Littérature générale

  • Christian Ranucci, 22 ans, a été guillotiné le 28 juillet 1976 à 4 h 13 dans la cour de la prison marseillaise des Baumettes.

    Etait-il coupable ou innocent ?

  • La nouvelle, genre dans lequel Gilles Perrault excelle, sans doute à cause de son expérience scénaristique, trouve à se couler superbement dans ses décors et ses thèmes de prédilection. Décors ou la vie est de passage, l´amour en état d´escale : équipage nomade (un couple et un enfant en vacances en camping car), train (bondé, menacé de contrôles, propice à la promiscuité), hôtels (le Lutetia à la Libération, un établissement de bord de mer en toute fin de saison), paquebot de croisière (les ponts stratifiés comme sont les classes et origines sociales des touristes), avion (un Messerschmidt volé)... Thèmes de la guerre, du sexe, de la violence, entretissés à ceux de la nostalgie, de la complicité, chez des personnages à qui la vie réserve ses mauvais coups - femme menacée de viol collectif par des braconniers au Québec, type dénoncé aux Allemands par sa femme, lignée à contresens de l´histoire, etc.- mais aussi ses espiègleries (petit personnel hôtelier chargé de récupérer les rupins fin saoûls de leurs nuits parisiennes) et ses épilogues où la mémoire rabâche les jours qui ne veulent pas se faire oublier (retrouvailles entre un ancien agent du KGB en fauteuil roulant et l´ex-agent de la DST qui avait mission de le démasquer).



    Cursive, retenue mais vigoureuse, sans chemins de traverse mais ne dédaignant ni l´humour ni le suspense, l´écriture de Gilles Perrault

  • Les gens d'ici

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 4 Juin 1997

    Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges; depuis, on la nomme Utah Beach.
    Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales: guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France.
    Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.

    Gilles Perrault s'est installé à Sainte-Marie-du-Mont le 1er mai 1961. Il raconte ici sa plus longue enquête, roman vrai d'une commune de France. Cette nouvelle édition mise à jour va jusqu'en 1997.

  • L'erreur

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 18 Août 2008

    2 juillet 1969, 8 h du matin : en arrivant à son bureau de la Centrale du S.D.E.C.E., Eugène Rousseau, fonctionnaire depuis 1945 du service de renseignement français, est convoqué d'urgence chez le colonel Lillois, chef de la Sécurité. On l'accuse d'avoir, treize ans plus tôt, alors qu'il occupait le poste de secrétaire de l'attaché militaire adjoint à l'ambassade de France en Yougoslavie, trahi son pays en livrant aux Yougoslaves des documents confidentiels. Rousseau croit à un malen-tendu. Les interrogatoires se succèdent. 20 avril 1970 : Rousseau comparaît devant la Cour de Sûreté de l'État. Il est condamné à quinze ans de prison. Condamner un homme de soixante deux ans à quinze ans de détention, c'est grave, c'est tuer en lui la vie. Mais il est bon que justice soit faite. Or, Eugène Rousseau n'est pas coupable.
    Alors c'est le scandale, et c'est ce scandale que dénonce Gilles Perrault.

    Gilles Perrault, vous le connaissez. Ancien avocat, ancien journaliste, écrivain. Qui mieux que lui s'entend à démêler les fils d'une affaire, si enchevêtrés soient-ils ? Rappelez-vous : Le Secret du jour J, L'Orchestre rouge, Le Dossier 51 ; la minutie de l'enquête, la rigueur du raisonnement, cette extraordinaire faculté de comprendre de l'intérieur, de démonter et remonter le mécanisme d'une affaire, d'une situation. Nul mieux que lui ne pouvait jeter sur la vie d'Eugène Rousseau ce projecteur implacable, comme est implacable sa conclusion : il y a erreur judiciaire. Vous l'avez compris : cet ouvrage est un appel à la justice, un cri de protestation, qu'aucun homme digne de ce nom n'a le droit d'ignorer. A travers l'affaire Rousseau, ce sont toutes les innocentes victimes passées, présentes et à venir, de l'appareil judiciaire, qui demandent réparation.

  • Les sanglots longs

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 2 Novembre 1995

    Neuf nouvelles, dont les sujets sont variés. La dernière journée d'un homme et d'une femme avant la descente dans la ville souterraine censée les protéger de l'attaque nucléaire imminente. Les retrouvailles, après la guerre, d'un résistant et de son bourreau allemand. La mort d'un héros. Le rapport d'un sadisme éploré qu'un officier SS adresse à ses supérieurs après le triomphe définitif du nazisme. La quête douloureuse et passionnée d'un garçon de vingt ans pour découvrir la vérité sur la mort de son père, qui appartenait à un réseau de résistance.

    La plupart de ces nouvelles ont donc pour toile de fond la guerre, la résistance, ou leurs réminiscences. Les personnages sont des traîtres ou des héros, avec une ligne de partage parfois bien difficile à tracer. Balzac écrivait : "Un personnage de roman, c'est n'importe qui pris dans la rue et que les circonstances obligent à aller au bout de lui-même." Mais qui peut prétendre savoir ce qu'il découvrira au terme du voyage ?

  • Le garcon aux yeux gris

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 10 Janvier 2001

    "Même le physique du garçon la mettait mal à l'aise. Il n'était pas exactement laid. Une tête intéressante, les pommettes hautes, la bouche bien ourlée, la peau appétissante, dorée comme un pain et, sous sa défroque, on devinait une silhouette déliée. Quelque chose n'allait pas. Voilà - à seize ans, il n'avait pas l'air d'un adolescent... " Elle a trente et un ans, deux jeunes enfants avec lesquels elle s'est jetée dans la grande pagaille de l'exode de juin 1940. Arrachée au monde douillet de la bourgeoisie parisienne, elle se retrouve sous les balles des stukas. La rencontre avec le garçon aux yeux gris va ouvrir une étrange parenthèse dans le tumulte de la guerre.

    Gilles Perrault, dont l'oeuvre se trouve rassemblée pour l'essentiel aux éditions Fayard, a publié, entre autres, Le Secret du Roi (3 vol.), Les Jardins de l'Observatoire, La Longue Traque, Les Gens d'ici, Le Pull-Over rouge, Le Dossier 51 et L'Orchestre rouge.

  • Alors que la bataille sous-marine fait rage d'un bout à l'autre de l'Atlantique, un u-boat allemand dépose un jour sur une plage de Martinique un jeune officier allemand victime d'une péritonite.

    Aussi roboratif qu'un " planteur " à base de vieux rhum, aussi échauffant que le piment rouge croqué à belles dents, le roman de la rencontre burlesque et édifiante entre le rejeton d'un régime fondé sur la pureté raciale et le paradis du métissage amoureux. Un cocktail explosif de schnapps et de Négrita.

  • Dans Le Garçon aux yeux gris (adapté au cinéma par André Téchiné, avec Emmanuelle Béart), une jeune femme et ses deux enfants, sur la route de l´exode, se réfugiaient dans une maison inhabitée en compagnie d´un drôle d´adolescent.

    L´action de L´Homme au bout du rouleau se situe dans la même maison campagnarde, mais deux ou trois ans plus tard, cette fois, en pleine guerre.
    Une Delage vient s´y garer. A son bord, Henri, résistant communiste, revenu cardiaque d´un séjour à Moscou ; Renée, une pure et dure du Parti ; et une fille ligotée, Astrid, qu´ils soupçonnent d´avoir dénoncé leur réseau. La maison est propice à toutes les explications, mais aussi au réveil des passions privées, à l´écart des grandes routes de l´Histoire...

    Ce second volet romanesque sera bientôt suivi d´un troisième épisode intitulé La Jeune Femme triste.

  • La jeune femme triste

    Gilles Perrault

    • Fayard
    • 1 Septembre 2004

    " Elle avait lu tant de livres dont le héros, revenant sur les lieux de son enfance, les trouvait étrangement rapetissés, qu´elle s´était préparée à une déception, mais la maison lui apparut telle que dans son souvenir. Tu as l´oeil photographique, lui disait souvent Roland. Les hêtres de l´allée déployaient avec un enthousiasme printanier des flopées de feuilles d´un vert acide. Les persiennes étaient ouvertes, ainsi qu´une fenêtre du rez-de-chaussée. Une petite Triumph décapotable assez cabossée était garée devant le perron. Elle arrêta sa Peugeot 403 derrière elle." En 1964, Sylvie, trente ans, retrouve la maison où, en 1940, elle a vécu quelques jours heureux, à l´écart des tumultes de l´exode, avec sa mère, son frère et un garçon aux yeux gris.

  • « Balayer les rues, peut-être, mais en récitant du Virgile ! » L'injonction prêterait à sourire si elle n'émanait d'un professeur portant si haut sa responsabilité d'éveilleur d'esprits, patriote, franc-maçon, dreyfusard, un libre-penseur à qui la légende familiale attribue trois duels, dont un au moins eut bel et bien lieu. Et qu'il gagna. Un républicain fougueux entièrement dévoué à la cause de ses jeunes élèves, mais dont les méthodes pédagogiques hors-normes et les foucades lui valurent maintes mutations. Un grand-père aimé et admiré des siens, dont le panache et l'esprit de liberté auront fait, plus qu'il ne l'imagine sans doute lui-même, l'auteur de ce livre. Voici, racontée par la plume alerte de l'un de ses petits-fils, l'histoire d'Alexandre Merlot, né en 1862 et mort en 1945, l'un de ces hommes habités par la légende des siècles, traînant dans son sillage l'odeur du bagne et le souvenir de Jean Valjean, l'un de ces obstinés qui ont fait notre République à grands coups de gueule, d'amour et d'engagement.

empty