Littérature générale

  • Bien connue dans les milieux de l'art, auteur d'essais sur l'art contemporain et de monographies consacrées aux artistes d'aujourd'hui, Catherine Millet entreprend de raconter sa vie sexuelle. Avec une crudité et une clarté dont on reste confondu. Le récit ne suit aucune chronologie, la relation des événements (non datés) et la description des scènes sexuelles étant distribuées selon quatre chapitres : « le nombre », « l'espace », « l'espace replié » et « détails ».La Vie sexuelle de Catherine M. constitue, à coup sûr, l'un des livres les plus audacieux et les plus stupéfiants que la tradition érotique ait donnés à la littérature française.

  • Catherine Millet a entrepris ce récit où elle raconte son enfance, son père et sa mère, pour essayer de comprendre comment on peut grandir sans se fabriquer une morale, et comment peut naître le désir d'écrire.

  • «Dans les semaines qui ont suivi la sortie de La Vie sexuelle de Catherine M., je me suis rendu compte qu'une question revenait toujours dans les réactions des lecteurs : " Comment avez-vous fait avec la jalousie ? " J'ai alors pensé que mon projet n'était pas abouti tant que je n'avais pas répondu à cette question.» Le coup de tonnerre littéraire qu'a provoqué La Vie sexuelle de Catherine M. révélait le regard singulier que l'auteur portait sur son corps et sur sa vie.

    Aujourd'hui, elle raconte son «autre vie», celle où s'effondre de manière étrange et imprévue un pan de son existence, cette crise traversée dans un mélange de rêves et de déchirements.
    Jour de souffrance est un défi d'écrivain : à la fois le prolongement d'une oeuvre puissante et son contraire implacable, maîtrisé et saisissant.

  • Il fallait bien qu'un jour je croise la route de Lady Chatterley. J'ai fait mieux, je suis tombée amoureuse de celui qui l'imagina, D. H. Lawrence, à cause de sa figure de mauvais coucheur, à cause de l'extraordinaire sensibilité de son « écriture androgyne » dont parlait Anaïs Nin.
    Pendant deux ans, je n'ai pas quitté cet amateur des grands espaces qui, lorsqu'il écrivait, ne s'est jamais encombré des barrières du surmoi. J'ai voulu faire redécouvrir cet auteur célèbre qui n'est plus assez lu, contemporain des suffragettes, et qui vécut entouré de femmes libres. Il avait compris qu'au vortex de leur émancipation et de leurs revendications se trouvait le plein accomplissement de leur jouissance sexuelle.

  • N'est-il pas voluptueux de se replonger adulte dans ses lectures d'enfant ? Non pas tant pour se laisser aller à ce qu'un psychanalyste diagnostiquerait comme un mouvement de régression, que pour enfin aller jusqu'au bout de ses rêves. Je dispose aujourd'hui de plus de moyens intellectuels pour mettre au jour les désirs qui me taraudaient lorsque j'avais six ans et qu'alors je ne savais pas nommer.Enfin je peux dire à quel point c'est Riquet que j'aime ! Riquet, « si laid et si mal fait qu'on douta longtemps s'il avait forme humaine. » De même, j'avoue que j'aurais préféré que la Bête ne devînt jamais un prince charmant. À cela s'ajoute que - Riquet, Millet -, nous sommes un peu de la même famille, et que lorsque je me regarde dans un miroir, c'est dans le chaos de son corps que je plonge mon regard.

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