• Céline

    Henri Godard

    Peut-on vraiment dissocier le génie de l'écrivain des violences de l'homme ? Pour Henri Godard, les deux sont inséparables.
    Cette biographie retrace le chemin de Céline de la vie à l'oeuvre et part à la découverte de ses vérités contradictoires. Au fil des pages se dessine une figure inattendue, intime, complexe, déchirée aussi : de l'enfant sage et affectionné au reclus de Meudon, en passant par le cuirassier à jamais marqué par la guerre, le médecin des quartiers pauvres, l'antisémite furieux, le prisonnier de Copenhague... mais
    aussi l'amoureux de la mer, le copain qui adore parler sexe, enfin, le plus méconnu, l'homme qui mit le corps féminin et la danse au centre de sa vie.

  • "Il y a des écrivains qui sont portés par le bouche-à-oreille plus que par la critique. Erri De Luca est de ceux-là. Vous rencontrez un ami en qui vous avez confiance et il vous parle d'Erri De Luca, puis un second, puis un troisième. Arrive un moment où vous lisez un premier livre de lui, puis un second puis un troisième, et vous vous convainquez que cette oeuvre mérite non seulement d'être lue mais prise au sérieux. Dans son progrès, la production d'Erri De Luca a pu paraître diverse et dispersée, mais nous sommes désormais à même d'y reconnaître une oeuvre. C'est désormais dans cette dimension qu'il nous faut lire ou relire ses livres, constellation dont il nous reste à suivre la destinée dans le ciel de notre littérature."
    Henri Godard.

  • Le cas Céline ne cesse de défrayer la chronique, on sait pour quelles raisons. Il a pourtant pris une place de premier plan dans le paysage du roman français de l'entre-deux-guerres, mais il ne le résume pas à lui seul.
    Dans ce nouvel essai, Henri Godard entend restituer un tableau plus complet en rélargissant à d'autres oeuvres qui ont compté - celles de Malraux, de Guilloux, de Cocteau, de Genet, de Queneau. Si à part soit-il, Céline participe aux deux mouvements que les romanciers français, après Proust, insufflent au roman : les uns incarnent dans leurs personnages une quête existentielle, quand les autres se détournent de la fiction pour aboutir, dans la seconde moitié du siècle, au Nouveau Roman. Dans cette perspective, Céline n'est plus un phénomène isolé ni seulement un objet de controverses. Avec lui, c'est une grande part de la littérature française qui bouge en même temps.

  • Mieux que quiconque, Henri Godard sait combien Céline constitue aujourd'hui encore un scandale : celui de la coexistence du racisme
    avéré et d'une forme particulière du génie littéraire. Ces deux plans, il n'a cessé, de livre en livre, de les situer l'un par rapport à l'autre.
    Dans cet ouvrage, Henri Godard épouse le point de vue de la littérature.
    À qui s'efforce de comprendre ce qu'est cette dernière, Céline offre, en effet, un objet d'étude privilégié : le choix de la langue et du style ; la voix narratrice du romancier ; sa création d'un roman-autobiographie d'un genre nouveau, qui lui permet de trouver une issue à la crise de la fiction qu'il a été l'un des premiers à sentir - voilà ce qui fait la valeur de l'écrivain.
    Sur les possibilités du plurivocalisme dans le roman, sur les éléments constitutifs et sur les fonctions de la voix narratrice, sur le rapport du roman et de l'autobiographie, Céline ne se contente pas de mettre en oeuvre certaines des possibilités du système, il en fait apparaître de nouvelles et nous oblige à repenser, voire à étendre, nos moyens d'appréhension.

  • Céline est un grand écrivain, mais ce n'est pas un écrivain comme les autres. Il m'arrive aujourd'hui encore, en lisant un des contre-Céline qui se publient périodiquement, de me demander comment j'ai pu consacrer tant d'années à éditer et à explorer l'oeuvre d'un auteur aussi controversé et, en effet, aussi problématique...

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