Langue française

  • La thèse soutenue dans ce livre est que le développement de la rationalité ne peut se réduire à la substitution majorante de structures nouvelles, comme le pensait Jean Piaget, mais que se développer, c'est aussi et souvent inhiber une structure concurrente. L'histoire du concept d'inhibition est longue et diverse et semble connaître aujourd'hui un souffle nouveau en psychologie cognitive.

  • Le raisonnement intervient de façon manifeste, ou non, dans diverses activités. Il a suscité en psychologie un nombre croissant de recherches qui ont privilégié la déduction, et ont conduit à plusieurs théories hégémoniques. Un résultat bien établi est que les individus font intervenir divers critères étrangers à la logique classique. Polymorphisme du raisonnement humain propose un examen de ces travaux, complété par celui de formes de raisonnement non déductif encore peu étudiées : l'induction, l'abduction, le raisonnement avec des informations incertaines, la non-monotonie. L'auteur conteste le postulat d'un mécanisme inférentiel, unique ou fondamental, adopté par les théories de la logique mentale et des modèles mentaux, et envisage diverses formes de rationalité de la pensée. Une conception pluraliste est proposée, qui se réfère à la coexistence de deux modes inférentiels fondamentaux susceptibles d'opérer, isolément ou conjointement et, dans ce dernier cas, avec des résultats divergents ou convergents. L'ouvrage s'adresse aux étudiants de 2e et 3e cycles, ainsi qu'aux enseignants et aux chercheurs, en psychologie et disciplines connexes des sciences cognitives.

  • Un savant irlandais du XVIIe siècle s'est demandé si un aveugle-né à qui la vue serait restituée saurait reconnaître visuellement une sphère d'un cube sans les avoir touchés. Cette question est examinée à la lumière des sciences cognitives, tant en psychologie du développement, en psychologie expérimentale et dans les neurosciences qu'en philosophie de l'esprit.

  • L'intentionnalité est traditionnellement considérée comme la marque distinctive du mental. Peut-on en faire une théorie naturaliste? A quelles exigences une telle théorie devrait-elle satisfaire? L'intentionnalité comporte-t-elle, au contraire, une dimension essentiellement normative?

  • Dans la psychose, les données cliniques montrent que, dès l'apparition des premiers troubles aigus, une difficulté caractéristique se manifeste au niveau de l'attribution de la responsabilité causale des actions. Les patients se sentent poussés à agir par les autres, tout en ayant aussi le sentiment de contrôler l'action d'autrui. Cette difficulté va souvent de pair chez les schizophrènes avec une modification du sentiment d'identité personnelle. Parmi les symptômes de l'autisme, on trouve des difficultés de contrôle de l'action, une réduction des centres d'intérêts, des stéréotypies comportementales, et une difficulté à comprendre les événements d'ordre mental. Des résultats expérimentaux récents permettent d'orienter la réflexion théorique sur l'origine fonctionnelle commune de ces perturbations. Ils indiquent l'importance du suivi de l'action dans l'acquisition par l'enfant d'une théorie de l'esprit, c'est-à-dire des connaissances nécessaires à l'interprétation de ses propres états mentaux et de ceux d'autrui. Dans le cas de l'adulte, un mauvais suivi de l'action pourrait porter atteinte à la capacité de reconnaître ses propres intentions d'agir, et modifier ainsi le sens de sa propre identité. Subjectivité et conscience d'agir rassemble des travaux de clinique psychiatrique (Henri Grivois), de psychologie du développement (James Russell), de neuroscience cognitive (Marc Jeannerod, Pierre Fourneret) et de philosophie de l'esprit (John Campbell, Pascal Engel, Élisabeth Pacherie, Joëlle Proust). Le point commun est d'élucider le rôle qui revient aux fonctions exécutives dans la compréhension de soi-même et d'autrui. L'ouvrage s'adresse aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs en psychologie, en neuroscience et en philosophie, mais aussi aux psychiatres et aux cliniciens, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent aux progrès de la psychopathologie cognitive.

  • Un état des lieux des données actuelles et des pistes de recherche en psychologie de l'écriture. Deux grandes classes de processus sont examinées : les processus orthographiques et les processus perceptivo-moteurs. Une approche expérimentale classique par l'étude d'individus présentant des dysorthographies ou dysgraphies acquises ou développementales.

  • Les études cognitives sur la lecture, complémentaires de celles sur l'écriture (voir l'ouvrage Écrire paru dans la même collection), portent sur les processus qui sont spécifiques à cette activité. Si la finalité de la lecture est bien la compréhension, certains sujets rencontrent cependant des difficultés qui ne tiennent pas à l'accès au sens de ce qu'ils lisent. C'est le cas, en particulier, pour l'enfant qui comprend parfaitement un texte qu'on lui lit à haute voix, mais qui ne comprend pas ce même texte quand il doit le lire tout seul. Pour concevoir d'où proviennent les difficultés spécifiques à la lecture, on peut évoquer l'exemple de la marche. Ce qui fait défaut à un enfant qui ne sait pas marcher, ce n'est pas la finalité de cette activité, mais bien les mécanismes qui doivent lui permettre de garder l'équilibre sur ses jambes en mettant un pied devant l'autre pour suivre son chemin et cela, sans s'occuper consciemment de ce que font ses pieds. De même, pour la lecture, un adulte qui a su lire et qui a perdu cette capacité à la suite d'une lésion cérébrale, n'a pas perdu la finalité de la lecture, mais bien certains mécanismes qui lui permettaient de se consacrer sans effort à cette finalité : en l'occurrence, les mécanismes d'identification des mots. Lire est essentiellement consacré à la genèse de ces mécanismes. L'une des originalités de ce livre est qu'il traite non seulement de la lecture, mais aussi de l'écriture. Les auteurs examinent également, pour la lecture, les relations entre l'identification des mots et la compréhension. Outil d'information et de réflexion pour les étudiants et chercheurs des différentes disciplines des sciences cognitives, Lire devrait également devenir une référence pour les praticiens et pour l'enseignement dispensé dans les Instituts de formation des maîtres.

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