• La décennie qui suit la Première Guerre mondiale a été vécue par les contemporains comme une ère de bouleversement des moeurs, d'appétit de vivre, de modernisme. De Paris à Berlin, en passant par New York et Moscou, la vie culturelle est en ébullition : les surréalistes proclament la révolution de l'esprit, des artistes s'engagent dans la quête d'un nouvel art de vivre, le cinéma devient un septième art, la psychanalyse accède à la reconnaissance internationale ; sur les rythmes syncopés du jazz, la vieille Europe se découvre un modèle - l'Amérique -, tandis que l'expérience révolutionnaire soviétique fascine et inspire la réflexion de nombreux philosophes. Au-delà de cette frénésie créatrice, les années folles n'auraient-elles été qu'une illusion ? Tel un coup de tonnerre, le krach boursier de Wall Street, en octobre 1929, fait basculer le monde d'un après-guerre plein d'espoir à la crise annonciatrice d'un nouvel avant-guerre.

  • Le XXe siècle est celui où les femmes ont effectué une percée remarquable dans tous les domaines de la vie publique et privée. Travail, instruction, vote, capacité juridique, autorité parentale, contraception, avortement : tous les progrès réalisés n'ont pu l'être que par l'obstination des femmes à faire reconnaître leurs droits.
    Des suffragettes du début du siècle au mouvement féministe des années soixante-dix, l'histoire des conquêtes féminines est avant tout celle d'incessants combats, qui sont loin d'être achevés.
    Pourquoi les femmes n'occupent-elles qu'une place marginale dans la politique? Pourquoi l'une des plus anciennes revendications concernant le travail féminin - l'égalité des salaires - n'a-t-elle toujours pas été réalisée? Au-delà d'un modèle "occidental" d'émancipation féminine, comment se présente la condition des femmes, entre tradition et modernité, dans des pays comme la Tunisie, la Turquie, l'Iran, l'Algérie ou l'Inde?

  • Madame de Rênal, Eugénie Grandet, Coralie, Mathilde de La Mole... Ou mère, ou amante, ou courtisane, ou femme de tête, telles nous apparaissent, curieusement limitées à l'un ou l'autre de ces rôles, les héroïnes des grands romans du XIXe siècle, étudiées par Annie Goldmann. Fantasmes de leurs créateurs, mais aussi reflets des femmes de l'époque, ces personnages ont nourri, jusqu'à nos jours, l'imaginaire des hommes et des femmes, celles-ci se conformant aux modèles et ceux-là les cherchant sans fin, pour leur commun malheur. D'où vient que les femmes aient dû ainsi s'amputer de toute une partie de leur personnalité potentielle ? Pourquoi un tel appauvrissement par rapport aux héroïnes à multiples facettes du siècle précédent ? Comment de tels schémas ont-ils pu s'installer, générant tant de rêves d'amour perdus ? Et en sommes-nous libérés aujourd'hui ? La relecture que fait Annie Goldmann d'une douzaine de romans célèbres tâche de répondre à ces questions. Outre le charme de cette relecture, on trouvera ici une interprétation excitante des faits historiques, sociologiques et littéraires.

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