• Jouer avec le langage, c'est en violer les règles, la norme, c'est tirer parti de ses points faibles, de l'ambiguïté, de l'homophonie. Mais calembours et contrepétries, mots-valises, charades, slogans, comptines manifestent tout autant et même plus que le discours conforme à la norme, la compétence linguistique des sujets parlants. Ne peut jouer de et avec la langue que celui qui la possède à fond. Le jeu, la déviance poétique, sont sous-tendus par une analyse linguistique inconsciente qui fait de tous les locuteurs des linguistes qui s'ignorent.
    La linguistique est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls linguistes et c'est l'Alice de Lewis Carroll qui ouvre ici au lecteur la voie d'une réflexion non conformiste sur le langage, conduisant à un exposé des thèmes majeurs de la linguistique.
    On peut tout apprendre du langage en général et des langues en particulier à travers l'humour, le jeu, la poésie. Telle est la conviction qui porte ce livre : il propose aux non-spécialistes une introduction inattendue mais rigoureuse à la science du langage.

  • Loin du jargon rébarbatif des linguistes, Marina Yaguello débusque les idées reçues sur la langue et leur tord le cou avec malice. Chaque forme de langage est considérée comme une source irremplaçable de culture, et l'invraisemblable richesse, la formidable diversité des langues sont célébrées avec un plaisir contagieux.
    Marina Yaguello a enseigné à l'université Paris Diderot-Paris VII. De langue maternelle russe, elle travaille sur le français, l'anglais et le wolof. Elle a publié de nombreux ouvrages sur le langage et les langues, dont Les mots ont un sexe, disponible en Points.

  • La langue est-elle machiste ? Pourquoi certains noms comme orateur ou syndic sont-ils privés de féminin ? Faut-il modifier le genre des mots par attachement à l'égalité des sexes ? C'est à toutes ces questions et bien d'autres que Marina Yaguello répond, de façon érudite mais jamais pédante, fidèle à son credo selon lequel la linguistique n'est pas qu'une affaire de spécialistes.
    Marina Yaguello a enseigné à l'université Paris-VII, Denis-Diderot. De langue maternelle russe, elle travaille sur le français, l'anglais et le wolof. Elle a publié de nombreux ouvrages sur le langage et les langues, dont Catalogue des idées reçues sur la langue, disponible en Points.

  • Les hommes ne se contentent pas de parler les langues, ils les rêvent aussi ; et ces rêves prennent des formes diverses : quête chimérique d'une langue primitive mythique (la lingua adamica) ; création utopique d'une langue parfaite, expression pure de la pensée, ou encore de langues universelles que parleront les sociétés idéales de l'avenir ; innombrables fictions proposant des langues imaginaires se situant en des temps ou des espaces lointains ; fantasmes enfin des spirites et des sectes fondamentalistes qui croient communiquer avec les autres mondes ou parler le langage des anges.
    C'est de tous ces rêves, dont certains ont tourné au cauchemar, que Marina Yaguello fait ici l'histoire, rêves qui contredisent l'Histoire mais s'y intègrent, qui s'opposent à la science mais la rejoignent aujourd'hui à travers la théorie des universaux du langage.

  • Connaissez-vous l'histoire de A ? Ce A universel qui occupe la première place de notre alphabet, comme de tous les alphabets dérivés du phénicien (hébreu, arabe, grec, latin, cyrillique). L'histoire de B, consonne sonore primordiale ? Passé le B-A BA, hélas, tout se complique. Pourquoi C est-il tiraillé entre les sons K et S ?... Saviez-vous que J est la soeur siamoise de 1 et V celle de U ? Ainsi va notre alphabet... jusqu'à Z, lettre zigzag, image en miroir brisé de qui nous vient du grec. Marina Yaguello raconte ici ces Histoires de Lettres et explique le fossé qui sépare les lettres et les sons... Longue histoire qui aboutit aux difficultés de notre orthographe.

  • "Elle est vraiment grave, la nouvelle prof", se plaint votre fille.
    "Je milite sur le treizième", annonce votre voisin.
    "Il faut dégraisser le mammouth", proclame le ministre.
    "Je me suis permise de vous appeler", dit la dame trop polie.
    "Il appelle genre trois fois par jour", s'étonne votre amie.
    "Mon ordinateur a encore planté", se lamente votre fils.
    Conçu dans le même esprit que En écoutant parler la langue (Le Seuil, 1991), dont il se présente comme une suite, ce recueil de vingt-quatre essais explore de Petits Faits de langue - lexicaux, syntaxiques, stylistiques ou phonétiques - qui constituent autant d'indices de l'évolution du français aujourd'hui. Le sentiment dominant en France est de considérer le changement linguistique comme une décadence. Position illogique et absurde puisqu'une langue ne survit que par le mouvement qui l'anime.

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