• Noces ; l'été

    Albert Camus

    'Je me souviens du moins d'une grande fille magnifique qui avait dansé tout l'après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu'aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait après elle une odeur mêlée de fleurs et de chair.'

  • Les phénomènes migratoires occupent aujourd'hui une place essentielle dans les agendas politiques. Moins connus sont leurs effets sur les équilibres socioéconomiques des territoires d'origine et d'accueil, dans un contexte climatique déjà préoccupant.

    Composante première des mouvements de population, la migration des campagnes vers les villes est une stratégie d'amélioration de vie pour les ménages grâce aux transferts matériels et immatériels de la part des migrants et constitue un des leviers de développement local, mais elle compromet aussi l'attractivité des territoires ruraux, notamment aux yeux des plus jeunes. Elle prive en outre les secteurs agricoles et agro-alimentaires d'un capital humain nécessaire.

    À l'heure où resurgissent les crises alimentaires et où s'aggravent les tensions liées aux ressources naturelles dans l'espace afro-méditerranéen, les migrations peuvent également fragiliser la sécurité alimentaire et hydrique des territoires les plus pauvres.

    Qu'ont été et que sont les tendances migratoires en Méditerranée ? Comment intégrer ces mobilités internes et internationales comme facteur de développement territorial ? Comment aborder les migrations des jeunes et des femmes ? Quels sont les liens entre migrations et environnement ? Quels rôles jouent les innovations et le secteur privé ? Quelles réponses peuvent apporter les acteurs de la coopération et du développement ?

    La nouvelle édition du rapport Mediterra, codirigée par le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) et l'Agence française de développement (AFD), donne la parole à des experts et à des institutions partenaires afin de mieux comprendre cette thématique complexe, d'identifier des solutions durables et pérennes.

  • Cette nouvelle revue annuelle de littérature et de réflexion initiée par Hubert Haddad s'engage à parler du monde d'une manière décentrée, nomade, investigatrice, loin d'un point de vue étroitement hexagonal, avec pour premier espace d'enjeu l'Afrique et la Méditerranée. C'est autour du nom prestigieux d'Apulée - auteur berbère d'expression latine qui, avec l'Âne d'or ou les Métamorphoses, ouvrit au IIe siècle une extraordinaire brèche de liberté aux littératures de l'imaginaire - que se retrouvent ici écrivains et artistes venus d'horizons divers. Romanciers, nouvellistes, plasticiens, penseurs et poètes des cinq continents auront la part belle pour dire et illustrer cette idée de la liberté, dans l'interdépendance et l'intrication vitale des cultures. Avec ce numéro inaugural, c'est sur le thème des Galaxies identitaires que la revue Apulée entre en scène pour tenter d'en finir avec les enfermements idéologiques, les replis élitistes et les fanatismes aveugles. Et la création et la réflexion ont beaucoup à dire sur les identités... Comité de rédaction Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Roblès, Hubert Haddad, Abdellatif Laâbi, Catherine Pont-Humbert.

  • Élisée Reclus, Albert Camus, l'Algérie : deux personnages, une contrée, une convergence finalement évidente. Malgré le demi-siècle qui les sépare, malgré les différences de métier, de contexte ou de caractère, Reclus et Camus partagent de nombreux points communs : honnêteté intellectuelle, exigence éthique, convictions libertaires et passion pour l'Algérie. Véritable fil noir et rouge, qui passe d'abord par un attachement familial, ce pays traduit en effet leur sentiment d'être des « indigènes de l'univers ». Leur dénonciation du colonialisme, exempte de nationalisme, fut mal comprise. Leur alternative autogestionnaire et fédéraliste aurait permis des issues moins douloureuses.

  • C'est ainsi que ma vie s'est déroulée, d'une vague à l'autre, d'un pays à l'autre ; elle a dérivé selon les courants, les vents et les humeurs. J'ai le sentiment d'avoir d'abord écrit la terre avec mes pas, en me laissant guider par une boussole intérieure.
    Quel usage peut-on faire du monde ? Naviguer de rive en rive, serrer l'Autre dans ses bras et sur son coeur : être dans cette altérité grandissant au hasard des voyages et des continents qui séduisent et qui forment notre humanité. Initier la relation. Nourrir la rencontre.
    Féconder la terre. De la Bretagne à l'Égypte, du Maroc à l'Espagne, de l'Afrique du Nord au Québec, les identités se font et se défont.
    Rachel Bouvet donne le ton, trace une route d'eau, de terre et de mots.
    Elle emprunte au passage quelques figures de l'Orient et du monde arabe.
    Elle indique sa manière de cheminer dans ce vaste monde. Quelques questions essentielles surgissent : À quel territoire appartient-on aujourd'hui ? Comment refuser cette géographie déchirée qui condamne à l'exclusion et au racisme ? Quel héritage assumeront les enfants issus de ces pérégrinations ?

  • "C´est l´histoire de douze hommes et une femme. La femme est enceinte : douze plus un quatorze. Quatorze personnages qui traversent le grand bleu dans le noir. Quinze avec le petit bateau en bois. Seize, avec la Lune qui les observe de son oeil mort. Dix-sept avec la mer dans tous ses états. Dix-huit avec le panier à fruits. Dix-neuf même, en comptant le ver qui embarque à bord d´une pomme. " Les clandestins, douze hommes et une femme, trouvent la mort là où ils espéraient la vie, rejetés sur une petite plage du nord du Maroc. Ils ont, comme tant d´autres avant eux, rêvé de départ et tenté de rejoindre l´Europe, ici seulement distante d´une vingtaine de kilomètres. Et ils ont payé de leur vie ce désir d´ailleurs qui les a poussés à s´embarquer sur un esquif bien trop fragile.
    Retraçant l´histoire des treize noyés en courts chapitres à travers le souvenir qu´ils ont laissé dans leur village, Youssouf Elalamy a su trouver une construction narrative aux résonances de choeur antique méditerranéen, alliée un style à la fois moderne et lyrique, pour évoquer une poignée de destins tragiques, emblématique de toutes les formes d´exils. Cette polyphonie résonne haut et fort, écrite avec chaleur souvent, hargne parfois, lyrisme toujours.
    Hubert Prolongeau, Le Nouvel Observateur"

  • Atlantide

    Olivier Merbau

    • Bookelis
    • 28 Septembre 2017

    L'histoire de l'Atlantide aux temps de sa splendeur comme à ceux de sa destruction n'est pas connue, et des cataractes de supputations se sont déversées dans l'abîme sans fond de l'imaginaire collectif. L'ignorance dans laquelle nous sommes de la géographie des temps antiques, notamment ce qui concerne le niveau des mers ou l'activité volcanique, aggrave encore ces lacunes. Cependant, ces dernières années, les moyens techniques modernes de fouilles ou de datation ont apporté des informations plus précises, parfois surprenantes, qui confirment la légende ou causent de nouvelles interrogations. Voici un point d'étape sur cette enquête menée au fond des âges par ce navigateur passionné des mystères du passé qu'est Olivier Merbau.

  • Ombres portées

    Iris Breole

    Mandorla est une île fictive, quintessence du corps et de l'âme de la Méditerranée. Après trente ans d'absence, Claire y revient, avec comme seuls bagages ses fragilités, mais aussi une force intérieure inébranlable, en quête d'identité et de vérité. Car Mandorla, mélodieux nom de l'amande en Italien, constitue le réceptacle idéal de secrets enfouis, de pesants mystères, de trafics crapuleux...
    Décortiquer le fruit pour accéder au coeur des choses, telle sera la tâche que s'assigne Claire. 
    Au carrefour du roman noir, social et psychologique, Iris Bréole tresse avec habileté une intrigue haletante, dans laquelle le lecteur arpente avec la même ardeur que Claire les méandres du passé et les sentiers aussi tortueux que lumineux de son île.

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