• Des personnages piquants croqués comme des portraits de La Bruyère. Avec souvent les couleurs du midi. Texte intégral.

  • Texte intégral. Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Jésus, le déserteur, est mort solitaire - comme un sanglier. Il lègue son bien familial, La Cabusselle, à son village. Le Front populaire prend le pouvoir. Clerguemort fait de La Cabusselle une auberge de jeunesse. Les grèves sur le tas, la semaine de quarante heures, les congés payés... Le peuple se sent pris d'un fougueux élan vers le bonheur. La Cévenne, pour eux, c'est Tahiti. On les voit venir de partout, à vélo, en train. Nathan, le Gavroche de la rue de Lappe, Rirette et sa bande de prolos, des étudiants allemands, des instituteurs nîmois, un camelot, des naturistes, tous envahissent le petit pays secret et les vieux des sommets font connaissance d'un animal singulier, encore jamais vu, jamais imaginé : le Parigot. Et, dans le bourdonnement des vacances, la guerre civile éclate en Espagne. Les pacifistes sont déchirés. Tout ce qui n'était encore que discussions, devient affrontement et, bientôt, tragédie. L'été 1936, rouge et or, sang et soleil, baigne dans le temps des loisirs, et patauge dans la première des guerres modernes. Un atroce mûrissement de l'humanité s'achève par le sang versé sur la montagne. Un sacrifice : la mort du premier Nazi sur la terre cévenole.

  • Ma déchirure, qui est une adaptation à la scène du roman de Chabrol, Je t'aimerai sans vergogne, publié en septembre 1967, a été créée le 21 février 1968 au Théâtre de la Commune à Aubervilliers. Au départ un procès : d'un côté les Ruiz, de l'autre les Palomi, un pêcheur et un douanier, un réfugié espagnol et un fonctionnaire corse. Au milieu des cris, le regard silencieux échangé entre Pascal et Nièvès, rejetons de ces deux familles ennemies. L'amour plonge brusquement Nièvès et Pascal dans un univers neuf, et c'est au moment où ils se croient libres et disponibles que leur lien à un milieu social et familial se fait sentir. Nièvès est hantée par les images de sang et de mort dont sa tante la Morèna pare les amours d'Aïcha et Diego Ruiz. Pascal fait des études à Paris et n'a plus avec les siens d'attache réelle. C'est un déraciné et Nièvès, fille d'émigré, fruit conjugal de plusieurs civilisations, arabe et espagnole, l'étonne. Elle représente pour lui la tentation d'un certain absolu entrevue dans le monde intellectuel de ses lectures. Dans le passage d'un mode romanesque à un mode dramatique, le roman utilisait un thème bien théâtral : celui du déguisement. Nièvès, à l'aide d'images « dans le vent » que lui offrent les magazines, la télévision, se compose un personnage vif en couleur : Jenny. Elle brise le jeu de Pascal qui se voulait pour l'été le « Don Juan de la Marine ». Jenny est devenue sa confidente, sa bonne amie, plus que la femelle. Avec Nièvès, il se retrouve dans le costume fripé du jeune premier romantique ; le sentiment du ridicule le gagne. C'est l'éternel jeu des apparences, le personnage que chacun campe pour autrui, si bien que la vérité fuit. Pour la fille des Ruiz, qui de Nièvès ou de Jenny existe ? La « déchirure » de Pascal l'enferme dans une île, son bateau. Le langage suit les différents mouvements de la pièce. La Morèna est tantôt la vieille qui tient la maison, ravaude le linge, fait la cuisine ; tantôt elle est le choeur, la Mère qui commente l'action, en la remodelant elle-même pour lui faire redire l'histoire des ancêtres. Ailleurs, sa pensée puise dans l'événement, elle devine ; les mots affluent et leur accumulation permet d'aller au-delà du sens propre : la Morèna devient la Maquerelle : c'est la scène de la défloraison où prononçant une sorte de litanie, elle retrouve les gestes d'un rituel. Ainsi la pièce remet en question le sujet du roman. Elle tente de faire écouter à la scène les élucubrations et les déchirements intérieurs par ce qui est appelé « une physique de la parole ».

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