• Dire, lire, écrire. Des lettres, des sons, des mots, puis des phrases, un texte. Lire c’est lier, établir des rapports. Les mots nus et isolés s’enchaînent et chacun réagit sur les autres : c’est la contextualisation.
    La masse lexicale, c’est au moins 150 000 mots. Pour s’y retrouver, on les classe : selon leur forme, leur sens, leurs liens familiaux, généalogiques. Tout cela vise d’abord à transcrire le réel. L’intelligence artificielle peut suivre, beaucoup aider même.
    Mais quand intervient le sens, la pensée humaine y déverse sa fantaisie. Elle associe, déplace manipule les arrangements. Nuances, intentions, combinaisons, détournements apparaissent. Des transferts de sens ont lieu : l’image se substitue à l’idée, le concret à l’abstrait, le particulier au général ou vice versa. Avec les figures de style, on quitte le direct avec le réel pour atteindre à la qualité littéraire. L’intelligence artificielle peut-elle toujours suivre ? Pas pour l’instant ! jamais peut-être ! Il lui manque la conscience d’elle-même. Reçu à l’Académie en 1753, Buffon disait : « Le style est l’homme-même ».  
    Cet ouvrage balaie ces différents horizons.
     

  • Le physicien Robert Oppenheimer (1904-1967) est l'homme du plus grand programme militaro-scientifique jamais entrepris : le projet " Manhattan " de fabrication et de mise au point de l'arme nucléaire. L'aventure fut un succès technique mais aussi une catastrophe morale pour ses principaux protagonistes. Obsédé par le souvenir d'Hiroshima, Oppenheimer s'opposa fermement, en 1949, au projet de bombe H, déchaînant les foudres maccarthystes qui allèrent jusqu'à le priver de toute accréditation et à l'accuser d'espionnage au profit de l'URSS. Ce récit biographique est aussi une analyse exemplaire de l'alliance – on ne peut plus étroite au XXe siècle – entre la science te la politique.

  • Les grandes expériences scientifiques
    Impénétrable, la science ? Bardée, en tout cas, de formules mathématiques, de lois inflexibles et de concepts intimidants qui n'en facilitent pas l'accès. Mais cette armure théorique se fissure peu à peu et dévoile ce que l'enseignement et l'histoire des sciences traditionnelles ont longtemps feint d'ignorer : les sciences physiques et biologiques sont d'abord empiriques, expérimentales, et aussi éloignées que possible des grandes synthèses théoriques.
    Cette histoire des expériences fondatrices, souvent réalisées sur un coin de table avec un matériel rudimentaire, est un hymne à l'ingéniosité des savants-bricoleurs et à la simplicité des lois de la nature. Du prisme de Newton au cyclotron d'Ernest Lawrence, du stylet d'Eratosthène aux mouches de Morgan, l'auteur nous emmène sur les petits chemins de la découverte et nous montre que la science, avant de se penser, se fait avec les mains.
    Michel Rival
    Historien des sciences, il a déjà publié au Seuil, Les Apprentis sorciers, "Science ouverte", 1996, et Robert Oppenheimer, "Points sciences", 2002.

  • A l'automne-hiver 1914-1915, un chimiste allemand de grand renom, Fritz Haber, invente les gaz de combat. Il supervise la première attaque aux gaz, à Ypres, en avril 1915, point de départ de la terrible guerre des gaz qui marquera d'une tâche indélébile la Première Guerre mondiale.
    En août 1944, Hitler ordonne le bombardement à outrance des cités anglaises et d'Europe continentale à l'aide des premiers missiles balistiques, les V-2. Ces bombes volantes, conçues par le jeune fuséologue allemand Wernher von Braun, font des milliers de victimes à Londres et à Anvers.
    En novembre 1952, le test de la première bombe H américaine à Eniwetok révèle le potentiel destructeur terrifiant d'une arme mettant en jeu la fusion thermonucléaire. Son inventeur, Edward Teller, s'en félicite, déclarant : " Nous serions infidèles à la tradition de la civilisation occidentale [...] si nous n'augmentions pas la maîtrise de l'homme sur la nature. "
    Les travaux de Haber, de von Braun et de Teller ont donné à l'humanité, pour la première fois de son histoire, les moyens de sa propre destruction. Nous vivons sous le choc et la menace de cette révolution technique. Il est donc urgent, d'en comprendre les origines et les conséquences. Arthur Koestler disait qu'il avait fallu un siècle au monde pour assimiler la révolution copernicienne et qu'il lui en faudrait peut-être autant pour mesurer la portée de l'invention d'armes de destruction totale. Reste à savoir si nous disposons d'assez de temps pour accomplir cette indispensable mutation intellectuelle.

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