• La République est un trop beau combat pour que l'on consente à la voir confisquée par un étrange parti qui va de Jean-Pierre Chevènement à Charles Pasqua, en passant par Max Gallo, Régis Debray, Pierre Bourdieu ou Philippe Séguin.
    Cat telle est la leçon que ces bons maîtres voudraient nous inculquer : la France, c'est la République jacobine recyclée par l'Empire ; ce modèle serait aujourd'hui le seul rempart contre l'horreur économique du capitalisme mondial : et quiconque - fût-ce par Corse interposée - écornerait l'Etat-Nation un et indivisible nous livrerait à la férocité du marché.
    Et si le véritable risque n'était pas là ? Et s'il était moins dans l'autonomie des régions, ou dans le pouvoir nouveau des juges, que dans l'assoupissement nostalgique d'une France rêvée ? Entre le nihilisme moral et la restauration jacobine, entre les chimères de la pensée identitaire et la résurrection d'un néo-bonapartisme, il y a place pour les héritiers d'une tradition girondine, qui entendraient rénover et refonder une République inachevée.
    En revisitant la question corse comme miroir et lapsus du modèle français, Jean-Marie Colombani remonte au coeur du malaise politique contemporain et propose une certaine idée de la République - démocrate, plurielle et girondine.

  • Lorsque Jean-Marie Colombani quitte Le Monde en juin 2007, après plus de treize ans passés à la tête de ce groupe si particulier, il est finalement soulagé. Les mois précédant son départ ont été sans merci. Une guerre de pouvoir à la hauteur de l´influence de ce Monde qu´il a façonné entouré d´Alain Minc et d´Edwy Plenel. Six ans plus tard, Le Monde, désormais détenu par le trio Bergé-Niel-Pigasse, est rentré dans le rang. Les rêves d´indépendance ne sont plus qu´un lointain souvenir et Jean-Marie Colombani a tourné la page pour se consacrer à l´information sur Internet.

    Parti de l´ancien Monde pour arriver dans le nouveau monde, il raconte dans ce livre d´entretiens avec Catherine Vincent ses combats, ses victoires. Il confesse ses erreurs. Il exprime aussi ses espoirs pour l´avenir et sa confiance dans le journalisme sur Internet. Parce que l´information est vraiment un monde à part.



    Directeur du Mondeentre 1994 et 2007, Jean-Marie Colombani est aujourd´hui le patron de Slate.fr. Il est l´auteur de plusieurs ouvrages dontAu fil du Monde etUn Américain à Paris, tous deux publiés chez Plon.
    Ex-rédactrice en chef deLa Correspondance de la presseet du site d´information économique e24.fr, Catherine Vincent est actuellement directrice de la communication de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).

  • A force de côtoyer quotidiennement nos hommes politiques, d'écouter leurs discours, et pour certains d'entre eux leurs confidences, à mesurer aussi le sérieux de leurs propos, Jean-Marie Colombani a éprouvé le besoin et l'envie de se libérer, de rompre avec la langue de bois, le non-dit, le conformisme. Comme un écrivain qui croit au pouvoir des mots et qui s'en sert avec allégresse pour brosser de nos dirigeants des portraits, ou plus exactement des "croquis" parfois caustiques, toujours divertissants, Jean-Marie Colombani s'adresse aux principaux acteurs de la vie politique comme de la société civile par autant de lettres ouvertes. Vous les approcherez tous dans la "cour de récréation", du moins tous ceux qui comptent. Le plus avisé de nos observateurs vous invite à l'accompagner dans cette promenade récréative. Cela vous permettra, selon votre humeur, de considérer avec légèreté ceux qui vous impatientent ; en tout état de cause, de percer à jour ceux qui décident pour vous.

  • A force de côtoyer quotidiennement nos hommes politiques, d'écouter leurs discours, et pour certains d'entre eux leurs confidences, à mesurer aussi le sérieux de leurs propos, Jean-Marie Colombani a éprouvé le besoin et l'envie de se libérer, de rompre avec la langue de bois, le non-dit, le conformisme. Comme un écrivain qui croit au pouvoir des mots et qui s'en sert avec allégresse pour brosser de nos dirigeants des portraits, ou plus exactement des "croquis" parfois caustiques, toujours divertissants, Jean-Marie Colombani s'adresse aux principaux acteurs de la vie politique comme de la société civile par autant de lettres ouvertes. Vous les approcherez tous dans la "cour de récréation", du moins tous ceux qui comptent. Le plus avisé de nos observateurs vous invite à l'accompagner dans cette promenade récréative. Cela vous permettra, selon votre humeur, de considérer avec légèreté ceux qui vous impatientent ; en tout état de cause, de percer à jour ceux qui décident pour vous.

  • Jacques Chirac ? Pour certains, un impulsif impénitent, spécialiste des volte-face - voire des tête-à-queue. Une sorte de hussard qui ne se plaît qu'à la furia des assauts, mais à qui cette fougue même interdit de mener à bien tout projet de longue haleine. Pour d'autres, un perpétuel hésitant, un homme à l'identité incertaine et aux convictions floues, et donc soumis aux influences de ses entourages successifs. Analyses différentes mais conclusion identique : une inaptitude radicale aux stratégies longuement méditées, minutieusement réalisées. Puis il y eut ce jour de mai 1995, où stéréotypes et lieux communs durent faire place à l'évidence : Jacques Chirac, élu président de la République, avait bel et bien atteint son but. Deux ans pour se convaincre que les clichés avaient tort. Et deux mois - d'avril à juin 1997, le temps d'une dissolution-catastrophe - pour de nouveau penser qu'ils avaient peut-être raison. Du palais élyséen où désormais il réside plus qu'il ne préside, que nous réserve celui qui est chargé - rien de moins - de nous conduire dans un Nouveau Monde à l'orée d'un nouveau siècle ? S'il pose aujourd'hui un problème au pays, comment ce dernier peut-il le résoudre ? Pour esquisser des réponses à quelques-unes de ces questions, il m'a paru nécessaire de retracer son parcours. Afin, à travers son passé, de tenter d'éclairer notre avenir.

  • Une analyse de la situation en Nouvelle-Calédonie et de ses perspectives par le chef du service politique du Monde.

  • La Phratrie n'est pas la fratrie... Le dernier terme s'applique aux groupes formés par les frères et les soeurs ; le premier qui, à l'origine, dans la Grèce antique, concernait les divisions de tribus, désigne les clans. A ce titre, il s'est imposé aux auteurs pour définir la Ve République.

    A se pencher sur les dernières décennies, il apparaît en effet que les principales décisions n'ont pas été le fait des partis politiques, mais de petits groupes constitués autour - et par - une personnalité exceptionnelle. A la "République des Ducs" ou "des Notables" que fut la IIIe République, a donc succédé la "République des phratries", puisque ce sont les divisions au sein des familles qui la caractérisent. L'expression fait évidemment écho à l'expression "régime des partis", employée par de Gaulle pour dénoncer la IVe République.

    La volonté des auteurs est d'embrasser d'un seul regard quarante ans qui ont marqué l'Histoire récente, à travers quatorze problèmes clés qui déterminent notre avenir, qu'il s'agisse entre autres de la construction européenne, du chômage, de la politique de santé, de l'enseignement, de la justice...

    Georgette Elgey est l'auteur de l'Histoire de la IVe République et de différents récits (La Fenêtre ouverte, Anonymes). Jean-Marie Colombani a publié de nombreux essais politiques. Il est directeur du Monde.

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