• Pour chaque " entrée ", les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s'acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des " angles ", des " curiosa " inédites : de " A " comme Agonie, à " Z " comme " Zinedine de Guermantes ", de " Datura " à " Rhinogoménol ", de " Kabbale " à " Asperge ", de " Plotin " à " Schopenhauer " ou " Walter Benjamin ", ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la " valeur ajoutée " à leur texte. Les proustiens de coeur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l'oeuvre elle-même sont reproduits dans ce " D.A " volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant.

  • Proust

    Samuel Beckett

    Paris, juin 1930, Samuel Beckett a vingt-quatre ans. Il finit sa seconde année en tant que lecteur d'anglais à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Avec Whoroscope il vient de remporter un concours ? lancé par Richard Adlington et Nancy Cunard qui dirigent les éditions Hours Press à Paris ?, pour le meilleur poème de moins de cent vers ayant pour sujet le temps. Adlington et Cunard apprennent alors qu'à Londres les éditions Chatto & Windus envisagent de publier une monographie sur Marcel Proust. Ils proposent cette commande à Samuel Beckett qui accepte.
    Samuel Beckett reproche aux critiques littéraires de pratiquer volontiers « des hystérectomies à la truelle » et pour son Proust ce n'est certes pas oeuvre de critique littéraire qu'il entend faire. Il ne se livre pas non plus à une analyse académique en bonne et due forme : c'est là un genre qu'il ne goûte guère, il est à mille lieues de tout formalisme et de toutes conventions universitaires. C'est en écrivain accompli que Samuel Beckett s'exprime et s'affirme déjà ici.
    Cet ouvrage nous ouvre des perspectives nouvelles aussi bien sur l'oeuvre de Marcel Proust que sur celle, alors encore à venir, de Samuel Beckett lui-même. C'est un acte de compréhension où se révèlent tout à la fois l'oeuvre comprise et celui qui la comprend.

    Publié en français en 1990, traduit de l'anglais et présenté par Edith Fournier.

  • Proust contre Cocteau

    Claude Arnaud

    • Grasset
    • 4 Septembre 2013

    Peu d'écrivains se sont autant aimés, enviés et jalousés que Proust et Cocteau. Très peu établirent une relation affective et sensible aussi riche, on l'ignore parfois. Tel un frère élevé une génération plus tôt, Proust montrait une admiration sans borne pour ce cadet qui le faisait rire aux larmes et manifestait à 20 ans le brio et la faculté qui lui manquaient encore, à près de 40 ans. Il l'aima d'un amour impossible et frustrant, comme tant d'autres avant lui...Comment la situation s'est-elle retournée ? Pourquoi Proust pèse-t-il tant sur un paysage littéraire que Cocteau semble toujours traverser en lièvre, un siècle plus tard ? Aurait-il contribué à lui nuire ? Le premier des autofictionneurs aurait-il eu besoin d'éliminer ses modèles ?Vénérons le saint littéraire, apprenons à connaître l'assassin.

  • Proust

    Fernandez-R

    Proust est un livre de critique, mais aussi d'amitié. Loin de l'analyse sèche et désincarnée, Ramon Fernandez s'y livre à une étude aussi érudite qu'affectueuse de l'auteur d'A la recherche du temps perdu. Il avait en effet été l'ami de Proust, qu'il avait connu très jeune, en 1918. Publié en pleine guerre (mars 1943), ce Proust marque le retour à la critique littéraire d'un homme qui s'y était brillamment illustré. C'est aussi un livre qui marque un répit dans l'agitation politique qui l'avait mené du socialisme à la collaboration, en passant par le communisme. N'oublions pas que, au moment où le livre a été publié, Proust ne connaissait pas une gloire qu'il n'a acquise que plus tard : l'essai de Fernandez y a fortement contribué - sans parler de l'acte de résistance intellectuelle qui consistait, sous l'Occupation allemande, à vanter un grand écrivain qui était aussi d'origine juive et homosexuel. Un livre d'écrivain, loin de toute glose universitaire et pesante.

  • Proust meurt le 18 novembre 1922 à cinquante et un ans au 44, rue Hamelin à Paris. Si toute vie prend son sens en regard de sa fin, celle d'un écrivain se double d'une autre course de vitesse. Deux adversaires s'opposent : le souci d'achever son oeuvre et la mort qui se rapproche. Aura-t-il le temps d'atteindre son dermier mot, de poser le mot 'fin'?
    Pour Proust, les choses sont encore plus tragiques. Car la Recherche est une oeuvre toujours à reprendre, à corriger, à nourrir. Par principe, elle est sans fin.
    Proust malade et se sachant condamné, son attentive et dévouée gouvernante Céleste à ses côtés, lutte non tant pour survivre quelques jours ou même quelques heures mais pour, une fois encore, ajouter, biffer, corriger son immense chef-d'oeuvre, ce souci interminable.

  • Lectures de Proust

    Raphaël Enthoven

    • Fayard
    • 27 Avril 2011

    Lire et parler de Proust pour le plaisir, à tous les sens du terme : telle est l'ambition des dix philosophes rassemblés ici autour de Raphaël Enthoven. Car le plaisir échappe au dogme : c'est une catégorie qui subvertit la puissance des normes -celles de la société, de l'Etat, des intellectuels, et même des bonnes manières. Au fil de cette promenade érudite à voix haute dans les labyrinthes de La Recherche, où saveur et savoir sont réunis, des philosophes réussissent le tour de force d'instaurer une "distance de proximité" avec l'oeuvre la plus célèbre du XXe siècle.

  • Paris 2015. Marcel Proust, descendant de l'écrivain du même nom, rencontre par le plus grand des hasards Madeleine dont il tombe éperdument amoureux (une histoire magique, se dit-il, puisqu'elle réunit enfin Madeleine et Proust).
    La jeune femme, peintre inspirée et douée d'une imagination débordante, tout aussi émue que Proust par cette rencontre, l'entraîne dans une incroyable aventure grâce à ce don inné qu'elle possède de voyager dans le temps. (A priori, ce n'est pas pour déplaire à Proust vu son héritage familial, mais fasciné et troublé par Madeleine, il est loin d'imaginer ce qui l'attend)
    Saga haletante, pleine de rebondissements, revisitant des périodes sombres de l'histoire, scandée par des changements de lieux (Venise, la Normandie, l'Atlantide) et de temps, riche en découvertes dont le fil rouge est une histoire d'amour qui traverse les siècles.
    Une fois « revenus » dans le présent de cette année 2015, nos héros n'auront guère le temps de souffler - juste celui de s'interroger sur les liens entre passé et présent - car Proust et Madeleine vont être confrontés à une redoutable organisation néo-nazie, bien décidée à perpétuer son idéologie destructrice de par le monde.
    Affronter à la fois les drames du passé et déjouer le machiavélisme de leurs adversaires d'aujourd'hui obligera ces aventuriers du temps perdu, à faire preuve d'un courage et d'une ingéniosité sans limites.Suspense, romance et paranormal s'entremêlent jusqu'à la scène ultime !

  • La Nouvelle Revue française, fondée par André Gide et quelques amis il y a tout juste un siècle, relève désormais du patrimoine national. En explorant une période méconnue de son histoire (1914 à 1925), ce livre comble une lacune. Il constitue aussi une contribution à l'histoire culturelle de la Grande Guerre. L'analyse du discours politique, littéraire et critique de la revue, sa confrontation avec des sources inédites, l'étude des itinéraires et des réseaux permettent de comprendre comment André Gide, Jacques Rivière, Jean Schlumberger, ainsi que les meilleurs écrivains français de la période - Proust, Claudel, Valéry et tant d'autres - ont basculé deux fois. En 1914, renonçant à la paix, ils sont séduits par la guerre. À partir de 1919, pour certains plus tôt, pour d'autres plus tard, ils feront le chemin inverse, passant de la guerre à la paix. Au-delà du contexte particulier de la NRF et de la Grande Guerre, Yaël Dagan pose la question, toujours brûlante, du rapport des intellectuels à la politique en temps de guerre, de la portée et de la pertinence de leurs engagements, ou de leurs silences.

  • Mais comment diable a fait le jeune Marcel Proust pour s´introduire dès ses vingt ans dans les salons les plus mondains de Paris ? Il part pourtant avec de sérieux handicaps pour mener une vie mondaine. Son père est le fils d´un épicier de village. Sa mère appartient à une famille juive. A une époque et dans un milieu qui entretiennent le culte de la naissance, et à quelques années à peine de l´affaire Dreyfus, il s´agit là de deux péchés originels qui semblent irréparables. Et puis Marcel est victime d´une santé fragile. Comment ne pas passer pour un fâcheux quand on porte en permanence même en été une écharpe et un épais manteau ? Mais il y a pire : un goût si prononcé pour les garçons qu´il ne cherche pas dans sa jeunesse à le cacher et qu´il en parle souvent avec ses parents. L´heure n´est pas encore à l´acception amusée de l´homosexualité.

    On croit que le jeune Proust manque de volonté, qu´il se laisse vivre. Erreur. Il en fallait au contraire beaucoup pour vaincre ses handicaps, et plus encore pour s´opposer à son père qui veut lui imposer un travail. Pour lui échapper, la technique de Marcel est le repli stratégique : le premier d´entre eux est son engagement inattendu dans l´armée. Une manière de gagner une année, une décision difficile à prendre pour cet asthmatique qui n´a jamais quitté sa mère plus d´une semaine ; il sera avant-dernier au classement de son régiment. A son retour, il se lance à corps perdu dans les études : les Folies Bergères, l´Alcazar, l´Odéon... Il est nommé bibliothécaire dans une bibliothèque où il ne mets jamais les pieds : il a gagné, ses parents le laissent tranquille, il peut enfin se consacrer uniquement à sa vocation littéraire.

    Des salons à l´écriture On a parfois l´impression que Marcel Proust a passé une jeunesse dorée de dilettante et que soudainement, une fois la trentaine passée, il fut comme touché par la grâce littéraire qu´il lui permit d´écrire son chef d´oeuvre : La Recherche du Temps perdu. Ce portrait de Marcel Proust à 20 ans permet de mesurer au contraire la continuité qui existe entre le jeune Marcel fasciné par les salons et le Proust de la maturité qui les dissèque avec ironie. Les femmes et les hommes du monde qu´il a rencontrés durant sa jeunesse Belle Epoque étaient déjà des personnalités, il en fera ses personnages.

  • Toulet est un sentiment, un état d'âme. Son français est une grâce. Son oeuvre est une confidence. Ceux qui la reçoivent ne l'oublient pas. Contemporain de Proust, d'Apollinaire, il fut une figure du Paris 1900, un opiomane notoire et le chef de file de l'école fantaisiste. Certains de ses poèmes comptent parmi les plus beaux de la littérature française. On ignore souvent qu'il en est l'auteur. Qui était Toulet ? Quels furent ses amis, ses amours ? Ce livre est une invitation au voyage. Vous le suivrez en Béarn, à Paris, sur l'île Maurice, en Algérie, en Indochine et au Japon , vous prendrez des taxautos et les paquebots des Messageries maritimes. Ce n'est pas une biographie. C'est l'histoire d'un poème.

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