet ouvrage donne la parole à des migrants récemment arrivés et à des familles immigrées de longue date. En se racontant, hommes et femmes, jeunes et parents sortent collectivement du silence. Ils relatent le " travail de l'exil ", d'épreuve en épreuve, livrent leurs réflexions et leurs ressentis, font part de leurs questionnements et incertitudes.
    Issu d'une enquête de terrain de deux ans en Seine-Saint-Denis, cet ouvrage donne la parole à des migrants récemment arrivés et à des familles immigrées de longue date. En se racontant, hommes et femmes, jeunes et parents sortent collectivement du silence. Ils relatent le " travail de l'exil ", d'épreuve en épreuve, et questionnent les métissages socioculturels, d'une génération à l'autre, dans les quartiers populaires. Au coeur de leurs vies, les " trous de mémoire " des familles et les " blancs " de l'histoire des migrations se conjuguent aux non-dits actuels de la société française et de son modèle d'intégration. Parmi ces personnes, nombreuses sont celles qui vivent une triple rupture : avec leur passé (quand il ne leur est pas transmis), avec leur langue et leur culture d'origine (quand celles-ci sont censées disparaître) et avec la réussite sociale en France (quand elles se sentent mises au ban). La plupart ont connu différentes formes de précarité et parfois de violence, liées aux histoires personnelles, mais aussi aux problèmes de séjour, aux dominations de classe, de race et de genre. Ces parcours montrent, en effet loupe, les tensions sociales, les souffrances de l'exil, les impasses du métissage quand prévalent l'aveuglement, le mutisme et les relégations.

  • Au-delà des clichés, Hamit Bozarslan propose une précieuse mise en perspective historique de la violence au Moyen-Orient.
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.
    Dans les médias occidentaux, les images du Moyen-Orient se limitent souvent à celles des violences et des guerres qui déchirent cette région depuis de longues années, en particulier depuis le 11 septembre 2001.
    Au-delà de ces représentations et des clichés, Hamit Bozarslan propose une précieuse mise en perspective historique de ce phénomène. Il montre le rôle des enjeux économiques et sociaux à l'origine de cette violence qui projette des générations successives tantôt dans le culte de la lutte armée tantôt dans une fuite en avant autosacrificielle et eschatologique. Sans négliger les dynamiques conflictuelles de longue durée, il répertorie les lieux et les moments où apparaissent de nouveaux discours qui légitiment le recours aux armes : le nationalisme arabe durant les années 1920-1940, le " marxisme-léninisme " des décennies 1950-1970 ou encore l'islamisme d'un passé récent.
    L'auteur accorde une attention particulière à la dissolution de l'Empire ottoman, aux " grandes révoltes " irakienne, syrienne, palestinienne et égyptienne, aux régimes révolutionnaires arabes des années 1950-1970. Après avoir analysé la radicalisation des contestations islamistes algérienne et égyptienne des années 1990, en rapport avec des pratiques coercitives des États, l'auteur propose une nouvelle lecture d'Al-Qaïda et montre les limites des approches sécuritaires de la violence dans le contexte des années 2000.
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.

  • Qu'est ce qu'un ami ? Comment dure une amitié ? Pourquoi X ou Y sont-ils mes amis ? Sont-ils à la hauteur de l'idée que je me fais de l'amitié ? Est-il vrai que " qui se ressemble s'assemble " ? Les amis sont-ils " utiles " ? Tel est le type de question que Claire Bidart tente d'élucider à partir d'enquêtes dans une vaste gamme de contextes sociaux, et d'entretiens passionnants et souvent passionnés.
    Qu'est ce qu'un ami ? Comment dure une amitié ? Pourquoi X ou Y sont-ils mes amis ? Sont-ils à la hauteur de l'idée que je me fais de l'amitié ? Est-il vrai que " qui se ressemble s'assemble " ? Les amis sont-ils " utiles " ? Tel est le type de question que Claire Bidart tente d'élucider à partir d'enquêtes dans une vaste gamme de contextes sociaux, et d'entretiens passionnants et souvent passionnés. Attentive à l'influence de l'origine sociale, du milieu professionnel ou du milieu résidentiel, l'auteur ne constate pas pour autant une emprise totale de ces facteurs sur les pratiques amicales. Celles-ci engagent toute l'histoire des individus, avec des cycles - d'où l'importance de l'âge - ses drames et ses crises. L'amitié des cadres n'est pas celle des ouvriers, celle des jeunes n'est pas celle des adultes établis. Mais dans chaque cas, il importe de comprendre comment le lien amical émerge de la sociabilité globale, comment les liens entre amis, parents, copains, collègues et simples connaissances s'articulent et se différencient, comment les affinités électives se dégagent d'un réseau personnel plus ou moins riche et complexe. En confrontant l'analyse de ce réseaux et les représentations des acteurs, l'enquête de Claire Bidart montre comment l'amitié, tout en répercutant certaines régularités sociales, se distingue comme un lien " à part ", une espèce d'utopie intime qui nous permet de jouer sur diverses facettes de nos appartenances.
    La première édition de ce livre est parue aux Éditions La Découverte en 1997.

  • Cet ouvrage propose une histoire de la philosophie morale et politique ambitieuse et originale. De Platon à John Rawls, en passant par Machiavel, Adam Smith ou Rousseau, de Montesquieu à Max Weber, une quarantaine de spécialistes montrent comment les interrogations se déplacent et les hypothèses se reformulent, mettant au jour les ruptures et les continuités. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2001.)
    Être heureux, seuls ou ensemble : individus ou communautés peuvent-ils s'assigner un autre objectif ? Comment penser cet " être ensemble " ? Au coeur de cette interrogation s'en dissimule une autre, âprement discutée depuis vingt-cinq siècles : est-il d'autre fondement possible au politique et à la morale que l'intérêt ? Mais l'intérêt, à son tour, consiste-t-il en autre chose que la poursuite du bonheur, du plaisir et de l'utilité ? De quels instruments intellectuels la pensée politique disposent-elles pour penser cette articulation ? C'est à partir de ces questions que s'organise cet ouvrage, proposant une histoire de la philosophie morale et politique ambitieuse et originale. Une quarantaine de spécialistes français et étrangers, parmi les plus reconnus dans leur domaine, y présentent de manière accessible le résultat de leurs travaux. De Platon à John Rawls, en passant par Machiavel, Adam Smith ou Rousseau, de Montesquieu à Max Weber, ils montrent comment les interroga-tions se déplacent et les hypothèses se reformulent, mettant au jour les ruptures et les continuités. Cette histoire " raisonnée " de la philosophie morale et politique, sans méconnaître les clivages irréductibles, choisit de montrer qu'entre les doctrines parfois les plus opposées peut surgir un dialogue et que des points de rencontre et de débats inattendus peuvent alors se créer. Destiné à un public d'étudiants et d'enseignants, mais aussi au plus grand nombre, ce livre, qui est à la fois un outil d'initiation et l'exposé des recherches les plus récentes, constitue un ouvrage de référence sans équivalent.

  • Philosophes, historiens, sociologues, psychanalystes, anthropologues et archéologues, de plusieurs pays, examinent les différents aspects de la relation de l'homme à son passé et les enjeux contemporains de l'archéologie. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)
    Quels sont les apports de l'archéologie aux interrogations les plus récentes sur la trajectoire de l'humanité, son évolution biologique et cognitive, ses relations à l'environnement, l'histoire de ses techniques de production comme de destruction ? L'archéologie offre-t-elle des outils pour renouveler l'approche des notions de communauté et de territoire ? Peut-elle éclairer la réflexion sur les catégories de peuple et de nation ? Permet-elle de mieux appréhender les passions nationalistes et les intégrismes ? Quelle peut être la contribution de la connaissance des sociétés anciennes à la vie dans la Cité ? Comment se nouent les liens entre l'archéologie et les autres disciplines ? (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008.)

  • Partir de la propre parole des patrons sur leur vie quotidienne : l'enjeu de cet ouvrage collectif, dirigé par Michel Offerlé, est de présenter une synthèse vivante et informée sur les patrons en France. Le monde patronal, ou plutôt les mondes patronaux, sont plus souvent évoqués voire caricaturés que véritablement étudiés. Cet ouvrage fournit une documentation riche, dense et accessible, aussi bien quantitative que qualitative, sur les métiers de patron.
    " Chef d'entreprise vous ne pouvez pas expliquer ce que vous faites, parce que c'est un monde à part "
    " Créer quelque chose, créer une entreprise, c'est déjà lutter contre la peur "
    " Les hommes politiques n'ont pas l'ombre d'une idée de savoir comment une société conduit sa stratégie "
    " C'est vrai qu'on ne peut pas se comparer aux gens de là-haut, les parachutes, les machins, les trucs "
    " L'idée, c'est pas d'être millionnaire, c'est de se faire plaisir et de faire tourner une boîte et qu'on s'en tire et qu'on en vive agréablement "
    " J'ai une certaine satisfaction, enfin c'est un peu idiot mais je fais vivre treize personnes "
    " Je veux gagner de l'argent ! Moi j'ai pas le temps. Je suis comme ça ! Je suis un homme pressé, très pressé ! "
    Qu'ils soient grands, très grands, petits ou moyens, qu'ils travaillent dans le bâtiment, l'industrie, le commerce ou les services, les patrons sont au centre de cet ouvrage, produit d'une enquête collective menée par des chercheurs confirmés et par de jeunes sociologues, sur ce métier beaucoup plus fantasmé, vilipendé ou héroïsé que véritablement connu.
    À partir de trente-six entretiens largement reproduits et commentés, il s'agit de comprendre qui sont les patrons en France, quelle place ils occupent dans la société française, quelle vision ils en ont. Il s'agit de réfléchir sur les différences qui traversent les mondes patronaux et sur ce qui les unit puisque, spontanément, la catégorie " patrons " et " patronat " fait sens - même si ce sens est ambigu.
    Ce livre est le premier portrait de groupe précis et coloré qui permet, au travers de ces multiples histoires de vie, de comprendre de manière vivante et approfondie qui sont les patrons en France.

  • De la Grèce ancienne à ses multiples interventions dans les affaires de son temps, c'est toujours en tant qu'historien que PVN aura agi et pensé : une réflexion profonde sur le sens de l'histoire et de la mémoire, par François Hartog.
    Historien, historien public, " historien en personne ", tel a été et s'est voulu Pierre Vidal-Naquet (1930-2006). Qu'il s'agisse de ses recherches sur la Grèce ancienne, de ses multiples interventions dans les affaires de son temps, ou de l'écriture de ses Mémoires, c'est toujours en tant qu'historien qu'il a voulu engager et mener le travail.
    Interroger cet en tant qu'historien - la manière dont il s'est constitué, les formes qu'il a prises, ses transformations - est une façon de traverser, avec lui et au-delà de lui, plus d'un demi-siècle d'histoire et d'historiographie : de la torture en Algérie au négationnisme, en passant par l'interminable conflit israélo-palestinien. Mais aussi tous les débats qui ont ponctués les dernières décennies : histoire et mémoire, juge et historien, histoire et vérité, autobiographie et histoire, usages politiques du passé, sans oublier les usages modernes de l'Antiquité ou les interrogations sur démocratie ancienne et démocratie moderne.
    Pour celui qui s'était qualifié d'" homme-mémoire ", l'histoire, très tôt devenue une évidence, a d'abord été une raison de vivre. Son oeuvre et son parcours singulier permettent ici à François Hartog de poursuivre sa propre réflexion sur ce qu'il a appelé l'" évidence de l'histoire ", et de proposer une lecture critique stimulante du " moment-mémoire " que vivent les sociétés modernes depuis les années 1980.

  • À partir d'une analyse de situations autoritaires ou totalitaires - en particulier fascisme, national-socialisme et socialisme soviétique - une brillante analyse qui permet aussi de saisir comment fonctionne la domination dans le cadre démocratique contemporain.
    Qu'est-ce que la domination ? Comment s'exerce-t-elle ? Par quels mécanismes se reproduit-elle ? Quels sont les critères et les pratiques qui permettent aux pouvoirs de se légitimer ? De quelles manières y participons-nous ?...
    En relisant Marx, Weber, Gramsci et, plus près de nous, Bourdieu ou Foucault, Béatrice Hibou s'affronte à son tour à l'une des questions centrales de la théorie politique et sociale, celle de l'exercice de la domination d'État. Dans cet ouvrage, l'auteure renouvelle cette problématique avec une approche alliant comparatisme, analyse du quotidien et économie politique.
    Elle met en évidence les dispositions, les compréhensions et les pratiques qui rendent la domination concevable, supportable, voire acceptable ou rassurante. Celle-ci apparaît d'autant plus insidieuse et indolore qu'elle renvoie souvent à la question du désir d'État.
    Pour mener à bien cette démonstration, Béatrice Hibou s'appuie sur une analyse de situations autoritaires ou totalitaires - en particulier sur la reprise des cas paradigmatiques du fascisme, du national-socialisme et du socialisme soviétique - qui nous permet aussi de saisir ce qu'est la domination dans le cadre démocratique contemporain. Ce faisant, elle nous fournit les instruments nécessaires à l'élaboration d'une critique renouvelée des dérives du politique dans la cité contemporaine.

  • En choisissant de placer l'interprétation au centre dynamique de nos développements sociaux et au coeur de ce livre dense et percutant, Yves Citton renverse la perspective et révise notre imaginaire du savoir.
    En parlant de " communication ", de " société de l'information " ou d'" économie de la connaissance ", on laisse souvent penser que le savoir se réduit à une masse de données segmentées, isolées, brevetables et commercialisables comme n'importe quelle marchandise.
    Devant cette vision appauvrie et sclérosée, Yves Citton renverse la perspective et révise notre imaginaire du savoir. Il montre que les Humanités, souvent considérées comme poussiéreuses voire inutiles, cultivent une compétence incontournable, celle de l'interprétation. Très loin de la simple " lecture " automatisée d'informations computables, revêche à toute réduction économiste, l'interprétation est une activité qui demande à être cultivée par un soin très particulier. La dynamique propre à ce geste diffus dans toutes nos pratiques est faite de tâtonnements, d'errances et d'erreurs, de suspens, de sauts, de bifurcations, de rencontres - où l'intuition (esthétique) joue un rôle aussi important que la systématicité (scientifique).
    Devant l'emballement de la course au profit, l'exacerbation des inégalités sociales et le mur écologique qui nous font face, affirme Yves Citton, une reconsidération des Humanités est indispensable pour quiconque se préoccupe de l'avenir de l'humanité.

  • Comment, dans les années 1920, le " Comité spécial d'experts " de la Société des nations a construit de toutes pièces un "fléau social" resté dans la mémoire collective : la traite des Blanches. Une enquête exceptionnelle.
    Enlèvement et séquestration de jeunes innocentes, prostitution et esclavage sexuel, réseaux criminels internationaux : depuis plus d'un siècle, la " traite des blanches " est considérée comme un véritable fléau. Le " Comité spécial d'experts " de la Société des Nations est crédité d'avoir scientifiquement prouvé l'existence de ce phénomène - les militants anti-traite et les historiens contemporains font toujours référence à son oeuvre fondatrice (1924-1927).
    Jean-Michel Chaumont a analysé les 20 000 pages d'archives de ce Comité. Et elles révèlent une réalité plus effroyable encore, mais pas celle qu'on croyait. En effet, son livre analyse les opérations intellectuelles auxquelles les experts ont procédé pour fabriquer de toute pièce un fléau en travestissant les résultats de leur propre enquête. Il examine minutieusement comment les experts, portés par leur croisade morale, ont manipulé données, documents et chiffres pour parvenir à leurs fins : prouver l'existence de la traite de femmes étrangères et la responsabilité de la réglementation de la prostitution dans cet état de fait, et obtenir la mise en place de politiques liberticides de répression et de surveillance. Ce faisant, ils ont durablement occulté et aggravé les conditions de vie déjà très difficiles des prostituées candidates à l'émigration, aujourd'hui comme hier. Sans même parler de l'amalgame qu'ils ont validé entre traite des noirs et traite des blanches, qui ouvrait la voie à une véritable banalisation des traites négrières et de l'esclavage.
    Plus généralement, Jean-Michel Chaumont interroge la question - politique et scientifique - des mécanismes d'élaboration de l'expertise sociale et de la responsabilité des sociologues dans la " construction sociale de la réalité ".

  • La " grande " culture a bel et bien été mise au pas sous le IIIe Reich, mais le divertissement populaire, précisément parce qu'il n'était pas considéré comme une culture digne d'intérêt, a joui d'une certaine liberté. Il a donc existé, au sein même de la dictature nazie, des romans, journaux et films qui recelaient une critique féroce du régime et qui furent diffusés en masse. Comment la subversion a-t-elle pu se glisser dans des oeuvres grand-public ?
    Contrairement à ce que l'on a coutume de croire, on s'est beau coup amusé sous la dictature nazie ; et plus le pays s'est enfoncé dans la folie et les massacres, plus les loisirs se sont multipliés, recouvrant de leur " clameur " les râles des victimes. Le Reich était en effet une société de consommation comme les autres, rêvant des mêmes plaisirs... Est-ce si étonnant, à défaut d'être innocent ? Les loisirs aidaient à supporter l'oppression, tout en permettant d'imposer des normes fascistes sous des dehors " divertissants ". Faut-il pour autant considérer la culture de masse comme une propagande douce ? Justement, non, et là est tout l'enjeu de ce livre : si la " haute " culture a bel et bien été mise au pas, le divertissement populaire, précisément parce qu'il n'était pas considéré comme digne d'intérêt, a joui d'une certaine liberté. Il a donc existé, au sein même du IIIe Reich, des romans, journaux, des jeux et des films qui recelaient une critique féroce, mais " codée ", du régime et qui furent diffusés en masse.
    Ce livre offre ainsi une lecture totalement inédite du régime nazi en prenant en compte sa dimension infra-politique. Il montre comment les romans policiers, la science-fiction, l'humour ou le sport, mais aussi les films d'aventures ou la culture automobile ont pu être le creuset d'une dissidence voilée, d'une micro-résistance du quotidien qui témoigne d'un autre visage de l'Allemagne sous la dictature hitlérienne.

  • Cet " État des savoirs " fait le point sur les recherches multidisciplinaires menées dans le champ des migrations depuis une décennie. À destination des publics en voie de formation, étudiants, jeunes chercheurs, acteurs de terrain, mais aussi pour tous ceux qui veulent s'informer, s'initier ou approfondir leurs connaissances sur les migrations en France, une ressource indispensable à l'action et à la réflexion.
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2014.
    Les réalités migratoires ont changé depuis les années 2000 : de nouveaux flux ont entraîné l'installation de populations qui n'ont ni les mêmes profils ni les mêmes modalités d'installation et de relations avec la France que par le passé. D'autres migrations sur le sol hexagonal, plus anciennes, poursuivent leurs parcours complexes et multiformes en interpellant la société sur les points d'achoppement de leur intégration.
    Pour rendre compte de ces mutations, cet État des savoirs fait le point sur les recherches multidisciplinaires menées depuis le début du XXIe siècle : apports théoriques, résultats significatifs, nouveaux chantiers, enjeux. Il ouvre la réflexion sur les problématiques internationales ou européennes, dans lesquelles la France s'inscrit par la mondialisation des échanges : nouvelles migrations et diasporas, politiques publiques, questions identitaires, représentation et transmission.
    Conçu à destination des étudiants, jeunes chercheurs, acteurs de terrain, mais aussi de tous ceux qui veulent s'informer, s'initier ou approfondir leurs connaissances sur les migrations en France, cet ouvrage sans équivalent constitue une ressource indispensable à l'action et à la réflexion.
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2014.

  • Cet ouvrage ambitieux propose une cartographie des grandes figures, des idées et controverses du premier socialisme français, aujourd'hui largement méconnu et pourtant incroyablement inventif et actuel. Dans les années qui suivent les Trois Glorieuses de juillet 1830, ce bouillonnement d'idées s'est notamment incarné dans une presse foisonnante, qui ne peut se résumer aux seuls noms d'Étienne Cabet, Pierre-Joseph Proudhon ou Louis Blanc. Sa puissance reste vive pour notre temps.
    En 1825, les socialistes sont dans les premiers balbutiements de leur histoire. Trente-cinq ans plus tard, leur élan s'interrompt au fond des prisons de Napoléon III, en exil ou dans le silence.
    Au cours de ces années trop souvent négligées, ils dénoncent les désordres et les injustices de leur temps tout en élaborant une nouvelle connaissance du lien social, de la solidarité et de l'union. Ils se placent au croisement de la science, de la philosophie ou de la religion pour revendiquer un droit à l'action et à l'expérience. Ils s'attellent à fonder une nouvelle association des hommes dans un monde en crise et en mutation. Cette gestation est enthousiasmante mais aussi douloureuse : elle est rythmée par d'âpres querelles que l'histoire ultérieure des socialismes ne cessera de rejouer.
    L'une des armes maîtresses dont se saisissent les socialistes pour leurs combats est le journal : c'est notamment à la pointe de leurs plumes qu'ils donnent corps à leur action et qu'ils propagent leurs foisonnantes découvertes. Du
    Globe au
    Nouveau Monde, de
    La Démocratie pacifique au
    Tocsin des travailleurs, de
    La Revue du progrès à
    La Revue indépendante, de
    L'Écho de la fabrique à
    L'Atelier, saint-simoniens, sociétaires, cabétistes ou buchéziens, socialistes chrétiens ou républicains, communistes et féministes partent en quête d'une compréhension du présent pour en extraire, sous les désordres apparents, les contours d'un avenir émancipé.
    Quand les socialistes inventaient l'avenir est l'enquête inédite qu'une trentaine d'auteurs consacrent à cette histoire politique, sociale, économique, culturelle et savante de première importance et toujours très largement méconnue.

  • Existe-t-il ou a-t-il existé un antisémitisme original et spécifique à la gauche ? Longtemps négligée par les historiens, cette question délicate est enfin traitée pour la première fois dans cet ouvrage extrêmement documenté.
    Depuis le début des années 2000, en lien avec les événements du Proche-Orient, on a vu se développer en France l'idée selon laquelle la gauche serait la principale responsable de la recrudescence d'actes antisémites. Cette vision est excessive et injustifiée, mais elle traduit un certain malaise. Existe-t-il ou a-t-il existé un antisémitisme spécifique à la gauche ? Longtemps négligée par les historiens, cette question délicate est traitée pour la première fois dans cet ouvrage extrêmement documenté, qui retrace l'histoire des positions de la gauche française vis-à-vis de l'antisémitisme sur deux siècles. Des débuts de la révolution industrielle à nos jours, toutes les composantes de la gauche ont tenu des propos antisémites, mais sous des formes très différentes dans l'espace et dans le temps. À l'antisémitisme économique associant les Juifs au capitalisme, exprimé par de nombreux socialistes au XIXe siècle, s'est ajouté un antisémitisme racial et xénophobe à partir des années 1880. Au lendemain de l'affaire Dreyfus, tournant fondamental, l'antisémitisme n'est plus revendiqué ouvertement dans les rangs de la gauche. Mais il n'y disparaît pas pour autant et on le voit encore insidieusement à l'oeuvre, dans l'entre-deux-guerres, à la SFIO et chez les pacifistes, parfois au sein du Parti communiste, puis, après-guerre, à l'ultra-gauche, sous la forme du négationnisme. Une plongée historique passionnante, qui intéressera tous ceux que préoccupe cette question douloureuse ? et en particulier les lecteurs de gauche, pour rester vigilants contre un danger toujours possible.

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