• Une analyse précise et originale du régime de vérité en temps de guerre.
    Rumeurs, légendes, propagande et témoignages de l'expérience de guerre : tous ces phénomènes montrent qu'un nouveau régime de vérité se mit progressivement en place pendant la Première Guerre mondiale. Devenus invérifiables souvent pour les raisons matérielles nées du conflit, au moment même où les sociétés belligérantes étaient en proie à un doute général, les faits devinrent plus difficiles à établir. L'État favorisa cette incertitude en installant son propre système d'information : censure et " bourrage de crâne " alimentèrent nombre de commentaires contemporains. Mais il ne fut pas le seul responsable. Combattants sur le front, civils à l'arrière, livrèrent aussi des " vérités " participant d'une " culture de guerre " nécessaire à la mobilisation des populations. Contribution à cette histoire, cet ouvrage collectif propose une relecture de la Première Guerre mondiale, à la lumière des catégories de " vrai " et de " faux ", ébranlées par l'état de guerre. Les auteurs montrent aussi que le nouveau mode d'établissement de la vérité se poursuivit après guerre : les controverses autour du bon ou du mauvais témoignage rejoignirent les polémiques politiques lancées par les pacifistes ; les États, pour leur part, s'affrontèrent sur les responsabilités de la guerre autour d'une querelle sur des faits toujours difficiles à étayer. De l'incertitude vécue durant les hostilités aux mémoires contestées par la suite, le négationnisme historique sut se nourrir de ce brouillage entre le " vrai " et le " faux ", après la Seconde Guerre mondiale, aux fins de fragiliser la réalité de l'extermination nazie. L'ouvrage montre enfin que l'analyse de la Grande Guerre peut être un modèle utile à l'analyse des grands conflits, jusqu'aux plus contemporains, y compris la guerre d'Irak en 2003, qui se comprendra peut-être mieux.

  • Dans la mémoire des Français, la Première Guerre mondiale et ses images sanglantes restent comme l'incarnation du mal absolu. Mais la guerre de 1914 ne se limite pas à cette horreur, aux poilus pris dans les tranchées boueuses, aux ambulancières héroïque et aux enfants mutilés. Elle a emporté tout un peuple à se mobiliser au nom de la patrie, et en particulier les intellectuels qui se sont emparés de la boucherie pour écrire des livres ou de la musique, peindre des toiles, sculpter, philosopher. Et cette guerre peut aussi se comprendre vue d'un " autre front ", celui de la vie de l'esprit, où intellectuels et artistes, mobilisés ou pas, se sont mis, pour la première fois avec cette intensité, au service d'une cause : la guerre, le plus souvent, mais parfois aussi, la paix en inventant la dissidence. Ce livre, en embrassant la Première Guerre mondiale dans une durée plus longue que celle qui lui réserve habituellement l'histoire politique et militaire, tente de contribuer à une nouvelle histoire culturelle d'un conflit que l'on ne peut décidément plus comprendre du seul point de vue des canons. Il mesure l'engagement des intellectuels à l'aune de leur avant-guerre et apprécie les premières blessures que le conflit laissa à l'âme du XXe siècle. Il prend enfin en charge les incohérences d'un temps qui vit le retour des conformismes esthétiques et des conservatismes politiques les plus décisives pour notre modernité. Pour le meilleur et pour le pire.

  • En replaçant le lecteur au coeur des périodes difficiles de notre Histoire, les Romans de la Mémoire, fondés sur une information historique rigoureuse, proposés par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la défense, en partenariat avec les éditions Nathan, se veulent une contribution à son approche de la citoyenneté.
    Le régiment de Casimir et Martin combat sur le front, dans les environs de Verdun. Dans les tranchées, les semaines se succèdent grises, monotones : les obus, la gadoue, la crasse. Mais un jour, alors que les deux amis se retrouvent dans le bois d'Haumont, Martin affirme à Casimir qu'un trésor y est enfoui. S'emparer de ce butin va devenir leur obsession, un rêve qui leur permettra de survivre en échappant à leur terrible quotidien.

  • Cent ans après la Grande Guerre, le témoignage de Désiré Sic, officier du génie, n'a rien perdu de sa force. Militaire de carrière en poste au Maroc en août 1914, il rejoint la métropole au moment de l'entrée en guerre. Photographe amateur, il s'applique à fixer ce qu'il voit et vit tout au long de ses pérégrinations. Plus d'un millier de clichés et d'autres documents divers ont été conservés par la famille. Une partie en est publiée ici ; elle nous dit aujourd'hui ce qu'a pu être l'expérience singulière d'un combattant du génie : sa perception de la guerre, de la vie quotidienne des soldats dans l'univers des tranchées, des camarades et des hommes qu'il rencontre, de la bataille et enfin des armes si meurtrières. La qualité esthétique des photographies participe d'une transmission poignante de l'expérience de cet « homme en guerre ».

    Alexandre Lafon, docteur en histoire contemporaine (Université de Toulouse 2 - le Mirail) est conseiller pour l'action pédagogique de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, et membre du CRID 14-18. Ses recherches portent principalement sur la camaraderie au front et sur la mémoire combattante.
    Colin Miège a effectué une carrière de haut fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, après être passé par l'École nationale d'administration (ENA). Passionné par la période de la Grande Guerre, il a entrepris à ce titre de valoriser les nombreuses photographies et les documents légués par son grand-père, Désiré Sic.

  • En replaçant le lecteur au coeur des périodes difficiciles de notre histoire, les Romans de la Mémoire, fondés sur une information historique rigoureuse, proposés par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la défense, en partenariat avec les éditions Nathan, se veulent une contribution à son approche de la citoyenneté.
    Joseph Marichal et sa famille embarquent à New York à bord du Lusitania, pour rejoindre une Europe en pleine guerre mondiale. Ce paquebot luxueux transporte des voyageurs américains, mais l'équipage murmure qu'il abrite également des munitions. De plus, un tract distribué aux passagers rappelle les dangers de naviguer dans une zone de guerre. Pendant toute la durée de la traversée, Marichal s'interroge : les risques évoqués sont-ils bien réels ? Le capitaine du bateau aurait-il vraiment équipé un navire civil avec du matériel militaire, mettant en péril la vie de tous les passagers ? Le naufrage du Lusitania, touché par une torpille le 7 mai 1915, confirmera les doutes de Joseph Marichal et sera un déclencheur de l'entrée en guerre des États-Unis dans le conflit mondial.

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