• La sirène d'Isé

    Hubert Haddad

    • Zulma
    • 14 Janvier 2021

    À la pointe sud de la baie d'Umwelt, loin du monde et hors du temps, le domaine des Descenderies a accueilli des générations de patientes. Né de la fragile Leeloo, Malgorne grandit sous la houlette de Sigrid, entre incompréhension et possession jalouse. Il trouve bientôt refuge dans le dédale de l'extravagant labyrinthe d'ifs, de cyprès, de pins et de mélèzes imaginé par le Dr Riwald. S'il n'entend ni le ressac ni les vagues qui se déchirent sur les brisants, Malgorne se nourrit des vents et scrute sans fin l'horizon. Depuis l'ancien sémaphore, Peirdre sonde elle aussi chaque soir l'océan, hantée par la voix d'une amie disparue. Son père, capitaine au long cours, fait parfois résonner pour elle les cornes de brume de son cargo de fret. C'est sur la grève, un matin, devant le corps échoué d'une étonnante créature marine, que Peirdre et Malgorne forgent soudain l'espoir du retour d'autres sirènes. Après Le Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous entraîne dans la magie d'un nouveau jardin entre terre et mer. La Sirène d'Isé est un roman magnétique, envoûtant et lumineux.

  • « Face à moi, le paysage est long et bleu. Sur l'île, je ne connais personne, personne ne m'attend. La page est blanche. Tout est possible. Non. Tout semble possible. Mais, ça, je ne l'ai su qu'après. »
    Après sept jours de traversée en plein Atlantique Sud, à bord d'un langoustier assurant la liaison avec la ville du Cap, Ida débarque sur l'île de Tristan. Au fil de ses déambulations dans le village accroché aux pentes d'un volcan, elle découvre son nouvel univers : le vert des collines, les allées courant entre les jolies maisons, les vaches sur les parcelles et les habitants occupés au port, au magasin ou à la conserverie. Dans cette petite communauté, avec pour seules limites le ciel immense et l'océan, ses repères chavirent peu à peu dans une lente dilatation du temps.
    Soudain, avec le naufrage d'un cargo, l'activité devient frénétique. Quand un soir, à l'Albatross bar, Ida accepte de partir sur les lieux du sinistre, elle ne sait pas que sa vie va basculer. Le sauvetage des oiseaux mazoutés occupe les journées de la petite équipe qu'elle constitue avec les trois hommes qu'elle a suivis sur cet îlot désert. Une nuit, l'un d'entre eux la raccompagne dans sa cabane. L'éblouissement amoureux surgit alors. Pendant quinze jours hors du monde - la mer est mauvaise, aucune embarcation ne peut accoster pour venir les chercher -, la valse des corps et des sentiments sera leur seul horizon.
    Au rythme de la houle et du vent, Clarence Boulay excelle à donner chair à une vertigineuse sensation de dessaisissement. Son roman largue les amarres, et bouscule toutes les certitudes.

  • Etre du monde

    Maryse Rouy

    Maryse Rouy rêvait depuis longtemps de traverser l'Atlantique en cargo. C'est après avoir accompagné sa mère atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA ou maladie de Lou Gehrig) pendant les derniers mois de sa vie que ce voyage s'impose à elle comme une nécessité. Elle l'entreprend et sa cabine devient le lieu d'une retraite d'écriture. Au rythme des vagues, des aubes et des crépuscules, elle raconte la dégradation physique et les souffrances psychologiques d'une femme aux prises avec une maladie incurable, ainsi que l'épreuve vécue par ses deux filles, proches aidantes pendant quatorze mois. Alentour de cette mémoire, la vie continue au fil des relations avec l'équipage et les passagers, des instantanés sur l'existence à bord du bateau et du murmure infini de l'océan.

    Tout en émotion contenue, ce récit mêle la douleur ressentie devant le développement de la maladie aux souvenirs lumineux d'une mère volontaire et courageuse qui, malgré les obstacles, tenta sa vie durant d'élargir son horizon et d'être du monde.

  • Je suis partie sur un cargo. Trois semaines. Peu m'importait la destination.
    J'ai écrit un petit mot à mes amis, à ma famille, pour les informer de ce départ rapidement décidé.
    Sur le cargo, libre de tout, j'ai continué à leur écrire, ainsi qu'à un inconnu, Silas. Silas était mon interlocuteur des jours tristes, des jours sans énergie, ou des jours où ma peur m'a empêchée de communiquer avec mes proches. Silas était un confident tranquille.Je n'ai rien pu envoyer. La mer zone blanche, la mer sans facteur ni Wifi.
    Ces correspondances immobiles me sont restées. Devenues de simples écrits, elles sont de brefs témoignages. Qui disent un trajet passant de la Méditerranée au Canal de Suez, au golfe d'Aden et au large de la Somalie, à l'Océan Indien pour arriver à LA Réunion.
    Qui disent le menu de la vie sur cet immense bateau, ce qui se vit et qui s'échappe, ce qui est sans importance et ce qui marque les jours. La mer, les risques, les gens. Qui disent l'insupportable et magnifique tranquillité des porte-containers sur les mers qu'ils polluent. Qui disent aussi l'histoire d'un grand-père retrouvé. Les voici.

  • Marion Tombelaine et Dan Layton, à Washington, se font de tendres adieux. La première est obligée de gagner New York pour y suivre un stage de perfectionnement, le second s'en va en mission d'inspection aux Îles de la Sonde. Pourtant, ce même soir, invitée par un de ses camarades dans une boîte de nuit new-yorkaise, la première personne que Marion voit, flirtant avec la vendeuse de cigarettes, c'est Layton ! L'explication est orageuse à la grande joie de la clientèle. Dan est là pour une jolie Cubaine, Virginia Lopez, qui a attiré l'attention du F.B.I. La présence de cette incandescente exilée n'arrange pas les choses entre Layton et Marion qui vont de querelles en disputes, de rabibochages en raccommodements, tout en enjambant les cadavres dont Dan parsème sa route. Du mouvement, de l'action, de l'humour !

  • 500 kilos de feuilles de coca valent 1.200 dollars. Une fois traitées, elles donnent 1 kilo de cocaïne base (11.000 dollars), puis 1 kilo d'hydrochlorate de cocaïne (20.000 dollars). Ledit kilo en vaudra trois fois plus dès qu'il sera entré illégalement aux États-Unis. Coupé à 50 %, son prix double et, après de nouveaux coupages, il atteindra, à la revente au détail, le chiffre coquet de 500.000 dollars. C'est à dire que l'once de cocaïne vaut cinq fois l'once d'or... Bien. Mais qu'est-ce que des barbouzes viennent faire dans cette histoire ? Pourquoi le S.I.S. britannique s'est-il infiltré dans les rangs des guérilleros ? Pourquoi de S.R. cubain fait-il de même ? Et moi, pourquoi ai-je accepté d'aller risquer ma peau et celle de ma fine équipe dans le paradis tropical (et fiscal) des Bahamas ? Pour le savoir, il faut me suivre... À l'abordage !

empty