Le passeur

  • Cet essai incisif, au " parfum de résurrection ", rappelle que vivre en poète, c'est lutter pied à pied contre les forces qui poussent à l'exil pour habiter la vie entière. Pour une résurrection de la vie.
    Depuis les temps immémoriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales ou écrites, il y eut des poètes au sein de la cité. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine
    rendue à sa liberté insolvable, à son audace, à son exigence la plus haute. Quand on n'entend plus ce diapason, c'est bien la cacophonie qui règne, intellectuelle, spirituelle et morale : le symptôme d'un abandon, d'une lâcheté et, bientôt, d'une défaite.
    Pour Jean-Pierre Siméon, il est urgent de restituer à notre monde sans boussole la parole des poètes, rebelle à tous les ordres établis. Pas de malentendu : si la poésie n'est pas la panacée, si elle n'offre pas de solutions immédiates, elle n'en est pas moins indispensable, d'urgente nécessité même, parce que chaque poème est l'occasion, pour tous sans exception, de sortir du carcan des conformismes et consensus en tous genres, d'avoir accès à une langue insoumise qui libère les représentations du réel, bref de trouver les voies d'une insurrection de la conscience.

  • Ce premier ouvrage de la collection " Hautes Rives " interroge le silence qui a baigné l'enfance du poète. De façon originale, un carnet de lecteurs de tous âges et de tous milieux accompagne la prose de l'auteur et offre une multitude de regards sur son oeuvre.
    Le silence est-il amour, don de soi, résignation ? Le silence est-il un coma sans issue, une révolte digne et muette ? Telles sont les questions que pose le recueil de Dominique Sampiero.
    Le poète a vécu une enfance ouvrière au royaume des taiseux. Il fallait se taire, lèvres jointes pour ressembler au père et à la mère, ne rien trahir. Comme si se taire était une façon d'aimer, être sûr d'être là, être avec, rien d'autre. Puis des livres sont entrés en silence dans la chambre et ont embarqué la solitude plus loin dans les voyages. Le silence des pages scintillait, éblouissait parfois, ouvrant les yeux aux splendeurs de l'ici. Car tout parle dans un pays et le silence a une couleur bien à lui.
    Ce recueil de poèmes est suivi d'un carnet de lecteurs, reposant sur une intuition simple : de nombreuses personnes, de tous âges et de toutes conditions, aiment lire de la poésie, bien plus qu'on ne l'imagine. Dans ce carnet, des lecteurs de professions et d'âges divers prennent la parole, non pas pour proférer louanges ou critiques, mais pour évoquer leur promenade intime dans les pages de ce livre.

  • Habiter vraiment la terre c'est, face au désenchantement, se mettre à l'écoute des chants et des bruissements les plus infimes du monde.
    À quoi bon la poésie ? Dans un monde désenchanté, déserté par l'esprit autant que par le divin, pourquoi des poètes en temps de crise ? Peut-être, tout simplement, pour habiter la terre autrement, en contemplant, en aimant, en vibrant, en s'interrogeant, avec inquiétude parfois, toujours avec émerveillement, attentifs au mystère que nous sommes et que nous
    portons comme unique trésor.
    Poèmes pour habiter la terre est une traversée jusqu'aux limites du visible et du dicible, qui est sans doute la seule façon d'habiter ce monde, en profondeur comme en plénitude. Philippe Mac Leod chemine dans sa quête de sens et de présence au réel, animé par la lumière intime, celle
    de l'enfance du monde, et murmure, le regard emporté par ce qu'il voit.
    Une poèsie à l'écoute du vent, des bruissements et des chants les plus ténus.
    Aux mots du poète succède un carnet de lecteurs. De professions et d'âges divers, ces derniers prennent la parole pour évoquer leur promenade dans les pages de ce livre.

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