Langue française

  • Un portait différent, sensible, amoureux de l'un des plus grands génies de la musique.Mozart ? Encore ! Alors que la plupart des musicologues se sont penchés sur sa vie, son oeuvre... Oui, Mozart. D'abord parce que je suis en quelque sorte née avec lui dans mon oreille, grâce à mes parents. Un père contrebassiste et chef d'orchestre, une maman violoniste qui, dès mes cinq ans, entre deux concerts, ont glissé sous mes doigts d'enfant, le clavier de mon premier piano. Puis, il y eut l'itinéraire obligé. Le conservatoire, où il m'apparut didactique, décortiqué, expliqué, à des années lumières de ce que j'en savais à travers les voix des amis musiciens de mes parents, lorsqu'ils en parlaient, entre eux, lorsque l'émotion surgissait au détour d'une phrase et changeait tout. Enfin, il y eut ce jour, suivi de beaucoup d'autres où, lettre après lettre, je suis entrée dans sa vie. Et ce n'était plus le " divin Mozart ", par essence inaccessible, mais le plus attachant des amis. Un génie qui avait le pouvoir de faire jaillir, du désordre de nos émotions, ce qu'il y avait de plus troublant, de plus pur, de plus inattendu aussi.
    Mozart tellement libre, loyal, courageux, insolent, pratiquant avec délices un érotisme joyeux et mettant en musique cette mélancolie déchirante qui n'appartient, dans sa retenue et son élégance, qu'à lui. En le jouant, en l'écoutant et en le réécoutant, en " violant " ses lettres, j'ai eu le désir de le raconter tel qu'en lui-même, en son temps, balayant au passage les pieux mensonges dont on l'a fardé. Adieu donc à Leopold, le père fouettard, exhibant à tout-va son prodige d'enfant ! Adieu à Constanze costumée en épouse sotte et inculte, à Salieri, le faux assassin du génie, à l'enterrement sous la neige, au corps jeté sans plus de cérémonie, dans la fosse commune et bienvenue à celui que, je l'espère, vous ne verrez plus tout à fait de la même manière après avoir lu ce dictionnaire amoureux.

  • La Callas

    Eve Ruggieri

    La Callas, c'est à la fois un mot mythique et magique.
    Qui n'a pas au moins une fois dans sa vie entendu parler d'elle !
    Petite fille mal aimée, diva adulée, elle va mourir d'amour comme les héroïnes qu'elle a sublimées sur scène lorsqu'elle sera abandonnée par le seul homme qui a su faire battre son coeur.
    Personne, mieux qu'ève Ruggieri, ne pouvait raconter l'histoire de cette femme amoureuse et celle, complexe, de la plus grande diva du xxe siècle.

  • S'il fut l'homme trompé le plus célèbre du Grand Siècle, Louis Henry de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, suscita la stupéfaction, puis força l'admiration par le panache insolent avec lequel il fit savoir, à la terre entière, qu'il n'acceptait pas le bon plaisir du roi. Montespan et Françoise de Rochechouart de Mortemart s'étaient mariés en 1663. Après lui avoir donné deux enfants, elle passa secrètement, en 1667, dans le lit du Soleil. Trop amoureux pour croire les premières rumeurs qui lui parvinrent, ne soupçonnant pas l'origine des premières faveurs dont il était soudain l'objet - via Louvois - alors qu'il guerroyait dans le Roussillon, il ne découvrit son infortune qu'un an plus tard. Il ne supporta pas ce coup de poignard porté au coeur et à l'honneur. Négligeant les titres, places et revenus qui n'eussent pas manqué de l'inonder s'il se fût montré discret, il multiplia esclandres, menaces, défis, préférant les dettes, les brimades et l'éloignement au déshonneur de la complaisance. Tandis que sa femme était perpétuellement enceinte de Louis XIV, il ne cessait d'ameuter le monde, de provoquer le Soleil, et cela jusque dans un testament daté de 1679 qui, diffusé par son cousin Lauzun, déclencha dans Paris un énorme éclat de rire, et accentua la fureur du roi. "L'époux séparé mais inséparable", comme il se qualifia, mourut à Toulouse en 1701, six ans avant la marquise qui, depuis 1690, expiait dans la dévotion le plus fameux des adultères. D'autant plus sensible à l'histoire du marquis de Montespan qu'elle lui a succédé dans son château du Gers, Ève Ruggieri, sa première biographe, raconte l'homme et sa vie, avec une verve, un entrain, et un bonheur d'expression, qui servent admirablement la mémoire de l'orgueilleux et irascible Gascon.

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