Archipel

  • Tabarly

    Yann Queffélec

    " J'ai connu la légende avant d'approcher l'homme, avant que Tabarly fût un nom prestigieux sous tous les climats. On aurait dit Ned, le matelot bravache du capitaine Nemo. Des biceps gonflés à crever la peau. Un visage hâlé de bonne épaisseur, les pommettes saillantes, un regard vert aux pâleurs d'absinthe.
    Son chez-lui, c'était l'horizon. C'était toiler la mâture, c'était le prochain mille à courir. Il disait : "Je ne fais que vivre la vie comme je l'imaginais." Vainqueur de la Transatlantique en 1976, il dit toujours non au mariage. C'est alors qu'il rencontre Jacqueline... Après 1978, son chez-lui c'est Gouesnac'h, au bord de l'Odet, face à l'océan. La belle vie que la vie d'Éric Tabarly, entre Jacqueline et Marie, leur fille !
    Le 13 juin 1998, peu après minuit, en mer d'Irlande, quelque chose lui arriva... Mais qui pouvait empêcher Tabarly d'embarquer pour un dernier verre, un dernier océan, le der des ders... ? "

  • Le 15 janvier 2004, en début d'après-midi, par beau temps, le puissant chalutier Bugaled Breizh (« enfants de la Bretagne ») périt corps et biens au sud du cap Lizard, comme effacé par la succion d'un maelström ou quelque « force exogène », dira la justice, en 57 secondes exactement...
    Cinq hommes à bord : Yves, Pascal, Georges, Eric, Patrick. « Je chavire » sont les derniers mots du capitaine à la VHF, puis on entend la mer s'engouffrer. Accident naturel, aléa marin, dit la justice en 2009.
    Accident nullement naturel, disent les proches, constitués en parties civiles. Le jour même du drame, au sud du cap Lizard, l'Otan entraînait ses meilleurs sous-marins à la guerre nucléaire en eau peu profonde. Ils étaient anglais, allemands, hollandais, espagnols, français et se pourchassaient dans la zone où le Bugaled tirait son chalut.
    Fausses pistes, destruction de preuves (le canot de sauvetage de la Royal Navy), rétractations... Ce livre retentissant étaie l'intime conviction que le Bugaled Breizh n'est pas descendu mystérieusement sous la mer, et que cinq marins ont été noyés sous un mensonge d'État.

  • Le piano de ma mère

    Yann Queffélec

    • Archipel
    • 1 Novembre 2012

    « Je m'appelle Yann Queffélec et je suis né le 4 septembre 1949, à Paris XVe. Sous X. Père et mère inconnus. Inexact ? En effet. Toujours cette fichue tendance à broder, à romancer... Je m'appelle Yann Queffélec. J'ai appris à mentir très jeune, encouragé par mon père, homme droit qui plaçait le mensonge au rang de vice, le plus noir de tous. Il avait les yeux bleus, d'un bleu vertigineux, comme l'horizon marin. Il me regardait et je n'avais rien dit qu'il me murmurait : menteur !... Étonnez-vous qu'après je sois devenu romancier.
    Ces mémoires vont donc retracer la relation houleuse, et souvent tourmentée, que j'ai toujours eue avec mon père, l'homme que j'ai le plus aimé, admiré, craint, et qui voulait me faire plier sous sa loi. Ils vont aussi raconter le déclin familial des Queffélec, des gens contradictoires, aussi modestes que prétentieux, aussi discrets qu'arrogants, timides, mais ne doutant pas d'appartenir à une catégorie supérieure. » Le premier tome de ce récit autobiographique couvre les deux premières décennies de l'auteur, s'achevant sur la mort de sa mère, en 1969.

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