Robert Laffont

  • Vers 1450 avant J.-C., une enfant noire est recueillie au bord de la mer Rouge. On l'appelle Tsippora, « l'Oiseau ». Hélas, la couleur de sa peau résume déjà tout son destin: nul ne la voudra pour épouse. Elle est de la chair dont on fait les servantes et les esclaves... Un homme pourtant fait tout basculer: Moïse, en fuite devant Pharaon. Accueilli par Jéthro, le père adoptif de Tsippora, il ignore encore qu'il sera le libérateur des Hébreux d'Égypte. C'est elle, l'étrangère, la non-juive, qui fait de Moïse celui qui sera capable de recevoir les Lois dictées par Dieu, ces lois qui protègent le faible contre le fort. Amante puis épouse, Tsippora n'en demeure pas moins une « Kouchite », une noire, une étrangère. Alors qu'ils doivent affronter la férocité de Pharaon puis l'enfer du désert, la lutte pour le pouvoir sur le peuple de l'Exode est intense. Aaron et Miryam, frère et soeur de Moïse, n'auront de cesse d'éloigner Tsippora de Moïse et de briser leur union.Dans cet épisode qui retrace l'une des plus fabuleuses épopées de l´Histoire, Tsippora la Noire, au côté de Moïse, est l'incarnation de la passion et de l'intelligence humaines. La première, elle comprend le plein sens des mots qui demeurent aujourd'hui encore nos guides: « Tu accueilleras l´étranger dans ta maison comme l´un des tiens parce que tu as étéétranger dans le pays d´Égypte...» Une lucidité qui fera d'elle une grande héroïne de la Bible, trop méconnue et pourtant d´une modernité stupéfiante.

  • Né d´une rencontre inattendue, ce nouveau roman poignant et inspiré d´Yves Violler retrace l´itinéraire exemplaire ? proche par bien des côtés d´un chemin de croix ? d´une femme animée par une foi absolue, et par l´amour qu´elle porte à ses enfants.

  • Venise, 1524.David Reubeni s´explique calmement devant le conseil des Juifs de la ville. D´où vient cet homme au regard sombre, qui semble indifférent à la crainte comme à l´espoir qu´il inspire ? Il se dit général d´une armée du désert, envoyé de son frère, Joseph, qui règne sur le mystérieux territoire de Chabor... Il expose son projet fou : lever en Europe une armée juive, afin de créer un royaume sur la terre d´Israël, alors aux mains des Turcs. Où va-t-il ? À Rome, obtenir l´appui du Pape -à qui il promet, si l´entreprise réussit, le contrôle des Lieux saints de Jérusalem.Pendant sept ans, cet homme surgi de nulle part va marquer la politique des cours d´Europe et nourrir les rêves de tout un peuple. Du pape Clément VII au roi du Portugal, de François Ierà Charles Quint, David Reubeni va partout déjouer les intrigues, contourner avec diplomatie les obstacles - de l´hostilité au simple scepticisme - pour convaincre les puissants que son plan, seul, fera justice à son peuple tout en préservant leurs royaumes de l´expansion menaçante de l´islam. Il y parviendra presque. Bientôt, pour les millions de Juifs d´Europe, expulsés d´Espagne, convertis de force au Portugal, persécutés ou au mieux tolérés ailleurs, David Reubeni devient le Messie. Partout des foules le suivent ou l´attendent, partout des exaltations mystiques font grandir sa légende. Son plan si parfaitement agencé, l´équilibre politique si parfaitement observé- tout va céder sous l´élan même des forces qu´il a contribuéà créer.Après sept ans d´efforts, après avoir résisté aux tentations de la passion et de la gloire, perdu lui-même entre son projet d´origine et le rêve qu´il a fait naître, David Reubeni se retrouve dans les geôles de l´Inquisition...

  • Le troisième roman d'un écrivain belge d'exception.0300Agrégé de philologie classique, Armel Job parle et écrit le latin comme Cicéron et le grec comme Thucydide. Directeur du lycée de Bastogne, dans l´Ardenne belge, Armel Job est l´un de ces hommes de haute culture dont la Wallonie n´est pas avare (tel Alexis Curvers, l´auteur de «Tempo di Roma»). De sa connaissance approfondie de la langue française lui est venue «l´idée extravagante» d´écrire des romans. D´où, en 2000, «La Femme manquée» (prix Emmanuel-Roblès et prix René-Fallet) et, en 2001, «Baigneuse nue sur un rocher»: originalité du sujet, perfection de l´écriture, humour subtil. Et celui-ci, «Helena Vannek», dans un tout autre registre: dramatique. Dans une famille de notables terriens, le père est marchand de chevaux, la mère est morte, deux grandes filles: Helena l´exaltée et Mieke l´espiègle. Le père engage un apprenti, Guido, qui arrive précédé d´une réputation sulfureuse. Lorsqu´il fuit, Helena le suit: elle l´aime et croit qu´il l´aime. Quand il se refuse, elle pense découvrir la vérité: il est son demi-frère. Le destin les sépare.Dans une seconde partie du roman, c´est alors le fils d´Helena qui prend la parole. Il vient de mettre la main sur le journal de sa mère: les mystères se dévoilent. Et l´on prend conscience que le récit d´Helena est, pour une large part, le produit de son imagination. Elle a voulu faire des événements de sa jeunesse une tragédie, de sa vie un destin. Étrange et troublante histoire où, par-devers la parfaite limpidité du récit, la réalité des êtres se révèle sous un jour inattendu.0400Alors Guido est arrivé. Un soir, j´étais occupée à préparer le souper, papa est rentré avec un garçon, un grand échalas mal fagoté. Tobie traînait ses devoirs au bout de la table. Papa a accroché son chapeau au portemanteau vissé derrière la porte et il s´est assis sur le tabouret où il avait l´habitude de se débotter. Le garçon restait planté comme une borne près de lui, sur le seuil, les bras embarrassés. De temps à autre, il levait un oeil morne sur nous. Un pantalon de golf en gros velours râpé lui descendait sous les genoux, à partir de quoi ses chaussettes avaient tirebouchonné sur ses mollets bruns. Papa l´a poussé sur le banc à côté de Tobie, puis il a attaqué son souper. La dernière bouchée congédiée, il a écarté son assiette et il nous a lancé son ordinaire regard de rassasié qui se souvenait tout à coup de notre existence. «Lui, c´est Guido.»Guido a déposé sa fourchette. Il a redressé la tête et rejeté de la main la mèche qui pendait comme un rideau sur son nez. «Guido Noodlot. Il est de Scherpenwal. À partir de maintenant, il va rester avec nous. J´ai besoin de quelqu´un pour m´aider dans les chevaux. Bon! Tobie et Guido, vous dormirez ensemble. Vous irez chercher mon lit de camp au grenier. On arrangera mieux plus tard. Lena, après la vaisselle, vous couperez les cheveux à Guido, qu´il ait l´air un peu civilisé.»Là-dessus, il est parti lire «L´Altdorper Krant» dans la salle. Nous avons continué à manger. J´adressai quelques sourires à Guido qui les observa comme si j´avais été affublée d´un tic. Tobie s´est levé à son tour. Il a ramassé ses livres et ses cahiers et il a rejoint papa avec qui pourtant il avait horreur de se trouver seul. «C´est loin, Scherpenwal?? Assez. Sur l´Oostvliet.? Ah? Tu cherchais du travail? ? Non, c´est votre père qui a proposé. ? Tu as des frères, des soeurs? ? Je n´ai personne. ? Tes parents, qu´est-ce qu´ils font? ? Meuniers. ? Ils n´ont pas besoin de toi? ? Je vous l´ai dit: c´est votre père qui voulait.? Tu peux dire "tu". Je m´appelle Helena, mais tout le monde dit "Lena".»Il a levé un oeil sur moi, comme un chien aplati qui a reçu une caresse à la place d´une taloche. Quand j´ai posé le baquet d´eau chaude sur la table, aussitôt, il a attrapé le torchon à vaisselle. Après ça, je l´ai fait mettre à califourchon sur une chaise. Depuis la mort de maman, c´est moi qui coupais les cheveux de papa et de Tobie. À condition de tailler court, ce n´est pas très difficile. On entre le peigne dans l´épaisseur et on c

  • Rocafrème est un village de l'Ardenne liégeoise semblable aux autres : un curé, un charcutier, des artisans, etc. Mais il abrite aussi un artiste peintre, José Cohen, venu s'y réfugier sous l'Occupation. Et une très jolie personne, la fille du charcutier. Le peintre a décidé la belle Thérèse à poser nue au bord de la rivière. Le tableau, confié à un marchand de Liège, devait demeurer ignoré des villageois. Mais un jour d'octobre 1957, le journal local, «La Gazette de l'Ourthe», publie un article sur cette «Baigneuse nue», photo à l'appui. Le village s'enflamme. Et José Cohen est retrouvé mort.Cette affaire plonge ses racines dans un passé trouble qui éclate soudain au grand jour. Pendant la Résistance, les personnages du roman ont tous été impliqués dans de sérieux conflits? La Baigneuse n'est pas la seule à se dénuder dans cette histoire. Il y a aussi les coeurs des hommes et des femmes du village.Écrivain singulier, Armel Job construit ici une intrigue subtile, au suspense tout britannique. On y retrouve tout l'humour et le langage coloré de son premier roman, «La Femme manquée».

  • Le directeur de l'établissement accueille avec beaucoup de déférence cet homme mondialement reconnu par la communauté scientifique pour ses travaux sur l'infini. Il lui attribue une petite chambre particulière dans la Villa des Hommes mais l'informe que, étant donné la situation, il devra certainement partager son espace de vie avec un autre patient.
    À quelque temps de là, Matthias Dutour, un jeune soldat français ? conducteur de locomotive dans le civil, libertaire viscéral traumatisé par la guerre ?, intègre la chambre 14 de la Villa des Hommes, celle qu'occupe précisément Herr Hans Singer.
    Jour après jour, le plus souvent enfermés dans leur minuscule cellule de vie commune, Herr Singer et Matthias, ces deux hommes que tout paraît opposer, vont peu à peu s'apprivoiser, apprendre à mieux se connaître et, pour finir, tisser entre eux les liens d'une aussi improbable qu'indéfectible amitié.

    Fondé sur un dispositif romanesque original, le nouveau roman de Denis Guedj met face à face la réincarnation de Georg Cantor, inventeur de la fameuse « théorie des ensembles », et un personnage de fiction pure, conducteur de locomotives et anarchiste au grand coeur. L'auteur suggère en filigrane que, comme la politique, les mathématiques doivent être au service de l'Homme.

  • Deux personnages principaux : Évariste Lejeune et Charles Lambert. Le premier est clerc de notaire, et c'est à lui qu'on s'adresse lorsqu'on a besoin d'une plume avisée. Charles Lambert, trente-cinq ans, vit sur la plus belle ferme de Sarteau, en compagnie de ses tantes Philomène et de Camille. Quand les deux vieilles demoiselles meurent, Charles se retrouve seul et songe à se marier : il demande à Évariste de rédiger pour lui des annonces matrimoniales qui paraîtront dans le journal local. Elles demeurent sans écho, jusqu'au jour où, dans un catalogue intitulé Le Bonheur des îles, qui présente de " jolies indigènes cherchant mariage ", Charles découvre la femme de sa vie. Hélas, c'est une jeune femme toute proche de la mort qui apparaît : Opportune est atteinte d'une leucémie et c'est pour se faire soigner en Europe qu'elle a choisi le stratagème de l'annonce. Le mariage est néanmoins célébré dans la chambre de l'hôpital où s'éteint Opportune, et c'est là que la vérité sur l'origine de Charles éclate, lorsqu'on entend le maire lire l'acte de mariage : " ? Lambert Charles, né Lévi Saül, fils de Lévi Abraham et de son épouse Cohen Rachel, à Anvers, le 4 mai 1940, reçu en adoption par Lambert Philomène? " Stupéfaction, émoi dans le village. Peu après, un certain nombre de calamités (récolte pourrie, fièvre aphteuse) s'abattent sur le village. La faute à Charles, ce juif ? À Opportune, cette étrangère ? Et même, un soir de tempête, le feu prend à la ferme de Charles, qui y périt? Évariste part alors à la recherche d'éventuels héritiers de Charles. A Anvers, il apprend que Rachel Lévi avait confié son fils Saül en 1942 à Philomène, juste avant d'être déportée, et que c'est ainsi que le bébé était devenu Charles Lambert? Allant plus loin, Évariste découvre que la vérité vraie est différente : la mère de Saül, c'était Philomène qui, pour éviter le scandale au village, a accouché chez Rachel, qui a élevé le gamin jusqu'en 1942 où, devant le péril, elle l'a remis à sa véritable mère, Philomène. Et le père qui était-ce ? Eh bien, c'est Évariste lui-même qui, un jour d'été, alors qu'il s'était lancé avec Philomène à la recherche d'un taureau échappé, fut littéralement possédé par celle-ci? Étrange histoire, pleine de surprises étonnantes, que la subtilité du récit rend fort crédibles. Mais au-delà de l'histoire, c'est l'écriture qui fait tout le prix de ce roman, avec son accent singulier et un humour très personnel : une langue qui se savoure avec bonheur, la peinture d'une petite société, ses personnages pittoresques et ses moeurs souvent réjouissantes? On sourit souvent, et on est ému.

  • Depuis sa naissance, dans les années 1920, Émile Peyrissac habite un petit village sur les bords de la Dordogne. Il nous raconte la vie merveilleuse et simple que menaient les gens qui connaissaient les secrets de cette vallée sauvage, en ces temps bénis où la rivière regorgeait de saumons. Entre son grand-père qu´il adorait, ses parents rudes mais bons, son instituteur et son amie d´enfance, la jolie Gaby Croze, Émile connut un bonheur parfait... À l´âge où Gaby et Émile découvrent l´amour, les premiers drames font voler en éclats ce fragile édifice. La mère d´Émile meurt, laissant le père inconsolable, Gaby part à Tulle pour ses études secondaires, la construction d´un grand barrage sur la Dordogne va noyer plusieurs villages de la vallée et entraîner des expropriations massives. Puis la guerre arrive, les Allemands envahissent la France. La Résistance s´organise dans la région et Émile s´engage dans un mouvement très actif. Il quitte son père et doit trouver du travail au barrage. Devenue institutrice, Gaby épouse un homme de la ville... Elle révèle à Émile que son mari est un collaborateur et qu´elle désire rejoindre le maquis. Cette décision entraînera son arrestation et sa déportation. Après la Libération, la vie semble reprendre son cours... Émile retrouvera-t-il Gaby ? Au soir de sa vie, il contemplera la Dordogne au couchant avec un sentiment de plénitude et de sérénité, ce fleuve qui aura rythmé toute son existence...

  • Trois romans en trois ans et deux prix littéraires ont suffi à Armel Job pour prendre une place remarquée parmi les nouveaux écrivains belges.0300Abdication ! Abdication ! Printemps 1950. Belgique. Le pays est au bord de la guerre civile. Sur le pavé des villes wallonnes, les foules insultent le roi Léopold et, plus encore, Liliane Baels, la roturière promue princesse de Réthy, qu´il a épousée pendant la guerre au plus fort des souffrances de son peuple. Au fond des Ardennes, Henri Gansberg Van der Noot, le conseiller du roi, négocie et tire le lapin. Voilà qu´il séduit Aline, la fille du garde-chasse, en fait sa maîtresse, l´installe dans sa gentilhommière. Aline... Liliane... Bientôt, des injures s´étalent en lettres géantes sur les murs de sa résidence. Une nuit, le conseiller tombe nez à nez avec l´insulteur. Il le tue. Que faire ? Honnête homme, il veut se dénoncer. Mais ceux qui vivent autour de lui ? le garde-chasse, le jardinier, les servantes, sa maîtresse, et même son épouse ? font tout pour l´en dissuader : inutile scandale ! Puis voilà que son refus de participer à un complot pour le rétablissement du roi Léopold devient une source d´angoisse supplémentaire! Le pauvre homme ne sait plus où donner de la tête... Armel Job aime les histoires complexes où sa subtilité, son regard ironique et son humour se donnent libre cours. Tous les personnages qui gravitent autour du conseiller, les humbles comme les «grands», constituent un petit monde coloré et drôle. Le décor historique n´est que toile de fond: toute l´intrigue que déroule Armel Job est pur roman ? même si le héros est conseiller du roi. Cette histoire insolite, qui pourrait être un drame, se révèle une comédie enlevée et maîtrisée.0400À trois kilomètres de là, dans le vestibule de la conciergerie, un semblable frisson dévale l´échine de Julien. Évidemment, Julien est trempé et la fraîcheur de la maison l´a saisi. Mais, surtout, sur le dallage, il y a précisément un corps allongé et, un peu plus loin, assis sur une marche de l´escalier, M. le conseiller, en chemise, tout débraillé, le visage barbouillé de noir autant qu´un mineur remontant de la fosse.«Ah, Julien! Vous voyez?? Plutôt, Monsieur.»Le conseiller gémit. Il se lève, s´avance jusqu´au cadavre, mais quelque chose le retient de passer de l´autre côté, près de Julien. Il s´arrête, les pieds derrière la tête du mort.«Il s´était introduit dans le parc. Il s´est mis à courir. J´étais dehors. Alors, bêtement, je l´ai poursuivi. J´étais sûr que je tenais l´homme qui venait d´insulter Aline. Jamais, je n´ai eu l´intention, non, pas une minute, je n´ai voulu... Je vous jure. Il courait, il courait. Il a compris qu´il ne pourrait pas repasser par l´entrée, du fait que moi, je suivais l´allée. Alors, il a essayé de grimper au mur, il a glissé, il s´est retrouvé en bas, puis il a recommencé. Entre-temps, je suis arrivé. Il s´était agrippé au-dessus du mur. Il venait de se rétablir. Mais je l´ai attrapé avec le râteau. Les dents sont rentrées dans le col de sa chemise. J´ai tiré, j´ai tiré, je me suis acharné, la rage m´a pris, je l´avoue, parce qu´il se démenait pour m´échapper. Si au moins il était resté tranquille ! Il a basculé en arrière. Ça a fait un bruit, comme quand on marche sur une branche morte. Mon Dieu, Julien ! Il était par terre. Il ne bougeait plus.? C´est un accident, Monsieur.? Un accident? Mais c´est moi qui...? C´est tout de même un accident.»Julien a le ton péremptoire de la confrérie des irréfutables. La pluie et plus encore la douche froide de ce corps allongé l´ont complètement dégrisé.Le conseiller ne connaît pas la confrérie. Dans son entourage, à l´exception du roi (et encore, si l´on peut dire), il n´y a pas eu de prisonnier. Les officiers ne comptent pas, ils étaient bien traités. Mais Julien est si catégorique, le conseiller si désemparé, qu´il se jette sur la première bonne raison de s´en remettre à sa voix tranquille: Julien est jardinier, oui; Julien est un brave type, d´accord; Julien a été prisonnier, voilà! Un prisonnier doit s´y connaître en morts. Combien de fois n´a-t-il

  • Au soir du 27 février 2010, les habitants de la Faute-sur-Mer se sont endormis paisiblement sans s´inquiéter de la tempête annoncée.
    C´est à 3 heures du matin que les digues ont lâché et que la mer est montée. Lentement, inexorablement, elle a noyé les plages, les routes, les jardins et, sans jamais modifier son allure, elle a enlacé les maisons, piégé les résidents et tenté de les engloutir.
    À travers l´histoire de quatre familles, Yves Viollier raconte ces heures atroces que ces hommes, ces femmes et ces enfants ont dû affronter en tentant de toutes leurs forces de survivre.
    Il y a les Clemenceau, Guillaume et Alexandra, et leur toute petite fille Amandine, les Murail, un vieux couple installés là depuis toujours, Julie, la jeune célibataire et son chat, et enfin les Montauran, grands-parents de Jérémie et de Claire que leurs parents leur ont confiés pour les vacances scolaires.
    Torturés par l´angoisse, la culpabilité, le désespoir, s´accrochant au moindre espoir, montant sur les chaises, les tables, les meubles, poussés inexorablement vers le plafond et le toit, tous tenteront d´échapper à cet élément si familier devenu en quelques heures un ennemi mortel. Tous ne seront pas sauvés.
    À travers le destin de ces quelques personnages, c´est toute la dimension tragique de cette catastrophe qu´Yves Viollier a su rendre. Il nous dit l´horreur de cette nuit mais aussi la dignité, le courage et la solidarité dont ont fait preuve toute une population, tout un pays, toute une région.

  • « Pendant une longue période, qu´au fond je n´ai à coeur ni de situer dans le temps, ni d´estimer ici en nombre d´années, j´ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l´absence de vie sexuelle. Encore faudrait-il que ce terme soit le bon, si l´on considère qu´une part colossale de sensualité a accompagné ces années, où seuls les rêves ont comblé mes attentes - mais quels rêves -, et où ce que j´ai approché, ce n´était qu´en pensée - mais quelles pensées. Sur ce rien qui me fut salutaire, et dans lequel j´ai appris à puiser des ressources insoupçonnées, sur ce qu´est la caresse pour quelqu´un qui n´est plus caressé et qui, probablement, ne caresse plus, sur l´obsession gonflant en vous et dont on dit si bien qu´elle vous monte à la tête, sur la foule résignée que je devine, ces gens que je reconnais en un instant et pour lesquels j´éprouve tant de tendresse, je voulais faire un livre. »

  • À l´automne de sa vie, Traum, un écrivain talentueux mais délicieusement raté, se confie à Baragouin, sorte de secrétaire auquel il livre ses dernières pensées, ses rêves, ses amours, mais aussi des révélations. Celles-ci tournent autour de Kurtz, un ancien ami, un auteur « à la saloperie de talent » qui a construit son succès mondial sur une oeuvre annonçant les crépuscules de notre civilisation. Kurtz a gagné la fortune et une célébrité sulfureuse, puis est parti s´isoler en Espagne dans un lieu secret, « Arkansas ». Là-bas, une secte d´admirateurs à la recherche d´une utopie s´enfonce peu à peu dans le cauchemar...Dans un style lyrique inimitable, gorgé d´inventions et de fulgurances, Pierre Mérot nous offre une rhapsodie littéraire revigorante et optimiste, véritable ronde de personnages en quête d´amour et de rédemption : un clochard à l´intelligence « plus vive et plus mobile qu´un voleur sur le toit », des amants « brisant des mots d´amour entre leurs dents », la mystérieuse « Anna-la-Jubilante » et puis Rita, l´extravagante Rita, venue de l´Est...Arkansas, oeuvre sur la transmission de la création artistique comme ultime salut des âmes perdues, est le grand roman attendu par ceux qui ont salué, avec Mammifères, l´immense et singulier talent de Pierre Mérot.

  • Elle était Tiyi, mère des princesses Néfertiti et Meritaton, enceinte d´un nouvel enfant du Soleil Aton.Un an plus tôt, venant de la Guadeloupe en passant par le Venezuela, ils avaient échoué dans la petite ville de Santa Marta, sur la côte caraïbe de la Colombie, avec Mandjet et Mesketet, leurs derniers fidèles.Ils n´avaient trouvé là que la misère et le mépris. Par dérision, les habitants de Santa Marta avaient appelé le petit groupe des adorateurs du Soleil «la colonie du nouveau monde». Aton avait continué ses dévotions, mais Rê, le Soleil, était devenu sourd à ses appels. Ils voulaient retourner en Egypte, le berceau de la religion première, mais les fonds manquaient et le bateau qui devait cingler vers la Terre promise n´avait pas pris la mer.C´était ici, à La Ceja, sur cet hectare de terre aride, qu´allait s´achever le rêve sincère de fonder une religion nouvelle. C´était ici qu´ils allaient tous périr, dans la cupidité, la haine et la folie. Abandonnés des hommes. Abandonnés de Dieu.

  • "J'ai toujours été seul contre tous, cela ne fera qu'une fois de plus." Charles de Gaulle

  • Et l´été reviendraest un roman au scénario diabolique, au suspense haletant et à la morale implacable. Entre parties de pêche et plongées dans les abîmes de l´âme humaine, Gilbert Bordes est au sommet de son art.

  • "Papa Lonnie tenait l'enfant par la main, au beau milieu de cette route de campagne. Depuis si longtemps la chasse est commencée. Depuis si longtemps ils se promènent sous les ombres, la main dans la main, parfois devisant, parfois sans rien dire - lui penché de son côté pour qu"elle puisse agripper ses doigts, elle déambulant avec ce dandinement un peu raide qu'ont les canards et les petits enfants. Il l'aime comme personne n'a jamais fait." Ainsi s'en vont Papa Lonnie et Vanessa à la poursuite des lapins de lune. Mais qui a jamais passé le collier d'émeraudes au cou du lapin fabuleux prêt à s'enfoncer, l'hiver s'annonçant, dans les solitudes glacées du Grand Nord ? Alors, parce que la terre et le ciel se figent, dans ce pays qui ressemble au Québec, Papa Lonnie et Vanessa trouvent asile dans la ferme généreuse de Marie-Jeanne. Ce pourrait être le bonheur. N'était le passé ; n'étaient les rêves, les illusions et les passions, quand interviennent Jérémiah Parker, le shérif, et Joli-Dimanche, l'Indienne, et son caribou. L'hiver passe, les saisons tournent et, bientôt, les années. L'un et l'autre, l'autre et l'un, ils étaient faits pour s'aimer autour de la ferme de Marie-Jeanne. Mais peut-être étaient-ils trop simples, tropnaïfs, trop innocents ou trop bêtes. Peut-être ne passe-t-on jamais le collier d'émeraudes au lapin de lune...

  • Devant Jérusalem dont la splendeur s´offre à lui, Hugo Halter, un jour de printemps 1961, est abattu par des terroristes palestiniens. Pourquoi ?... Son cousin Marek - l´auteur même de ce livre - mène l´enquête. Au nom de la longue lignée qui n´a cessé de maintenir vivante «la mémoire d´Abraham», depuis l´ancêtre fuyant Jérusalem livrée aux flammes par les romains jusqu´à cet autre Abraham qui succombe en combattant dans les ruines du ghetto de Varsovie. Parallèlement, un autre cousin de Hugo, officier des services secrets israéliens, conduit sa propre enquête.
    Alors, de tous les points du monde, de New York à Moscou, de Paris à Buenos Aires, de Tunis à Beyrouth, entrent en scène les membres de la famille dispersée, soudainement rassemblés, tendus vers un même but, qu´ils soient athées religieux, assimilés, sionistes ou pacifistes. Et c´est ainsi que se déploie, superbement, la grande fresque du judaïsme contemporain - dans ses élans, ses victoires, ses contradictions et ses déchirements - que Marek Halter rêvait de peindre depuis «La Mémoire d´Abraham».

  • Ses parents ne pouvant s'occuper d'elle, Clotilde, onze ans, se retrouve sous la garde de sa grand-mère, une femme cassante et aigrie. Son seul ami est le voisin, Aurélien, un vieil homme aveugle, rustre et bourru mais qui s'est pris d'affection pour cette petite fille si pétillante et fantaisiste. Lorsque celui-ci entreprend de se rendre à Lourdes avec son ami François dans l'espoir d'un miracle qui lui rendrait la vue, Clotilde décide d'être du voyage. Commence alors une équipée aussi invraisemblable que merveilleuse à travers la France...
    Le vieillard désespéré et atrabilaire, son ami alcoolique et la petite fille au caractère de chien mesurent mal l'émotion que provoque leur disparition. Pour atteindre leur objectif, les trois aventuriers vont devoir surmonter des épreuves qu'ils ne soupçonnaient pas, comme la faim, le froid, la clandestinité (les deux hommes étant recherchés pour enlèvement d'enfant). Mais leur périple sera aussi fait de rencontres, de rêves et d'amitiés, de vérité.
    Explorant avec délicatesse toutes les formes de la douleur contemporaine, Gilbert Bordes signe une fois encore un roman sensible et touchant. Au-delà du handicap, de la solitude, la maladie et la frustration, il conduit ses personnages vers le bonheur en les dotant de la seule arme qui puisse désarçonner les peurs et les bassesses de la société d'aujourd'hui : la puissance de l'imaginaire.

  • " Et me voici : la légendaire Mary-Lee Steppleton, l'Idole Vivante. Veuve, orpheline, fille de mineur, voleuse de cheveaux, chef de bande, disciple d'un sorcier mormon, devenue déesse des Apaches chiracahuas. Vous recueillerez de sa bouche les secrets d'une existence tumultueuse, partagée entre les tentations terrestres et l'irrésistible appel de la Transcendance : les secrets de la VIE elle-même ! " Ainsi va Mary, bride abattue, dans un Ouest déclinant saisi par le folklore et la nostalgie. Héros exhibés dans les foires, Buffalo Bill, Sitting Bull, Geronimo n'ont rien perdu de leur superbe. Gangs miteux, braquages loupés, sorcellerie vengeresse, bisons fantômes, pendaisons-spectacles, autant d'épisodes burlesques et trépidants de ce western littéraire.

  • C´est un puzzle, un puzzle à sept voix : sept femmes, Audrey, Ana, Claude, Violette, China, Joy et Patty nous confient tour à tour leur histoire d´amour. Elles racontent l´homme qui les a fait tellement rêver, qu´elles ont aimé avec passion, pour lequel elles ont tout donné. Le grand amour, oui, elles y ont cru. L´homme idéal ? Oui, elles l´ont rencontré. Cet homme magnifique, cet amant flamboyant s´appelle Maximilien. C´est de lui et de lui seul que parlent Audrey, Ana, Claude, Violette, China, Joy et Patty. Un homme et sept femmes... Un homme en filigrane que l´on ne voit jamais, que l´on entend à peine. Qui est-il : un amoureux sincère ? un joueur pervers ? un manipulateur ? Composant toutes les sept une vibrante palette des émotions amoureuses, elles parlent de leurs stratégies, analysent leur comportement, évoquent leurs rivales et démontent les erreurs, se jurent de gagner la bataille. Ensemble, elles dessinent un tableau impitoyable des pièges de l´amour et dressent un terrible portrait en négatif d´un prédateur.

  • Zéro ou les cinq vies d'Aémer: en terre irakienne, l'histoire d'une femme traversée par la découverte du zéro.0500Ce fut d'abord la main qui s'ouvrit. Occupé à guetter le frémissement des paupières, il n'y prit pas garde. Aémer ne perçut qu'une masse sombre bordée d´un halo lumineux qui lui cachait le soleil. Un homme au visage invisible lui tripotait le front. Le fracas de l´avion, le tremblement de ciel, la course en zigzag, le feu dans la poitrine, le souffle au ras du sol, le saisissement de se sentir projetée ? rien en deçà: elle ne se souvenait ni d´où elle venait ni où elle allait. Elle tourna la tête, aperçut le petit cône d'argile au creux de sa main. Son sourire brutalement interrompu explosa. Le calculus venait de lui sauver la vie. En se baissant pour le saisir, elle avait échappé aux éclats. Enterrant les vivants, les bombardements américains avaient déterré un signe de vie. Un calculus sumérien de plus de cinquante siècles.0300Irak, guerre du Golfe. Une bombe ensevelit une femme sous une poussière de débris et extrait des entrailles du sol un calculus, un de ces petits cônes d´argile dont on se servait pour compter à Sumer, il y a 5000 ans. Aémer, elle, a échappé à la mort, elle est vivante, intensément vivante. Travaillée en plein coeur par la mort de ses parents, avalés par la terre. La terre mésopotamienne où furent inventées l´écriture des lettres et celle des nombres.C´est ici que se déroulent les cinq vies d´Aémer, traversant les époques dans une permanence et une liberté qui transcendent le temps.Prêtresse de l´amour à Uruk, 3 000 ans avant notre ère, elle assiste à l´invention de l´écriture cunéiforme et à la première ébauche de celle des chiffres par son amant, le berger Tanmuzzi...Prostituée à Ur, mille ans plus tard, elle s´initie à l´écriture formalisée des chiffres avec Unzu, le brillant responsable de l´irrigation...Oniromancienne à Babylone, 500 ans avant notre ère, elle bute, avec son frère Gabi, l´astronome, contre la nécessité d´inventer le zéro, ce rien qui, placé entre deux chiffres, leur fait signifier une autre quantité; ce nombre qui permet d´écrire les chiffres jusqu´à l´infini...Voleuse le jour et danseuse la nuit à Bagdad, au IXe siècle de notre ère, elle trouve le zéro avec Mohand, le mathématicien, et Panca, la féroce pillard indien...Et en 2003, dans la terre d´Irak à nouveau martyrisée par les bombes, Aémer, archéologue habitée par la disparition de ses parents, retrouve un tombeau vide. Un tombeau qui pourrait accueillir leurs corps. Un tombeau qui désigne l´absence, comme le zéro. Et qui la clôt.

  • 1937, en Union soviétique, la rencontre improbable d'un jeune communiste français et d'une ballerine russe en quête d'idéaux.0500Mercredi 12 février 1937La nuit, il ne voyait rien. Il conduisait, mais il ne voyait pas. Mais il savait où il était. Il se repérait à un arbre, un vieux mélèze à la tête penchée, un passage à niveau, un cimetière. Il savait qu´après la côte de Vishera on pouvait lâcher les chevaux et tirer dessus, la voie descendait vers les marais des monts Valdaï. Mais cette nuit était une nuit pas comme les autres.Il neigeait.Les premiers flocons avaient commencé à tourbillonner lorsque Youri était sorti de chez lui, la veste matelassée sur le dos, le sac de cuir et la gamelle en bandoulière. Il ne s´en était pas inquiété. De lourdes nuées avaient pesé sur Leningrad pendant toute la journée, et l´arrivée de la neige avec la nuit était une délivrance. Youri était habitué à elle. Les flocons autour de sa machine ne lui faisaient pas plus d´effet qu´un nuage de mouches bourdonnant au flanc d´un cheval.Au dépôt, il avait rejoint Volodia qui s´activait à préparer son feu. Le chauffeur aux joues creuses et à la barbiche à la Lénine avait bougonné:? Je n´aime pas ce temps. À mon avis, il va en tomber beaucoup.Youri avait laissé fuser son rire de bon géant.? Ça c´est bien d´un mangeur de graines de tournesol!Volodia détestait la neige. Originaire de Rostov, sur les bords de la mer Noire, il était habitué à la chaleur. Mais quand on vient habiter une région où l´hiver s´achève en mai et recommence en octobre, on est obligé de s´y faire. Volodia avait pourtant insisté:? Je te dis que je n´aime pas ça!Youri avait levé les yeux dans la nuit en enfilant son bleu de chauffe, et n´avait vu que les flocons qui glissaient en silence dans les lumières de la verrière de la gare.? Tu as encore bu, ivrogne!Volodia Chichkine empestait en effet l´alcool. Il avait la maladie de boire. Il avait expliqué à Youri qu´il était souvent très triste, et que, pour se réjouir, il buvait. La vue d´une bouteille ou d´un débit de boissons l´attirait irrésistiblement comme un aimant. Youri l´avait récupéré au dépôt où les sanctions pour ivrognerie l´avaient condamné à moisir dans le nettoyage des boîtes à fumée et la préparation des feux des autres, et il en avait fait son chauffeur. Il lui avait interdit l´alcool dans le train. Et leur paire était devenue inséparable. Le maigre Volodia enfournait ses cinq à six tonnes de charbon par voyage dans la gueule avide du foyer de la locomotive, conduisant son feu sans défaillir même si, la veille, il avait erré ivre mort dans les cafés des alentours de la gare.Coiffé de sa vieille chapka en lapin, les lunettes de mécanicien autour du cou, Youri avait vérifié les aiguilles des manomètres de pression, de niveau d´eau, de chauffage. Il avait faufilé avec souplesse ses larges épaules entre les essieux pour contrôler les godets et les trous graisseurs. Il aimait sa machine. Il lui touchait la boîte d´essieu du dos de la main, le chiffon au poing. Il lui parlait avant le départ comme un cavalier à sa monture. Il employait des mots gentils, «douchka», «ma petite chérie», «ma belle», qu´il utilisait autrefois avec sa femme.Volodia et lui avaient reçu cette 142, «Joseph Staline», quand ils avaient signé la ligne du train la «Flèche Rouge» reliant Leningrad à Moscou. Ils appréciaient son énergie, sa souplesse, son économie dans l´effort car, avec sa boîte à feu supérieure à la 132, elle brûlait moins qu´elle, en fournissant plus de puissance. Sans doute, leur manière de la conduire et de l´entretenir n´y était pas étrangère. Leur trio faisait bon ménage, et ils étaient heureux ensemble en ces temps de peur terrible et de dénonciation généralisée. Il suffisait que le mécanicien et son chauffeur se retrouvent avec leurs gros souliers à clous dans la poussière noire et l´odeur d´huile de leur cabine de la «Flèche Rouge» pour qu´ils basculent dans un autre monde et oublient tout. Ils n´avaient qu´une idée en tête: respecter la feuille, tenir l´horaire, coûte que coûte, et ils le tenaient. Ils n´avaient pas connu pl

  • La vie à Paris devenant pour lui très difficile, Vidocq propose ses services à la police parisienne. Il devient un collaborateur si efficace qu´en 1810 le préfet le nomme à la tête d´une brigade dite de sûreté et composée de condamnés libérés à qui un séjour plus ou moins long dans les prisons avait fourni, comme à leur chef, l´occasion de connaître le personnel de malfaiteurs alors en exercice. Là, Vidocq ne se fait pas que des amis. Ses ennemis se trouvent dans la pègre, mais aussi au sein du pouvoir.
    En 1821, Vidocq démissionne définitivement de ses fonctions de chef de la Sûreté et fonde en 1833 la première agence française de détectives privés. Il mourra à Paris en 1857, âgé de quatre-vingt-deux ans.

    Michel Peyramaure ne pouvait se priver du plaisir de nous raconter la vie de ce personnage magnifique. Le portrait vigoureux et flamboyant qu´il nous offre est un véritable régal.

  • " Pourquoi l'ai-je baptisée Espérance ? Parce que les hommes ont toujours souhaité vivre près d'elle, espéré sa présence, persuadés qu'elle ne les trahirait pas, qu'elle ne les décevrait pas, qu'elle était vivante, comme eux, plus qu'eux peut-être, et qu'elle saurait les rendre heureux. Car j'ai compris très tôt qu'une rivière est un être vivant, qu'elle a un corps, une âme, un territoire, une famille, des rires, des colères, des souvenirs, une histoire, et surtout comme nous, les hommes : une enfance, une jeunesse, une maturité, une vieillesse et une mort. " C.S.
    La Rivière Espérance, c'est la grande trilogie romanesque de Christian Signol, l'histoire dont Marie et Benjamin Donadieu sont les héros, et avec eux tout le petit peuple des bateliers qui naviguaient au XIXe siècle sur la Dordogne, de Souillac à Libourne jusqu'à Bordeaux... Fresque d'un temps traversé par les combats politiques et les secousses de la modernité, fresque d'un monde et d'un métier singuliers, ce roman de courage et de liberté est aussi celui d'un grand amour simple et fidèle.
    La Rivière Espérance Trilogie comprend:
    La Rivière Espérance Le Royaume du fleuve L'Âme de la vallée

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